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Tome troisième.
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avec de tels troubles de donner à l’étude le !remps qui est nécessaire pour devenir savant.Il trouva pourtant le moyen de devenir undes plus savans hommes qui ait jamais paru.Le plus grand éloge que j’en puisse faire ,c est de dire qu’il fut écrit par M. Colbert furle catalogue des savans que Louis-le-Grandrécompensa. Ce grand roi lui témoigna parses largesses au fond de l’Allemagne le casqu’il faisoit de son mérite. Il fut péripatéti-cien , Sc se plaint lui-même que le respectqu il avoir pour ce que ses maîtres luiavoientappris, alloit un peu trop loin. Ce n est pasqu’il n’oíat examiner les opinions d'Aristote :mais le préjugé se mettant toujours de lapartie , ces sortes d’examens ne le condui-lôient pas à de nouvelles découvertes. Il pen-sòitsur Aristote, & sur la façon dont il falloirl'étudier, comme Mélancthon. V oici commeil parle des ouvrages d'Aristote : “Ilmanque» beaucoup de choses dans la philosophie» morale d'Aristote que je desirerois ; par» exemple , tout ce qui regarde le droit» naturel, & que je crois devoir être traité» dans la moral® , puisque c'est sur le droit» naturel que toute la morale est appuyée. Sa» méthode me paroît mauvaise Sc ses argu-„ mens foibles --. Il étoit difficile en effetqu’il pût donner une bonne morale, puis-qu il nioit la providence , l’immortalité del’ame, Sc par conséquent un état à venir oùon punit le vice , Sc où on récompense lavertu. Quelles vertus veut-on admettre enniant les premieres vérités ? Pourquoi doncne chercherois-je pas à être heureux dans cemonde ; puisqu il n’y a rien à espérer pourmoi dans faune î Dans les principes d’Aris-rote, un homme qui le lacritie pour la patrie,est fou, L’amour de soi-même est avantl’amour de la patrie ; Sc on ne place ordi-nairement l’amour de la patrie avant l’amourde soi-même , que parce qu’on est persuadéque la préférence qu’on donne à l'intérêtdelapatrie sur le sien est récompensée. Si je meurspour la patrie , Sc que tout meure avec moi,n’est-ce pas la plus grande de toutes les folies ?Quiconque pensera autrement, fera plusattention aux grands mots de patrie , qu’à laréalité des choses. Corringius s’éleva pqurtant

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un peu trop contre Descartes : il ne voyoit riendans fa physique de raisonnable , Sc celled’Aristote le satisfaisoit. Que ne peut pas lepréjugé fur l’esprit ; Il n’apprûuvoit Descartesqu’en ce qu’il rejetoit les formes substantiel-les. Les Allemands ne pouvoient pas encores’accoutumer aux nouvelles idées de Des-cartes ; ils ressembloient à des gens qui onteu les yeux bandés pendant long-temps, Scauxquels on ôte le bandeau : leurs premieresdémarches font timides ; ils refusent de s’ap-puyer fur la terre qu’ils découvrent ; Sc telaveugle qui dans une heure traverse toutParis, seroit peut-être plus d’un jour à fairele même chemin , si on lui rendoit la vuetout d’un coup. Corringius mourut, & lepéripatétisme expira preíque avec lui. Depuisil ne fit que languir ; parce que ceux quîvinrent après Sc qui le défendirent, ne pou-voient être de grands hommes ; il y avoiralors trop de lumière pour qu’un hommed’esprit pût s’égarer. Voilà à peu près le com-mencement , les progrès Sc la fin du péripa-tétisme. Je ne pense pas qu’on s’imagine quej’aie prétendu nommer tous ceux qui se sontdistingués dans cette secte : il fau droit des vo-lumes immenses pour cela; parce qu’autrefois,pour être un homme distingué dans son siecie,il falloir se signaler dans quelque secte de phi-losophie ; Sc tout le monde sait que le péri-patétisme a long temps dominé. Si un hommepassoit pour avoir du mérite, on commençoitpar proposer quelqu’argument, in barocho très-souvent, a fin de juger si la réputation étoitbien fondée. Si Racine Sc Corneille étoientvenus dans ce temps-là, comme on n’auroittrouvé aucun ergo dans leurs tragédies, ils au-roient passé pour des ignorans, Sc par consé-quent pour des hommes de peu d’elprit. Heu-reux notre siecie de penser autrement ! (*)ARISTOXÉNIENS, CMusij.) secte quieut pour chef Anstoxene de Sarente , disci-ple d’Aristote, Sc qui étoit opposée auxPythagoriciens fur la mesure des intervallesSc sor la maniéré de déterminer les rapportsdes sons ; de sorte que les Aristoxéniens s’enrapportoient uniquement au jugement del’oreille Sc les Pythagoriciens à la précisiondu calcul. Voye^ Pythagoriciens. ( S)

(*) L’auteur a cru pouvoir semer ici quelques morceaux de I ouvrage de M. Deslandes, qui fontenviron la dixieme partie de ce long article ; le reste est un extrait substantiel Sc raisonné de l’bistoirelçtinî de la philosophie de Brucher ; ouvrage moderne estimé des étrangers , peu connu en Erance, îçdont on a Fait beaucoup d’usage pour la partie philosophique de l'Encyclopédie, comme dans YarticltARABES , & dans un très-grand nombre d autres, ARITHMANÇIE.