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Tome troisième.
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mîeres ícs expose souvent à rejeter sur lanature des choies, un défaut qui n’est qu’eneux-mêmes. Les obstacles leur paroissent in-vincibles dès qu ils ignorent les moyens deles vaincre. Qu’ils fall'ent des expériences;que dans ces expériences chacun y mette dusien ; que l’artiste y soit pour la main-d’œu-vre , l’académicien pour les lumières 8c lesconseils, 8c l’homme opulent pour le prixdes matières, des peines 8c du temps ; 8cbientôt nos arts 8c nos manufactures aurontfur celtes des étrangers toute la supérioritéque nous désirons.

De la supériorité d'une manufacture surune autre. Mais ce qui donnera la supério-rité à une manufacture sur une autre, cesera fur-tout la bonté des matières qu’ony emploiera, jointe à la célérité du travail& à la perfection de l’ouvrage. Quant à labonté des matières, c’est une affaire d’mf-pection. Pour la célérité du travail 8c la per-fection de l’ouvrage , elles dépendent en-tièrement de la multitude des ouvriers ras-semblés. Lorsqu’une manufacture est nom-breuse , chaque opération occupe un hom-me différent. Tel ouvrier ne fait 8c ne ferade fa vie qu’une seule 8c unique chose ;tel autre, une autre chose : d’où il arriveque chacune s’exécute bien & prompte-ment, & que l’ouvrage le mieux fait estencore celui qu’on a à meilleur marché.D’ailleurs le goût 8c la façon se perfection-nent nécessairement entre un grand nom-pre d’ouvrie-rs, parce qu’il est difficile qu’ilnes’en rencontre quelques-uns capables deréfléchir , de combiner , 8c de trouver enfinle seul moyen qui puilfe les mettre au-deí-sus de leurs semblables ; le moyen ou d’épar-gnerla matière, ou d’allonger le temps, oude surfaire l’industrie , soit par une machi-ne nouvelle, soit par une manœuvre pluscommode. Si les manufactures étrangèresne l’emportent pas fur nos manufacturesde Lyon , ce n’est pas qu’on ignore ail-leurs comment on travaille-là; on a par-tout les mêmes métiers, les mêmes foies,8c à peu près les mêmes pratiques : mais cen’est qu à Lyon qu’il y a 30000 ouvriers ras-semblés 8c s’occupant tous de l’emploi de lamêmematiere. Nous pourrions encore allon-ger cet article : mais ce que nous venons dedire, joint à ce cm’on trouvera dans notre dis-Tome III.

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' cours préliminaire , suffira pour ceux quisavent penser, & nous n’en aurions jamaisaster dit pour les autres. On y rencontre-ra peut-être des endroits d’une métaphysi-que un peu forte ; mais il étoit impossibleque cela fût autrement. Nous avions à par-ler de ce qui concerne Y art en général ; nospropositions dévoient donc être générales :mais le bon sens dit qu’une proposition estd’autant plus abstraite , qu’elle est plus gé-nérale , 1 ’abstraction consistant à étendre unevérité en écartant de son énonciation lestermes qui la particularisent. Si nous avionspu épargner ces épines au lecteur , nous noussérions épargné bien du travail à nous-mêmes.

Art , f. m. Arts libéraux , f. m.pi. ( Bdles-Lettres. ) Rien de plus bizarreen apparence que d’avoir ennobli les artsd’agrément, à l’excluíìon des arts de pre-mière nécessité ; d’avoir distingué dans unmême art , l’agréable d’avec l’utile , pourhonorer l’un de préférence à l’autre ; 8c ce-pendant rien de plus raisonnable que cesdistinctions , à les regarder de près.

La société , après avoir pourvu à ícs be-soins , s’est occupée de ses plaisirs ; & lcplaisir une fois senti, est devenu un besoinlui-même. Les jouissances font le prix dela vie ; & on a reconnu dans les arts d’a-grément le don de les multiplier. Alors 011a considéré entr’eux & les arts de besoin ,ou de premiere utilité , le genre d’encou-ragement que demandoient les uns 8cles autres ; 8c on leur a proposé des ré-compenses relatives aux facultés & aux in-clinations de ceux qui devofént s’y exercer.

Le premier objet des récompenses estd’encourager les travaux. Or des travauxqui ne demandent que des facultés com-munes , telles que la force du corps, l’a-dreste de la main , la sagacité des organes ,& une industrie facile â acquérir par l’exer-cice & l’habitude , n’ont besoin pour êtreexcités , que de l’appât d’un bon salaire.On trouvera par-tout des hommes robus-tes , laborieux , agiles, adroits de la main ,qui seront satisfaits de vivre à l’aise en tra-vaillant , & qui travailleront pour vivre.

A ces arts , même aux plus utiles & depremiere nécessité, on a donc pu ne pré-poser qu’une vie aisée & commode ; 8c lesqualités naturelles qu’ils supposent, ne font

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