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Tome troisième.
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8c plus colorés , en ce qu’ils seront pourlors plus échauffes par les rayons du soleil.

Si vous vous proposez de suivre cette mé-thode, de faire venir des asperges précoces,il faut que tous les ans vous en réserviezpour planter la quantité que vous croireznéceffaire, à moins que vous n'aimiez mieuxtirer vos racines de quelqu’autre jardin. Lamesure du terrein où les bottes ont crû , in-dique ordinairement ce qu il en faut pourplanter une caillé ; car fi la planche estbonne, & qu’il n ait manqué que peu deracines, une verge vous en fournira suffi-samment pour une caille : mais ce calcul aété fait respectivement à un terrein plantéde racines que l'on destine à être enlevéesla troisième année , pour en avoir de pré-coces , dont chaque planche contient sixrangées à dix pouces feulement de distanceentr'elles , &C dans lesquelles les plantes fontéloignées de huit ou neuf pouces ; mais lors-que les rangées font plus espacées & enmoindre quantité par conséquent sur la cou-che , alors il faut une mesure plus considé-rable de terrein pour une caille: la plupartdes jardiniers enlevent leurs bottes deuxans après qu elles ont été plantées ; mais sile fol n’est pas fort bon, il fera mieux dene s'en servir qu'au bout de trois ans : car,si les racines font foibles , les bourgeons fe-ront petits , 8c ne vaudront pas la peined erre plantés pour avoir des asperges pré-coces. La meilleure terre pour en obtenirqui soient pourvues de greffes bottes & pro-pres à être plantées dans des couches, estune terre moite 8c riche : quant à celles quine doivent pas être transplantées , elles íécontentent d’un fol mitoyen, qui ne soit nitrop sec ni trop humide ; mais une terre ar-gilleuse , mêlée de sable , quand on a soind’y mettre de l'engrais , est préférable àtoute autre.

La seconde espece vient naturellement,à ce qu'on dit, dans le pays de Galles &aux environs de Bristol ; mais je doute fortque cela soit vrai : car ceux qui en ont parlé ,disent quelles ne diffèrent en rien de l ‘aspergede jardin , que la culture a seulement chan-gée : mais j'en ai dernièrement reçu de cel-les-ci qui avoient été amaffees près de Mont-pellier , & je me fuis pleinement convaincuque cette espece est toute différente de celle

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qui croît dans le pays de Galles : car les feuil-les de l’espece agreste maritime sont poin-tues , épaisses &c fort éloignées les unes desautres fur les branches : les tiges n'en fontpoint non plus si rameuses. Cette espece semultiplie de graine , comme Yasperge desjardins ; mais elle demande une expositionplus chaude, & ses racines veulent être biencouvertes pendant l’hiver, pour empêcher lagelée de pénétrer jusqu à elles, ce qui cau-seroit leur perte.

L'espece n°. 3 s’éleve à six ou huit piés :ses tiges font blanches, ligneuses & tortues ;elles n'ont point d'épines : ses feuilles nais-sent en houpes , comme celles du méleze ;elles font fort courtes &c terminées par despointes aiguës , de maniéré qu'on a de lapeine à les manier. Cette espece est indigènedu midi de la France, de l'Espagne & duPortugal ; elles se reproduit par ses semen-ces comme l'espece précédente ; mais elleest trop délicate pour vivre en Angleterre enpleine terre : ses racines veulent être plantéesen pot & abritées durant l'hiver.

La quatrième espece s’éleve en buiííbn àla hauteur de trois ou quatre piés; son écorceest très-blanche : elle est armée d’épines so-litaires , qui naissent fous chaque houpe defeuilles. Ses tiges subsistent quelques années,8 c pouffent plusieurs branches garnies defeuilles courtes & étroites, conservent leurverdure tout l’hiver , si ou a soin de lesdéfendre des fortes gelées. On la multipliede semence comme la précédente. On peutfaire venir sa graine des bords de la Médi-terranée quelle habite ; il faudroit la leveren pot pour pouvoir la mettre à l'abri del’hiver.

L’espece n°. g est originaire du cap deBonne-Espérance : celle-ci a des tiges írré—gulieres & très-torcues , qui parviennent àhuit ou dix piés de haut ; c’est un buissonqui pouffe quantité de branches latérales,grêles & foibles. Ses feuilles étroites nais-sent par bouquets , comme celles du mé-leze , 8c armées par-deffous d’une épinesolitaire & aiguë ; fes tiges résistent quelquesannées , 8c fes feuilles font toujours vertes :on la reproduit ordinairement en divisantses racines, parce que cette espece ne donnepoint de semence dans son pays natal : lemois d’avril est le temps propre â cette opé-M m m ta z