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Tome troisième.
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3e même nature que ceux qui se trouvent àcelle de la Sablonniere ; avec cette différenceque ceux de la mine de Neufchâtel ont filtrédans des rochers de pierres propres à faire dela chaux , Sc que ceux d'Alsace coulent dansun banc de fable fort profond en terre , oùil se trouve entre deux lits de terre glaise :le lit supérieur de ces mines est recouvertd’un chapeau ou banc de pierre noire, d’unà deux pies d’épaisseur , qui se sépare parfeuilles de l’épailseur de l’ardoise. La pre-mière glaise qui touche à ce banc de pierreest aussi pat feuilles : mais elle durcit promp-tement à l’air , & ressemble aster à la ser-pentine. La mine de Neufchâtel, en Suiste,n’a point été approfondie ; on s’est contentéde casier le rocher apparent Sc hors de terre.Ce rocher se fond au feu ; & en y joignantune dixieme partie de poix, on forme unciment ou mastic qui dure éternellementdans 1 eau, & qui y est impénétrable : maisil ne faut pas qu il soit exposé à sec à l’ardeurdu soleil, parce qu’il mollit au chaud &c dur-cit au froid. Ces deux mouvemens alternesle détachent à la fin de la pierre , Sc la sou-dure du joint ne tient plus seau. C’est de ceciment que le principal bassin du jardin duroi a été réparé en 1743, ( depuis ce tempsjusqu aujourd'hui, il 11es'estpoint dégradé. )C'est auílì la base de la composition aveclaquelle sont réunis les marbres & les bron-zes d'un beau vase que M. de la Sablonnierea eu l’honneur de présenter au roi en 1740 ;c’est pareillement de ce ciment ou masticque l'on a réparé les bassins de Vcriailles ,Latone , l’arc de triomphe Sc les autres,même le beau vase de marbre blanc qui estdans le parterre du nord à Versailles, furlequel est en relief le sacrifice d’Iphigénie.

En séparant ces huiles ou bitumes de lapierre à chaux , elles se trouvent pareillesà celles que l’on fabrique actuellement enAlsace : mais la séparation en est beaucoupplus difficile , parce que les petites parties dela pierre à chaux sont si fines, qu’on ne peuttirer l’huile pure que par l’alembic ; au lieuque celles d’Alsace , qui ont filtré dans unbanc de fable , quittent facilement le fabledont les parties sont lourdes 3 ce fable déta-ché par l’eau bouillante , se précipite au fondde la chaudière où il reste blanc , & l’huilequ’il contenoit surnage Sc se sépare sans

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peine de l’eau, avec le séparatoire. Pour diretout ce que l’on fait de la mine d ’asphalte deNeufchâtel, c’est de celle-là que M. de laSablonniere a fait le pistasphalte avec lequelil a caréné, en 1740 , le Mars Sc la R e-nommée , vaisseaux de la compagnie des In-des , qui sont partis de l’Orient, le premierpour Pondichery , & le second pour Ben-gale. Il est vrai que ces deux vaisseaux ontperdu une partie de leur carenne dans levoyage , mais ils sont revenus à l’Orientbien moins piqués de vers que les autresvaisseaux qui avoient eu la carenne ordinai-re. Il n’est pas nécessaire d’en dire davan-tage fur la mine de Neufchâtel ; revenonsà celle d’Alsace.

Elle a été découverte par sa fontaine mi-nérale , nommée en allemand backdbroun ,ou fontaine de poix. Il y a plusieurs auteursanciens qui ont écrit fur les qualités & pro-priétés des eaux de cette fontaine , dont lefameux docteur Jacques Théodore de Sa-verne , médecin de la ville de W orms ,fait un éloge infini ; son livre est en alle-mand , imprimé à Francfort en 1388 ; iltraite des bains & eaux minérales , Sc dit deschoses admirables de la fontaine nomméebackdbroun. Il est vrai que les eaux de cettefontaine ont de grandes propriétés, Sc quetous les jours elles font des guérisons surpre-nantes , les gens du pays la buvant avec con-fiance quand ils sont malades. Si cettte fon-taine s’étoit trouvée à portée de la ville deLondres , quand les eaux de goudron y onteu une si grande vogue , ses eaux seules au-raient fait un revenu considérable. Il estconstant que c’est une eau de goudron na-turel , qui ne porte avec elle que des partiesbalsamiques, elle sent peu le goudron ; elleest claire comme l’eau de roche, & n’apres-que pas de sédiment r cependant elle ré-chauffe l’estomac , tient le ventre libre , Scdonne de l’appétit en en buvant trois ouquatre verres le matin à jeun ; il y a desgens qui 11’en boivent jamais d’autre, Scse portent à merveille. Les bains de cetteeau sont très-bor.s pour la galle Sc les ma-ladies de la peau.

C’est donc cette fontaine qui a indiqué la.mine à’asphalte où M. de la Sablonniere tra-vaille actuellement ; elle charrie dans ses ca-naux souterrains, un bitume noir » & une