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ment appelle lac asphaltíque , dans la Judée.
C’est dans ce lieu qu’étoient autrefois So-dome & Gomorrhe , & les autres villes furlesquelles Dieu fit tomber une pluie de sou-fre & de feu pour punir leurs liabitans. Iln est pas dit dans l’écriture-fainte que cetendroit ait été alors couvert d’un lac bitu-mineux ; on lit feulement aux 2.7 & s .8 ver-fits du xix chap. de la Genefe , que le len-demain de cet incendie Abraham regardantSodome & Gomorrhe , & tout le pays d’a-lentour , vit des cendres enflammées quis’élevoientdela terre comme la fumée d’une ;fournaise. On voit au xiv chap. dc la Gen,que les rois de Sodome, de Gomorrhe &c destrois villes voisines, sortirent de chez euxpour aller à la rencontre du roi Chodorla-siomor & des trois autres rois ses alliés,pour les combattre , & qu’ils fe rencontrè-rent tous dans la vallée des Bois, où il y avoirbeaucoup de puits de bitume. Voyez aujji Tac.Hijì. liv. V, chap. vj.
Il est à croire qu’il fort une grande quan-tité de bitume du fond du lac Aíphaltique,il s’éieve au-dessus & y surnage. Il est d'a-bord liquide, &c fi visqueux qu à peine peut-on fen tirer ; mais il s’épaistìt peu-à-peu, &il devient austì dur que la poix íeche. Ondit que l’odeur puante & pénétrante querend ce bitume est fort contraire aux habi-tans du pays ,&c qu elle abrégé leurs jours;que tous les oiseaux qui paííènt par-dessusce lac y tombent morts, & qu'il n y a au-cun poiston dans ces eaux. Les Arabes ra-massent ce bitume, lorfqu’il est encore li-quide , pour goudronner leurs vaisseaux.
Ils lui ont donné le nom de karabé de So-dome ; souvent le mot karabé signifie la mêmechose que bitume dans leur langue. On a austìdonné au bitume du lac Asphaltíque le nomde gomme de funérailles , & de mumie ; parceque chez les Egyptiens, le peuple employoitce bitume , & le pissafphalte, pour embau-mer les corps morts, Diofcoride dit que levrai bitume de Judée doit être d’une cou-leur de pourpre brillante , & qu’on doit re-jeter celui qui est noir & mêlé de matièresétrangères : cependant tout ce que nous enavons aujourd'hui est noir : mais si on lecasse en petits morceaux , &fì on regarde àtravers les parcelles, on apperçoitune petitetçìnte d'un jaune couleur de safran : c'est
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' peut-être là ce que Diofcoride a voulu dire.'Souvent on nous donne du pissaíphalte durciau feu dans les chaudières de cuivre ou defer,pour le vrai bitume de Judée. On pour-roit austì confondre ce bitume avec la poixnoire de Stockolm, parce quelle est d’unnoir fort luisant : mais elle n’est pas si dureque le bitume de Judée , & elle a , ainsi que; le pissaíphalte, une odeur puante qui les faitaiíement reconnoître.
; Les fumigations avec ce bitume font re-commandées dans les attaques d’hystérie ;on en fait austì des emplâtres, qu’on appli-que fur le pubis, en y mêlant quelque corpsmoins solide. L’usage extérieur de ce bitu-me est principalement chirurgical : il estrésolutif, détersif; on s’en sert dans les ulcé-rés vermineux ou sordides , dans les extra-vafations de sang coagulé & les tumeurs quien résultent. Voye[ Bitume , 8 cc. ( M,Lafosse. )
Après avoir fait connoître le bitume deJudée , il ne nous reste plus qu’à parler decette íorte de bitume en général, 8 c des as-phaltes de nos contrées : c’est ce qu’on trou-vera expose fort au long dans un mémoirefrit en 1750 , fur les mines d ‘asphalte en gé-néral , & notamment fur celle dite de la Sa-blonniere , sise dans le ban de Lamperstoch,bailliage de Warth , en basse Alsace, entreHaguenau & Wissenbourg, pour rendrecompte à M. de Buffon, intendant du jardindu roi, de cette nouvelle découverte, & dela qualité des marchandises qui fe fabriquentà ladite mine , pour servir à 1 ’histoire natuirelie , générale & particulière , &c.
La premiere mine d ’asphalte qui ait étéconnue en Europe fous ce nom-là , est cellede Neufchâtel, en Suisse, dans le val Tra-vers : c’est à M. de la Sablonniere , ancientrésorier des Ligues Suisses, que l’on a obli-gation de cette découverte. Monseigneur leduc d’Orléans , régent du royaume , aprèsl’analyfe faite des bitumes sortant de cettemine , fit délivrer audit sieur de la Sablon-niere , un arrêt du conseil d’état du roi, parlequel il lui étoit permis de faire entrer dansle royaume toutes les marchandises prove-nantes de cette mine , fans payer aucunsdroits ; cet arrêt est tout au long dans le dic-tionnaire du commerce , au mot asphalte.Les bitumes qui sortent de cette mine font