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Tome troisième.
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laquelle ils donnoient ce nom. On prétendqu’il appartenoit à plusieurs eípeces, & queles Egyptiens en distinguoient jufqu’à seize ;auísi dit-on que les aspics étoient fort com-muns fur les bords du Nil. On rapporte qu’ily en avoir aufïì beaucoup en Afrique. Ona cru qu’il y avoir des aspics de terre Sc desaspics d’eau. On a dit que ces ferpens étoientde plusieurs couleurs ; les uns noirs, les au-tres cendrés, jaunâtres, verdâtres , &c.Ceux qui n’ont reconnu qu’une eípece à?as-pic , ont réuni toutes ces couleurs fur le mê-me individu. Les aspics étoient plus oumoins grands ; les uns n’avoient qu un pié,d’autres avoient une braise ; & si onencroitplusieurs auteurs, il s'en trouvoit qui avoientjusqu'à cinq coudées. Les descriptions decet animal qui ion t dans les anciens auteurs,diffèrent beaucoup les unes des autres. Selonces descriptions, ì’aspic est un petit serpentplus allongé que la vipere ; ses dents fontlongues & sortent de sa bouche comme lesdents d’un sanglier. Pline dit qu il a desdents creuses qui distillent du venin commela queue d’un scorpion. Agricola rapporteque Vaspic a une odeur très-mauvaife , &qu’il a la même longueur & la même gros-seur qu’une anguille médiocre. Elien pré-tend que ce serpent marche lentement ; queses écailles font rouges ; qu il a fur le frontdeux caroncules qui ressemblent à deux cal-losités ; que ion cou est gonflé , Sc qu il ré-pand ion venin par la bouche. D’autres as-surent que ses écailles font fort brillantes ,sur-tout lorsqu’il est exposé au soleil ; queses yeux étincellent comme du feu ; qu’il aquatre dents revêtues de membranes qui ren-ferment du venin ; que les dents percent cesmembranes lorsque l’animal mord , Sc qu’a-lors le venin en découle , &c. Si ce fait estvrai, c’est une conformation de Vaspic quilui est commune avec la vipere Sc d’autresferpens venimeux. Voye^ Vipere,

On a indiqué plusieurs étymologies dumot aspic. Nous les rapporterons ici, parcequelles font sondées fur des faits qui ontrapport à l’histoire de ces ferpens. Les unsdisent qu’ils ont été ainsi appelles parce qu’ilsrépandent du venin en mordant, aspis abaspergendo. D’autres prétendent que c’estparce que leur peau est rude , aspis ab afpe-ritate cutis ; ou parce que la grande lumière

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les fait mourir , aspis ab aspiciendo ; ou par-ce que dès que V'aspic entend du bruit il secontourne Sc forme plusieurs spirales, dumilieu deíquelles il éleveía tête, Sc que danscette'situation il ressemble à un bouclier,aspis ab aspide clypeo ; enfin parce que le sif-flement de ce serpent est fort aigu, ou parcequ’il ne siffle jamais. On a trouvé le moyende dériver le mot grec --<--^-5, de l’un &l’autre de ces faits, quoique contraires. Ilnous feroit intéressant de savoir lequel est levrai, plutôt pour l’histoire de ce serpent quepour l’étymologie de son nom : mais ce quel’on fait de ce reptile paraît fort incertain, Scen partie fabuleux. Aldrovande, Serpentumhift. lib. I. Ray, de Serpente anim. quadJynop.

On a donné le nom à’aspic à un serpentde ce pays-ci, aífez commun aux environsde Paris. Il paroît plus effilé Sc un peu pluscourt que la vipere. Il a la tête moins ap-platie; il n’a point de dents mobiles commela vipere. Voye^ Vipere. Son cou est aífezmince. Ce serpent est marqué de tachesnoirâtres fur un fond de couleur rouífâtre ,& dans certain temps les taches disparais-sent. Notre aspic mord Sc déchire la peaupar fa morsure : mais on a éprouvé qu’tllen’est point venimeuse , au moins on n’a res-senti aucun symptôme de venin après s’êtrefait mordre par un de ces ferpens , au pointde rendre du sang par la plaie. Cette expé-rience a été faite Sc répétée plusieurs fois ford’autres ferpens de ce pays ; tels que la cou-leuvre ordinaire, la couleuvre à collier , Scl’orvet, qui n’ont donné aucune marque devenin. Il feroit à souhaiter que ces expé-riences luisent bien connues de tout le mon-de ; on ne craindrait plus ces ferpens , Scleur morsure ne donnerait pas plus d’in-quiétude qu’elle ne cause de mal. Voye^Serpent. ( I )

Cependant, selon plusieurs auteurs, lemeilleur remede contre cette piqûre estl’amputation de la partie affectée ; sinon ouscarifie les chairs qui font aux environs de lapiqûre jusqu’à l’os , afin que le venin ne secommunique point aux parties voisines, Scl’on doit appliquer des cautères fur les au-tres ; car le venin de P aspic , difent-ils, auífí-bien que le sang du taureau , fige les hu-meurs dans les artères. P. Aìginette, liv. V,ch. xyiíj. On peut, selon d’autres , guérir