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de ía longueur d’une braise & demie & plus,de la grosseur de sept à huit pouces par lebas , diminuant insensiblement, & se ter-minant en un petit nombre de rameaux quisortent des fleurs en parasol , comme lesplantes férulacées. Cette tige est revêtue desbases des feuilles, placées alternativement àdes intervalles d’une palme. Ces bases fontlarges , membraneuses 8c renflées, 8c ellesembrassent sa tige inégalement 8c commeen sautoir ; lor!qu elles font tombées, elleslaiflent des vestiges que l’on prendroít pourdes noeuds. Cette tige est remplie de moellequi n’est pas entrecoupée par des nœuds;elle est très-abondante, blanche , fongueu-se , entre-mêlée d’un peut nombre de fibrescourtes, vagues , & étendues dans touteleur longueur.
Les parasols font portés fur des pédiculesgrêles, longs d’un pié, d’un empan, & mêmeplus courts, se partageant en dix , quinze ,vingt brins , écartés circulairement, dontchacun soutient à son extrémité un petit pa-rasol formé par cinq ou six filets de deuxpouces de longueur , chargés de semencesnues & droites ; ces semences font applaties,feuillues, d’un roux brun , ovalaircs, sem-blables à celles du panais de jardin ; maisplus grandes, plus nourries, comme garniesde poils ou rudes, marquées de trois canne-lures , dont l’une est entre les deux autres,& fuit toute la longueur de la semence, lesdeux autres s’étendent en le courbant versles bords; elles ontuneodeur légere de poi-reau ; la saveur amere &: déiagréable ; lasubstance intérieure , qui est vraiment lasemence , est noire , applatie , pointue ,ovalaire. Kempfer n’a pas vu les fleurs : maison lui a dit qu’elles font petites, pâles , &blanchâtres ; & il leur soupçonne cinq pétales.
On ne trouve cette plante que dans lesenvirons de Heraat, 8c les provinces deCorasan 8c de Caar , sur le sommet desmontagnes, depuis le fleuve de Caar jusqu’àla ville de Congo, le long du golfe persique,loin du rivage de deux ou trois parasanges.D’ailieurs, elle ne donne pas du suc par-tout ; elle aime les terres arides , sablonneu-ses & pierreuses. Toute 1 ’ajsa sœtìda vientdes incisions que l’on fait à la racine. Si laracine a moins de quatre ans, elle t n donnepeu ; plus elle est vieille , plus elle abonde
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en lait ; elle est composée de deux parties,l’une ferme & fibreuse , l'autre spongieuse 8cmolle. Celle-ci se dissipe à mesure que laplante seche, l’autre se change en une moellequi est comme de l’étoupe. L’écorce ridéeperd un peu de sa grandeur : le suc qui coulede ses vésicules est blanc , liquide , grascomme de la crème de lait, non gluant,quand il est récent ; exposé à l’air, il devientbrun & visqueux.
Voici comment on fait la récolte del’ajsa,selon Kempfer. i°. On se rend en troupe surles montagnes à la mi-avril , temps auquelles feuilles des plantes deviennent pâles ,perdent de leur vigueur, & font prêtes àsécher ; on s’écarte les uns des autres, & l’ons’empare d’un terrein. Une société de quatreou cinq hommes peut se charger d’environdeux mille pies de cette plante : cela fait, oncreuse la terre qui environne la racine , ladécouvrant un peu avec un hoyau. i°. Onarrache de la racine les queues des feuilles ,& on nettoie le collet des fibres qui ressem-blent à une coiffure hérissée ; après cetteopération, la racine parait comme un crâneridé. 3 °. On la recouvre de terre, avec lamain ou le hoyau ; on fait des feuilles 8cd’autres herbes arrachées de petits fagotsqu on fixe fur la racine en les chargeant d’unepierre. Cette précaution garantit la racinede l’ardeur du soleil, parce qu’elle pourriten un jour., quand elle en est frappée. Voilàle premier travail, il s’acheve ordinairementen trois jours.
Trente ou quarante jours après, on revientchacun dans son canton, avec une serpe ouun bon couteau , une spatule de fer 8c unpetit vase , ou une coupe à la ceinture, 8cdeux corbeilles. On partage son canton endeux quartiers, & i’on travaille aux racinesd’un quartier de deux jours l’un , alternati-vement ; parce qu’après avoir tiré le sucd’une racine , il lui faut un jour , soit pouren fournir de nouveau , soit au suc fournipours’épaiísir. On commence par découvrîtles racines ; on en coupe transversalement lesommet ; la liqueur suinte & couvre le dis-que de cette section , sans se répandre ; onla recueille deux jours après, puis on remetla racine à couvert des ardeurs du soleil,observant que le fagot ne pose pas fur le, disque ; c’est pourquoi ils en font un dôme
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