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Nos aïeux n’en uíoient pas autrement :rien n’est íì connu que les compositions or-données par les loix des Saliens , des Bour-guignons , des Ripuaires , où la vie d 1 unFranc est taxée à 100 fous , celle d’un. Ro-main à i oo, ainsi des autres.
Peut-être ces compositions qui nous pa-rodient ridicules parce quelles diffèrent denos usages, n’étoient-elles pas désavouées parla justice & par la raison ? Qui ne sait encstit que l’assaísiné ne se leve pas du tom-beau , lorsque l’aíìaísin y descend ? Pourquoidonc 1 '
À S S
Rien ne détermine nécessairement à [aidersubsister celle-ci, pas même pour l’ajfajfinat.Dire que le meurtrier , en assassinant sonsemblable , renonce à tous les droits qu’ilpeut avoir fur fa propre vie, c’est ne rien diredu tout.
Premièrement,il est faux qu’il y renonce ssoit explicitement, soit implicitement. Celaest si vrai, que pour établir cette renonciationprétendue, il est nécessaire que vous faisiezun raisonnement qui porte tout fur des sup-positions. Or , il n’est pas besoin de riensupposer dans les choses qui ont la vérité
y précipiter ? A Quel propos enlever a L _un fécond sujet à la société ? Est-ce pour la ! pour base.consoler du premier que le meurtre lui a j Secondement , personne n’a droit sur saravi ; Ce sont deux hommes qu’eile perd au propre vie, conséquemment l’assaísin ne peutlieu d’un. Peu importe que ce soit le glaive renoncer à ce droit ; nul ne sautoir céder ,de la loi, ou le poignard de l’aflàssm , qui ni transmettre ce qu’il n’a pas ; s’il le cédoit >les lui ôte. L’effet est le même pour elle. Eìle - il ne céderoit rien.
est privée de deux hommes, Sc la famille du j Troisièmement quand il pourroít y renon-défunt n’en retire aucun avantage. Car après I cer , resteroit à savoir , si s intérêt de la so-tout, quelles loix , en livrant un assassin à j ciété demande qu’elle profite de^cette renon-la mort, pourront ramener à une épouse Sc ..
à des en fans, le pere Sc l’époux que le crimea égorgé ; la mort du meurtrier n’aura jamaiscet ester. Ils n’en pleureront pas moins l’objetde leur affection ; ils n’en regretteront pasmoins les secours qu’ilsrecevoientdelui.Nospeines capitales ne leur rendront rien en re-tour. Les compositions au moins savoient lesdédommager en partie. Depuis que l’or Scl’argent sont devenus le signe d’échange detous les biens, il est certain que cet or Sc cet 'argent peuvent rendre à des enfans & à uneépouse les secours qu ils recevoient du tra-vail d’un pere & d’un époux. Voilà ce quel’or est très-capable de représenter ; voilàce que le sang de l’aílaísiu ne représenterajamais.
A Dieu ne plaise pourtant que nous pré-tendions inviter la génération actuelle à ra-nimer la jurisprudence des compositions, &à publier une taxe pour la jambe , le bras ,l’ceil, k vie d’un citoyen. Il y avoir à celades inconvéniens terribles : d’ailleurs nosdommages & intérêts remplacent à quelqueségards ce que les compositions avoient d’a-vantageux. Tout ce que nous voulons mon-trer ici est que cette jurisprudence des compo-sitions , toute imparfaite quelle pouvoir être,approchent peut-être encore plus du véritablebut des châtimens, que nos peines capitales.
ciation , & qu’elle ôte à l’assaíîìn , une viequ’il semble lui abandonner. Il est des juris-consultes bien respectables, qui ne le pensentpas.
Ajoutons pour terminer cet article, qu’endérobant l’aíîafsin à la peine de mort, nousne prétendons pas le soustraire au supplice.Qu’on ne s’y trompe pas , la mort n’en estpas un ; & e’est précisément pour le livrer àla peine , à la douleur , à fînfamie , à untravail dur & utile à la société , que nousvoudrions l’arrucher à la mort. Un pendu ,un roué ne sont bons à rien. Il seroit pour-tant à désirer que les souffrances & les rour-mens de ceux qui ont nui à la société, soílentbons à quelque chose. C’est la seule maniéréde dédommager cette société , dont ils onttroublé l’ordre , Sc trahi les intérêts. Or ,voilà ce qu on ne peut faire qu en les laistantvivre. Leur supplice devenu utile , ne feramême que plus grand ; l’impreísion journa-lière qu’il fera fur les âmes, n’en acquerraque plus de force ; Sc les effets qui en ré-sulteront n’en seront que plus sûrs & plusdurables.
Mais quels doivent être ces châtimens ?C’est ce qui mérite d’être développé à l’ar-ncle Peines capitales : discussion bien im-portante , puisqu’eíle devient tout à la fois lacauíe de í’humanké ct de k société. (AA.)