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Tome troisième.
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ne manquoìt jamais de consulter les astres 'avant daller voir un malade ; l’on donnoittics remedes, où l’on s’en abstenoit entière-ment , suivant qu’on jugeoit les astres favo-rables ou contraires. On suivit les distille-rions frivoles établies par les astrologues desjours heureux & malheureux , & la méde-cine devint alors ce quelle avoir été dans lespremiers siécles , appellés temps d’ignorance ;l’astrologie fut regardée comme l’ailgauchede la médecine , tandis que l’anatomie pajstoitpour être le droit. On alloit plus loin ; oncomparoir un médecin destitué de cette con-noislance à un aveugle qui marchant fansbâton , bronche à chaque instant, Sc porteen tremblant de côté Sc d’autre des pas mal-asturés ; un rien le détourne, & il est dans lacrainte de s'égarer r ce n’est que par hasard& à tâtons qu’il fuit lc bon chemin.

Les alchimistes, st opposés par la naturede leurs prétentions aux idées reçues, c’est-à-dire au Galénifme , n’oublierent rien pourle détruire ; mais ils respectèrent l’influence desastres , ils renchérirent même sur ce que lesanciens avoient dit, &c lui-firent jouer unplus grand rôle en médecine. Ils considé-rèrent d’abord l’homme comme une ma-chine analogue à celle du monde entier , Scl’appellerent microcosme , fUK&tQtrpss , motgrec qui signifie petit monde. Ils donnerentaux viieeres principaux les noms des planètesdont ils tiroient, suivant eux, leurs influencesspéciales, Sc avec lesquels ils croyoient entre-voir quelque rapport ; ainsi le cœur consi-déré comme le principe de la vie du micro-cosme , fut comparé au soleil, en prit le nomSc en reçut les influences. Le cerveau fut ap-pellé lune , Sc cet astre fut censé présider àíès actions. En un mot, on pensa que Jupi-ter infiuoit sur les poumons , Mars fur lefoie, Saturne fur la rate , Vénus fur les reins,& Mercure fur les parties de la génération.Les alchimistes ayant supposé les mêmesinfluences des planètes ou des astres aux-quels ils donnoient le nom , fur les sept mé-taux , de façon que chaque planète avoitúne action particulière sur un métal déter-miné qui prit en conséquence son nom : ilsappellerent l’or , soleil ; i’argent, lune ; levif-argent, Mercure ; le cuivre , Vénus ; lefer , Mars , Sc le plomb , Saturne. L’ana-logie qui se trouva entre les noms Sc les in-

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fluenee; d’une partie du corps Sc du métalcorrespondant , fit attribuer à ce métal lavertu spécifique de guérir les maladies dccette partie ; ainsi l’or fut regardé comme lespécifique des maladies du cœur, Sc les tein-tures solaires paflòient pour être éminemmentcordiales ; l’argent fut affecté au cerveau ; lefer au foie , Sc ainsi des autres. Ils avoientconservé les distinctions des humeurs reçueschez les anciens en pituite, bile Sc mélan-cholie : ces humeurs recevoient auflì les in-fluences des mêmes planètes qui influoientfur les viscères dans lesquels se saisoit leursécrétion , Sc leur dérangement étoit rétablipar le même métal qui étoit consacré à cesparties ; de façon que toute leur médecineconsistoit à connoître la partie malade Sc lanature de l’humeur peccante , le remedeapproprié étoit prêt. Il seroit bien à souhaiterque toutes ces idées fussent aussi réellesqu’elles font ou qu’elles paroiflent chiméri-ques , Sc qu’on pût réduire la médecineà cettesimplicité, Sc la porter à ce point de certitudequi résulteroient de la précieuse découverted’un spécifique afluré pour chaque maladie ;mais malheureusement l’accompliísement dece souhait est encore très - éloigné , & il estmême à craindre qu’il n’ait jamais lieu , Scque nous soyons toujours réduits à la con-jecture Sc au tâtonnement dans la science laplus intéressante Sc la plus précieuse, en unmot où il s’agit de la santé Sc de la vie deshommes; science qui exigeroit par-là le plusdc certitude Sc de pénétration. Quelques ri-dicules qu’aicnt paru les prétentions desalchimistes fur l’influence particulière desastres Sc fur l’efficacité des métaux , on a eude la peine à nier faction de la lune fur lecerveau des fous , on n’a pas cefl'é de lesappeller lunatiques ( ) ; on a

conservé les noms planétaires des métaux, lesteintures solaires de Minsicht ont été long-temps à la mode, Sc encore aujourd’hui l’orentre dans les fameuses gouttes du généralla Motte ; les martiaux sont toujours &méritent d erre regardés comme très-efsicacesdans les maladies du foie ; & l’on emploiedans les maladies chroniques du poumonl’anri-hectique de Poterius, qui n’a d’autremérite ( si c’e n est un ) que de contenir del’étain.

i Ces mêmes planètes qui, par leur influence