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Tome troisième.
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salutaire , entretiennent la vie Sc la santéde chaque viscère particulier, occasionnentpar leur aspect sinistre des dérangemens dansfaction de ces mêmes viscères, & deviennentpar-là , suivant les alchimistes, causes demaladie ; on leur a principalement attribuécelles dont les causes font très-obscures, in-connues , la peste, la petite vérole , les ma-ladies épidémiques Sc les fievres intermit-tentes , dont la théorie a été si fort dilcutée& si peu éclaircie. Les médecins qui ontbien senti la difficulté d’expliquer les retoursvariés Sc constans des accès fébrils , ont eurecours aux astres , qui étoient pour les mé-decins de ce temps ce qu est pour plulieursd'aujourd’hui la nature , l’idole &• l’asyle del’ignorance. Ils leur ont donné Pemploi dedistribuer les accès suivant Phumeur qui lesproduisoit; ainhla lune par len influence lur lapituite étoit censée produire les fievres quoti-diennes ; Saturne à qui la mélancholie étoitsubordonnée , dounoit naiílance aux fievresquartes; le cholérique Mai:, dominant furla bile, avoit le dristnct des fievres tierces ;enfin on commit aux foins de Jupiter le sangSc les fievres continues qui étoient supposéesen dépendre. Zacutus lufit. de medic. princip.D’autres médecins ont attribué tous ces effetsà la lune ; Sc ils ont cru que ses distérentespolirions, ses phases, les aspects , avoient lavertu de changer le type des fievres & d’ex-citer tantôt les tierces , tantôt les quartes,Scc. conciliât, de diffèrent.sb. 88. Pour com-pléter les excès auxquels on s'est porté fur Pin-fluence des < 2 /?; er, on pourrait y ajouter toutesles fables de ^astrologie judiciaire , voycç cemot , les prédictions , les horoscopes , &c.qui ont pris naistance à la même source ;les noms que les poètes avoient donné auxplanètes, en divinisant, pour'ainsi dire,les vertus ou les vices de quelques personnes,avoient donné lieu à ces délires des astro-logues , Sc faisoit penser que Saturne étoitmélancholique , Jupiter gai , Mars belli-queux. On renouvella les anciennes fictionslur les qualités de ces prétendus 'dieux, qu’onappliqua aux planètes qui les représentoient ;Vénus fut libertine , Sc Mercure voleur. Enconséquence , loríqu’on se propola de tirerPhórofcope de quelqu un , on chercha quelastre avoit pastè parle méridien dansPinstantde fa naissance ; Sc fur ce point déterminé ,

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! on conclut les qualités , Pétât, les mœurs ,la fortune future de cette personne ; de façonque si Mars avoit présidé à ía naistance , onpronostiqua du courage , Sc on assura quePensant prendroit le parti des armes. Celuiqui naistóit fous Vénus, devoit être portépour les femmes > enclin au libertinage , Sv.Tous ces caractères décidés ne venoient quede Pinfluence d’un seul astre , & les carac-tères composes étoient Peffet de Pinfluencecompliquée de plusieurs astres ; par exem-ple , si Saturne Sc Mercure paffoient ensem-ble par le méridien , c’étoit un signe quej Pensant stroit mélancholique & voleur, ScI ainsi des autres. On prétendit auiïì lire dans, les constellations les présages de longue vie.Du reste , on tâcha de Raccommoder augoût, au désir , aux penchans des parens.Enfin ce qu il y a de plus singulier , c estqu’on réuffistòit aster souvent , & qu ouétoit en grand crédit ; tant il est facile deduper , de plaire , de se faire admirer pardes prédictions , sur tout quand on a Pespritde ne pas les faire positives , Sc de les enve-lopper de quelque obscurité. L’enthou f ia sineétoit si outré pour ces astrologues, que lesrois de France, il n’y a pas encore deuxsiécles , en entretenoient plusieurs dans leurcour , les combloient d’honneur & de pré-féras , Sc décidoient lur leurs oracles la paix >la guerre Sc tous les grands événemens. Plu-sieurs savans & des médecins de réputationétoient entichés de ces idées , entr'autres lefameux Cardan , qui pouffa fort loin cettei prétendue science, Sc duquel st nous resteune grande quantité d’horofeopes : on affureque íbn entêtement étoit au point que pour >satisfaire à son horoscope qui avoit fixé le jourde la mort, il se fit mourir par une cruelleabstinence , à laquelle il fe condamna íui-même.

Lorsque Pastrologie ou la doctrine surPinfluence des ajlres eut été ainsi avilie, quetous ces abus s’y furent glissés, Sc les fablesles plus grossières Sc les plus grandes absur-dités eurent pris la place des véritablesobservations , les bons esprits abandonnè-rent ce dogme , Sc le renouvellementdes sciences le fit entièrement disparaître.Les opinions nouvelles étant devenues Pidoleà la mode ,»le seul titre d’ancienneté suffisoitaux systèmes pour les faire proscrire ; les me-