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ont éctit un grand nombre de livres for cesujet ; la feule bibliothèque d’Oxford en con-tient plus de 400 , dont la plupart sont in-connus aux savans modernes. L'on n’en serapas surpris, si l’on fait attention que les cali-fes eux-mêmes s’appliquoient à Vastronomie,&c récompensoient en princes magnifiquesceux qui íe distinguoient dans cette science.Le plus illustre parmi les princes mahomé-tans qui ont contribué à perfectionner \’astro-nomie , non-leulement par la traduction deslivres grecs, mais encore par des observa-tions astronomiques faites avec autant d’exac-titude que de dépense , a été le calife Alma-moun , septieme de la famille des Abbas-lides , qui commença son empire en 813.Il étoit fils de cet Aaron Reschild dont nousavons parlé à l’occalion de Charlemagne.O11 dressa fur les observations qu’il fit fai-re , les tables astronomiques qui portent sonnom. Il en fit faire d'autres pour la mesurede la terre , dans les plaines de Sinjar ouSennaar , par trois Itérés très-habiles as-tronomes , appelles ks cnsans de Mujfa. Ledétail de ces observations est rapporté pardifferens auteurs cités par Golius dans ses sa-vantes notes fur Yalsragan. Il ramassa detous côtés les meilleurs ouvrages des Grecs,qu’il fit traduire en arabe ; il les étudioit avecsoin, il lescommuniquoit aux savans de sonempire : il eut sur-tout un grand soin de fairetraduire les ouvrages de Ptolomée. Sous sonrégné fleurirent plusieurs savans astronomes ;& ceux qui sont curieux de connoître leursouvrages &c ce que l ’astronomie leur doit,trouveront de quoi se salissure dans Abul-íárage, d’Herbelot, Hottinger, &c. qui sontentrés fur ce sujet dans un aflez grand détail.
Quelques savans se sont appliqués à tra-duire quelques-uns de leurs ouvrages, ce quia répandu beaucoup de jour fur Y astronomie.Il seroit à souhaiter que l’on prît le même soinde ceux qui rîont pas encore été traduits.Depuis ce temps les Arabes ont cultivé astro-nomie avec grand soin. Alfragan , Abumas-sar,Albategni,Geber, &c.ont été connus parnos auteurs, qui les ont traduits & commen-tés fur des traductions hébraïques faites pardes juifs; car jusqu aux derniers siécles presqueaucune traduction n’avoitéré faite sur l’arabe.Il y en a encore un grand nombre d’autres quine le cedent point à ceux que nous connois-
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sons. De plus, à l’exemple d’Almamoun ;divers princes ont fait renouveller les obser-vations astronomiques pour fixer le temps ,ainsi que fit Melilcschab , le plus puissantdes sultans Seljukides, lorsqu’il établit l’é-poque gélaléenne , ainsi appellée à cause queGelaleddin étoit son surnom. Les califesAlmanzor & Almamoun étant souverainsde la Perse, inspirèrent aux Persans du goûtpour cette science. Depuis eux il y a cu danscette nation de temps en temps des astrono-mes célébrés. Quelques-uns des monarquespersans ont pris des soins très-louables pourla réformation du calendrier. Aujourd’huimême ces princes font de grandes dépensespour le progrès de cette science , mais avecfort peu de succès : la raison est qu’au lieude Rappliquer à Yastronomie , ils n'étudientles astres que pour prédire l’avenir. On trou-ve dans les voyages de Chardin, un longpassage tout-à-fâit curieux , qui donne unejuste idée de l’état de cette science chez lesPersans modernes.
LesTartaresdescendansdeGinghisohan &cdeTamerlan , eurent la même passion pourl' astronomie. Nalsireddin, natif de Tus dansle Corasan, auteur d’un commentaire sorEuclyde, qui a été imprimé à Rome, a dressédes tables astronomiques fort estimées : ilvivoit en 1161. Le prince Olugbeg qui étoitde la même maison , fit bâtir à Samar-cande un collège & un observatoire, pourlequel il fit faire de très-grands instrumens ;il so joignit à ses astronomes pour faire desobservations. Les Turcs disent qu’il fit faireun quart de cercle, dont le rayon avoit plusde iSopiés : ee qui est pkis sûr, c’est qu’àl’aide de ses astronomes il fit des tables pourle méridien de Samarcande, dressa un cata-logue des étoiles fixes visibles dans cette ville,& composa divers ouvrages , dont quelques-uns sont traduits en latin , & les autres sontencore dans la langue dans laquelle ils ont étécomposes. Il y a tout lieu de croire que lesobservations astronomiques trouvées dans lesiecle dernier entre les mains des Chinois, yavoient passe de Tartarie : car il y a despreuves certaines que Ginghischan entradans la Chine , & que ses descendansfurent maîtres d’une grande partie de ce vasteempire , où ils porterent vraisemblablementles observations Sc les tables qui avoient été