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Tome troisième.
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consulté sur les moyens de faire renaîtrel’abondance ; le prêtre > corrompu par leslargesses d'Ino, répondit que les dieux irri-tés ne pouvoient s'appaiser que dans le sangde Phryxus. Ce jeune prince , pour se dé-rober à la mort ,'fit équiper íecrettementun vaisseau , & se sauva , avec tous lestrésors de son pere , dans la Coldhide.Athamas & Ino exagérèrent le larcin fait parPhryxus ; & l’idée qu'on se forma des ri-chesses enlevées, donna naissance à la fablede la toison d'or & à l'expédition des Ar-gonautes. Plus l’on s’éloigna des temps ,plus l'image de ces trésors devint précieuse.‘Athamas découvrit dans la fuite la perfidied’Ino. Désespéré d’avoir perdu son fils &ses trésors, il oublia que Léarque étoit sonfils, & comme il étoit 1 objet des tendresiesde fa mere , il le fit assassiner, & punitun innocent du crime d'une femmequi étoit feule coupable. Ino auroit eula même destinée , si elle ne Teût préve-nue en se précipitant du haut d'un ro-cher dans la mer , où l'on publia qu'ellefut changée en monstre marin. Ce déses-poir d 'Athamas servit encore à exagererl’idée qu'on se sormoit de la toison d'or.( T— n. )

* ATHAMAS , ( Géogr. anc. ) riviered’Etolie dont les eaux , dit Ovide , allu-moient une torche , si on l'y trempoitau dernier quartier de la lune. La mon-tagne d’où cette riviere couloir, avoir lemême nom.

ATHANAGILDE , roi des Visigoths,( Hifì. d’Espagne, ) Vainement l'histoire acélébré les vertus de ce prince ; envain ,elle l'a mis au rang des plus illustres sou-verains ; les vertus éminentes , se? raresqualités, son équité , sa bienfaisance, n'ontpu frire oublier l'irréparable faute qu'il com-mit en implorant le secours de Justinien,& en offrant aux légions Romaines des éta-blissemens fur les côtes maritimes d’Espa-gne. L'attachement des Visigoths pour lui,leur confiance , leur estime , & sur-tout latyrannie d'Âgila , son prédécesseur , l’eussent élevé sur le trône; mais trop impa-tient de regner , il eut la criminelle im-prudence de recourir à l'a vide Justinien ,&c d'acheter, au prix d'une partie des étatsqu’il vouloit gouverner, la protection de

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l'empereur , & le secours presque inutiledes troupes mercénaires qui suivirent enEspagne le général Liberius.

L'imprudent Athanagilde ne tarda pointà se répentir de la cession qu'il avoit faiteà ses avares alliés : car, peu contens desplaces qu'il leur avoit promises, les insa-tiables Romains s'emparerent forcément desvilles les plus considérables du royaume desVisigoths. ;.ensorte que, quoique vainqueur& seul postèsieur du trône , le successeurd'Agila vit l'Espagne presqu'entiere , prêteà tomber au pouvoir de ses alliés. Menacépar les Vandales, qui paroissoient disposésà frire une irruption dans ses états ; prestepar l'Italie, qui , soumise à Constantino-ple, ire pouvoir se dispenser de soutenirles prétentions de l'empereur d’orient; ja-mais Athanagilde n’eut pu défendre sonroyaume contre les usurpations des Ro-mains , ni le mettre à l'abri des irruptionsdes Vandales , si, par bonheur pour lui ,l’imbécille foibleste de Justinien, la démencede son successeur, &c sur-tout la rébellionde Narsès n'eussent garanti l'Espagne dujoug de l'Orient, & des armes de l'Italie.Cependant les prétentions des soldats , éta-blis par Liberius dans les états òìAthana-gilde , devinrent si insupportables, & leursdéprédations si excessives , que la guerreéclata entre les deux nations ; les Romainseurent quelques succès, les Visigoths rem-portèrent aussi quelques avantages ; mais ilsne purent empêcher les soldats & les suc-cesseurs des soldats de Liberius, de se main-tenir en Espagne pendant près d’un siecle,jusqu'à la fin de 624 , qu'ils en surentchassés par Suintila. Athanagilde toutefois,avoit réussi dans ses vues ; il étoit montéfur le trône, en yjq , & il avoit choisipour capitale de les états Tolede , villeforte, placée au centre du royaume. Al'imprudence près qu'il avoit eue d'appelerles Romains, les sujets ne lui reprochè-rent ni vices, ni défauts ; il fut le pere deses peuples, & sonda son autorité sur leuraffection; il fit regner la justice & le bonordre, autant qu'il sut en lui : ami de lapaix, il fit tous ses efforts pour persuaderaux Romains de se contenter des terres qu’illeur avoit cedées ; mais ces usurpateursavides n écoutant ni ses conseils , ni ses