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«h homme , que íl elle se prostituoìt àtout venant : 4 0 . qu un roi chasié de ionthrone s’estime plus offensé , lorsque sessujets rebelles font ensuite très-fideles à unautre roi , que s’ils n’en mettoient aucunà fa place : 5 0 . qu’un roi qui a une for-te guerre fur les bras , est plus irrité con-tre ceux qui embrassent avec chaleur leparti de les ennemis , que contre ceuxqui se tiennent neutres. Si , dis-je , cescir.q propositions íont vraies , il faut detoute nécessité , que l’offense que lespayens faisoient à Dieu, soit plus atroceque celle que lui font les athées spécula-tifs , s’il y en a : ils ne songent point àDieu ; ils n’en disent ni bien ni mal ; &s’ils nient son existence , c est qu'ils la re-gardent , non pas comme une chose réelle,mais comme une fiction de f entende-ment humain. C’est un grand crime, jel’avouc : mais s’ils attribuoient à Dieu tousles crimes les plus infâmes , comme lespayens les attribuoient à leur Jupiter Scà leur Vénus ; si, après savoir chasse deson throne, ils lui íubstituoient une infi-nité de faux dieux , leur offense ne seroit-clle pas beaucoup plus grande ì Ou tou-tes les idées que nous avons des divers de-grés de péchés font fausses , ou ce senti-ment est véritable. La perfection qui estla plus chere à Dieu, est la sainteté ; parconséquent le crime qui l’offense le plus,est de le faire méchant : ne point croireson existence , ne lui point rendre de cul-te , c’est le dégrader ; mais rendre leculte qui lui est dû à une infinité d’au-tres êtres , c’est tout-à-la-fois le dégraderSc se déclarer pour le démon dans la guer-re qu’il fait à Dieu. L’Ecriture nous ap-prend que c’est au diable que se terminoitl’honneur rendu aux idoles , dii gentiumdœmonia. Si au jugement des personnesles plus raisonnables & les plus justes, unattentat à l’honneur est une injure plusatroce qu’un attentat à la vie ; si tout cequ’il y a d’honnêtes gens conviennentqu’un meurtrier fait moins de tort qu’uncalomniateur qui flettrir la réputation , ouqu’un juge corrompu qui déclare infâmeun innocent ; en un mot , si tous leshommes qui ont du sentiment, regardentcomme-une action très-criminelle de pré-Tome III ,
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fêter la víe à l’honneur - l’înfamie à lamort : que devons-nous penser de Dieu,qui veríe lui-même dans les âmes ces sen-timens nobles & généreux ; Ne devons-nous pas croire que la sainteté, la pro-bité , la justice , íont ses attributs les plusessentiels , & dont il est le plus jaloux :donc la calomnie des payens , qui, le char-geant de toutes sortes de crimes, détruitses perfections les plus précieuses , lui estune offense plus injurieuse que l’impiétédes athées , qui lui ôte la connoissance Scla direction des évènemens.'
C’est un grand défaut d’esprit de n’a-vóir pas reconnu dans les ouvrages de lanature un Dieu souverainement parfait ;mais c’est un plus grand ‘défaut d’espritencore , de croire qu’une nature sujetteaux passions les plus injustes & les plussales, soit un Dieu , & mérite nos adora-tions : le premier défaut est celui des athées,Sc le second celui des payens.
C’est une injure íâns doute bien granded’effacer de nos cœurs l’image de la di-vinité qui s’y trouve naturellement em-preinte : mais cette injure devient beau-coup plus atroce, lorsqu’on défigure cetteimage , & qu’on l’expose au mépris detout le monde. Les athées ont efface l’ima-ge de Dieu , Sc les payens l’ont rendueméconnoissable ; jugez de quel côté l’offen-se a été plus grande.
Le grand crime des athées parmi lespayens , est de n’avoir pas mis le vérita-ble Dieu íur le throne , après en avoir sijustement Sc si raisonnablement précipitétous les faux dieux : mais ce crime , quel-que criant qu’il puisse être , est-il uneinjure aussi sanglante pour le vrai Dieuque celle qu’il a reçûe des idolâtres, qui,après savoir déthroné , ont mis fur sonthrone les plus infâmes divinités qu’il fûtpossible d’imaginer ; Si la reine Elisabethchassée de ses états, avoit appris que sessujets révoltés lui eussent fait succéder laplus infâme prostituée qu’ils eussent pûdéterrer dans Londres , elle eût été plusindignée de leur conduite , que s’ils eus-sent pris une autre forme de gouverne-ment , ou que pour le moins ils enflentdonné la couronne à une illustre princesse.Non - feulement la personne de la reineCcccc ■
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