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Tome troisième.
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ria; ure qu'ils font au souverain Erre estpius offensante que celle qu’il recevroicdes adorateurs des idoles. Du moins, ceux-ci étoient bien intentionnés pour la divinitéen général, ils la cherchoient dans le des-sein de la servir & de l’adorer ; Sc croyantsavoir trouvée dans des objets qui n‘é-jtoient pas Dieu , ils l’honoroient selonleurs faux préjugés, autant qu’il leur étoitpossible. Il faut déplorer leur ignorance ;mais en même temps il faut reconnoîtteque la plupart n’ont point sù qu'ils er-roient. H est vrai que leur conscience étoiterronnée : mais du moins ils s’y confor-moient , parce qu'ils la croyoient bonne.

Pour l'athéisme spéculatif, il est moinsinjurieux à Dieu , Sc par conséquent unmoindre mal que le polythéisme. Je pour-rois alléguer grand nombre de palïàges «sau-teurs , tant anciens que modernes , qui re-connoiffent tous unanimementqu’ily a plusd’extravagance , plus de brutalité , plus • defureur , plus d'aveuglement dans l'opiniond'un homme qui admet tous les dieux desGrecs & des Romains , que dans l'opi-nion de celui qui n'en admet point du tout.,, Quoi , dit Plutarque, ( Traité de laSu-,,perjì. ) celui qui ne croit point qu'il y,, ait des dieux , est impie ; & celui qui,, croit qu'ils font tels que les superstitieux„ se les figurent , ne le sera pas ? Pour,, moi, j'aimrrois mieux que tous les hom-,, mes du monde diífent que Plutarque n’a,, jamais été , que s’ils disoient, Plutarque„ est un homme inconstant, leger , colere,,, qui se vange des moindres oftenses M.Bostuet ayant donné le précis de la théo-logie que W.iclef a débitée dans son tria-logue , ajoute ceci : “Voilà un extrait fì-,, dele de ses blasphèmes : ils se réduisent„ en deux chefs; à frire un dieu dominé„ par la nécessité ; Sc ce qui en est une^ suite , un dieu auteur & approbateur„ de tous les crimes, c'est-à-dire un dieuue les athées auroient raison dc nier :e forte que la réligion d’un si grand,, réformateur est pire que l’athéisme”. Undes beaux endroits de M. de la Bruyereest celui ci : " Si ma réligion étoit fauffe,,, je l'avoue , voilà le piege le mieux dres„séqu'il soit possible d’imaginer : il étoitinévitable de ne pas donner tout au-

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,, travers , & de n'y être pas pris. Quelle,, majesté ! quel éclat des mystères ! quel-„ le fuite & quel enchaînement de toute,, la doctrine ! quelle raison éminente ! quel-„ le candeur ! quelle innocence de mœurs !„ quelle force invincible Sc accablante de„ témoignages, rendus successivement ÒC,, pendant trois siécles entiers, par des mil-,, lions de perionnes les plus sages , les,, plus modérées qui fuffent alors fur la,, terre ! Dieu même pouvoit-il jamais,, mieux rencontrer pour me séduire ì par.„ où échapper , où aller , où me jeter,„ je ne dis pas pour trouver rien de meil-,, leur , mais quelque chose qui en appro-,, che ? S'il íàut périr , c’est par-là que je,, veux périr ; il m est plus doux de nier Dieu ,,, que de l'accorder avec une tromperie,, si spécieuse & si entiere". Voye[ la con-tinuation des pensées’ diverses de M. Bayle.

La*comparaison de Richeome nous fe-ra mieux sentir que tous les raisonnemensdu monde , que c’est un sentiment moinsoutrageant pour la divinité , de ne la pointcroire du tout, que de la croire ce qu'ellen’est pas , & ce qu'elle ne doit pas être.Voilà deux portiers à l'entrée d’une mai-son : on leur demande , peut-on parler àvotre maître ? Il n'y est pas , répond l’un :il y est , répond l'autre , mais fort occu-pé à faire de la fiiuffe monnoie , de fauxcontrats, des poignards, & des poisons,pour perdre ceux qui ont exécuté ses desteins : l 'athée restemble au premier de cesportiers , le payen ' à l'autre. Il est doncvisible que le payen offeníe plus griève-ment la divinité que ne frit Yathée, Onne peut comprendre que des gens , qui au-roient été attentifs à cette comparaison,eussent balancé à dire que la superstitionpayenne valoit moins que l'irréligion.

S'il est vrai, i°. que l'on offeníe beau-coup plus celui que l'on nomme fripon ,scélérat , infâme , que celui auquel on nelonge pas, ou de qui l'on ne dit ni bien,ni mal : i°. qu’il n'y a point d'honnêtefemme , qui n'aimât mieux qu'on la fitpalier pour morte que pour prostituée ;3°. qu'il n’y a point de mari jaloux quin'aime mieux que fa femme salle vœu decontinence , ou en général qu'elle ne vcuil-; le plus entendre parler de commerce avec

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