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Tome troisième.
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ATH

comme le lien le plus sort d’une obéîsiànceaveugle ; le défenseur de k liberté civilel’envifageoit comme une source féconde devertus & un encouragement à l’amour dela patrie ; Sc quoique son utilité eût dûêtre une preuve invincible de la divinitéde son origine, le philosophe athée en con-cluoit au contraire qu’elle étoit une inven-tion de la politique ; comme si le vrai &l’utile n’avoient pas nécessairement un pointde réunion , òc que le vrai ne produisîtpas futile , comme l’utile produit le vrai.Quand je dis l 'utile , j’entends futilité géné-rale , Sc j’exclus futilité particulière, toutesles sois qu’elle se trouve en opposition avecfutilité générale. C’est pour n’avoir pas soitcette distinction juste Sc nécesiaire , que lessages de l’antiquité payenne , philosophes,ou législateurs, sont tombés dans f erreurde mettre en opposition l’utile & le vrai :Sc il en résulte que le philosophe, négli-geant futile pour ne chercher que le vrai ,a souvent manqué le vrai ; Sc que le légil-kteur, au contraire, négligeant le vrai pourjn’aller qu’à l’utile, a souvent manqué l’utile.

Mais, pour revenir à futilité du dogmedes peines & des récompenses d’une autrevie , & pour faire voir combien l’antiquitéa été unanime fur ce point, je vais trans-crire quelques passages qui confirment ceque j’avance. Le premier est de limée leLocrien, un des plus anciens disciples dePythagore, homme d'état, Sc qui, suivantf opinion de Platon , étoit consommé dansles connoisiances de la philosophie, limée,après avoir fait voir de quel usage est lascience de la morale pour conduire au bon-heur un esprit naturellement bien disposé, enlui soisant connoître quelle est la mesuredu juste Sc de f injuste, ajoute que la so-ciété fut inventée pour retenir dans l’ordredes esprits moins raisonnables, par la craintedes loix & de la religion. “C’est à f égard„ de ceux-ci, dit-il, qu’il faut faire usoge,, de la crainte des châtimens , soit ceux,, qu’infligent les loix civiles, ou ceux que„ fulminent les terreurs de k religion du„ haut du ciel & du fond des enfers ; châ-„ timens fans fin, réservés aux ombres„ des malheureux ; tourmens dont k tra-,, dition a perpétué l’idée, afin de puri-,» fier l'esprit de tout viceTome £11,

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Polybe nous fournira le secolid pasiage.Ce sage historien , extrêmement versé dans1a connoissance du genre humain, & danscelle de la nature des sociétés civiles ; quifut chargé de l’auguste emploi de composerdes loix pour k Grece, après qu’elle eutété réduite sous k puissance des Romains,s’exprime ainsi en parlant de Rome. “ L’ex-,, cellence supérieure de cette république„ éclate particulièrement dans les idées qui„ y règnent fur 1a providence des dieux.,, La superstition, qui, en d’autres endroits,,, ne produit que des abus Sc des désor-„ dres, y soutient au contraire & y ani-,, me toutes les branches du gouvernement,„ Sc rien ne peut surmonter k force avec,, laquelle elle agit fur les particuliers Sc„ fur le public. U me semble que ce puis-„ sont motif a été expressément imaginé,, pour le bien des états. S'il solloit, à k,, vérité, former le plan d’une société civile,, qui fût entierement composée d’hommesi,, sages , ce genre destitution ne soroit„ peut-être pas nécesiaire : mais puisqu’en,, tous lieux la multitude est volage , ca-,, pjricieuso , sujette à des passions irrégu-,, lieres, Sc à des ressentimens violens Sc,, déraisonnables, il n’y a pas d’autre mo-,, yen de 1a retenir dans Pordre , que k„ terreur des châtimens futurs , Sc l’ap-,, pareil pompeux qui accompagne cette,, sorte de fiction. C'est pourquoi les an-,, ciens me paroissien t avoir agi avec beau-,, coup de jugement & de pénétration, dans„ le choix des idées qu'ils ont inspirées au,, peuple concernant les dieux Sc un état,, futur ; & le siecle présent montre beau-,, coup d’indisoretion Sc un grand manque„ de sens, lorfqu’il tàched'effacer ces idées,,, qu’il encourage le peuple à les mépriser,„ Sc qu’il IuLóce se frein de k crainte.,, Qu’en résufte-il ? En Grece, par exern-,, pie, pour ne parler que d’une seule na-,, tion, rien n'est capable d’engager ceux,, qui ont le maniement des deniers pu-,, blics , à être fideles à leurs engagemens.

,, Parmi les Romains, au contraire, la feule,, religion rend k foi du serment un ga-,, rant sûr de l’honneur Sc de k probité,, de ceux à qui l’on confie les sommes„ les plus considérables, soit dans l’admi-„ nistration publique des affaires, soit dansE eeee