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Tome troisième.
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n’osent le nier ; Sc c’est pourquoi ils sup-posent que la religion est une inventiondes politiques , pour tenir plus facilementla société en réglé. Mais quand cela seroit,les politiques ont le droit de maintenirleurs établiíTemens, Sc de traiter en enne-mis ceux qui voudroient les détruire. Ilri’y a point de politiques moins sensés queceux qui prêtent l'oreille aux insinuationsde f athéisme , Sc qui ont ^imprudence defaire profession ouverte d’irreligion. Lesathées, en flattant les souverains , Sc enles prévenant contre toute religion , leurfont autant de tort.qu’à la religion même,puisqu’ils leur ôtent tout droit, exceptéla force , Sc qu ils dégagent leurs sujetsde toute obligation Sc au serment de fidé-lité qusils leur ont fait. Un droit qui n estétabli d’une part que fur la force , Sc del’autre que fur la crainte , tôt ou tard sedétruit Sc se renverse. Si les souverainspouvoient détruire toute conscience Sc toutereligion dans les esprits de tous les hom-mes , dans la pensée d agir ensuite avecUne entiere liberté , ils se verroient bien-tôt ensevelis eux-mêmes fous les ruines dela religion. La conscience & la religionengagent tous les sujets : i°. à exécuterles ordres légitimes de leurs souverains,ou de la puissance législative à laquelle ilsfont soumis, lors même qu’ils font opposésà leurs intérêts particuliers : a°. à ne pasrésister à cette même puissance par la for-ce , comme S. Paul Pordonne. Rom. ch. xij,vers. ií. La religion est encore plus lesoutien des rois , que le glaive qui leur aété remis. Cet article ejl tiré des papiers deM. Formey , secrétaire de Vacadémie royalede Prusse. ( X )

On ne peut parler de Pathéiíme fans dé-velopper les opinions de celui qui la réduitle premier en système.

Spinosa en a sait un corps de doc-trine lié Sc tissu, selon k méthode des géo-mètres ; mais, d ailleurs > son sentiment n estpas nouveau. Il y a long-temps que Iona cru que tout Punivers nsist q u'une subs-tance , Sc que Dieu Sc le monde ne sontqusin seul être. Il n est pas fur que Straton ,philosophe péripatéticien, ait eu la mêmeopinion , parce qu’on ne fait pas sil en-seignoit que l'iuíiyefs ou la nature fut un

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être simple Sc une substance unique. Ccqu'il y a de certain, c'est qu'il ne recon-noifloit d’autre dieu que la nature. Com-me il se moquoit des atomes Sc du vuided’Epicure , on pourroit s’imaginer qu’iln’aamettoit point de distinction entre lesparties de lsinivers ; mais cette conséquencen’est point nécessaire. On peut seulementconclure que son opinion s’approche infini-ment plus du spinosisme que le systèmedes atomes. On a même lieu 'de croirequ’il n’enseignoit pas , comme fuioientles atomistes , que le monde fùt un ou-vrage nouveau, Sc produit par le hasard ;mais qu’il enseignoit, comme font les fpi-nosistes, que la nature Pa produit néces-sairement Sc de toute éternité.

Le dogme de l’ame du monde , qui aété si commun parmi les anciens, Sc quifaisoit la partie principale du système desstoïciens, est , dans le fond , celui de Spi-nosa ; cela paroîtroit plus clairement , sides auteurs géomètres l’avoient expliqué.Mais comme les écrits où il en est fait men-tion , tiennent plus de la méthode des rhé-toriciens , que de la méthode dogmatique ;& qu’au contraire Spinosa s’est attaché à laprécision, fans se servir du langage figuré, qutnous dérobe si souvent les idées justes dsincorps de doctrine : de-là vient que noustrouvons plusieurs différences capitales entreson système & celui de lame du monde.Ceux qui voudroient soutenir que le spi-nosisme est mieux lié, devroient aussi sou-tenir qu’il ne contient pas tant d’orthodoxie;car les stoïciens n’ôtoient pas à Dieu la pro-vidence : ils réunisloient en lui la connois-sance de toutes les choses ; au Heu que Spi-nosa ne lui attribue que des connoiífancesséparées Sc très-bornées. Lisez ces parolesde Seneque : Eundem quem nos , jovem in~" telligunt , cusodem , recloremque univers. ,„ anintum acspiritum , mundani hujus operìs„ dominum & artiscem , cui nomem omne„ cotivenit. Vis ìllum fatum vocare ? Non„ errabis : hic es ex quosujpensa sunt omnia ,,, causa causarum. Vis ìllum pravidentìam,, dicere? Reâeditis. Es enimeujus conslio„ hui c mundo providetur. Vis illum naturam„ vocare ? Non peccabìs. Es enim ex quo,, nata sunt omnia , cujus spiritu vivimus.J3 Vis illum vocare mundumì Nonsalleris ,