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Tome troisième.
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„ Ipse est enim totum guod vides , totus fuis,, purtibus inditur , & fe fustmens vi sud.„ Quœst. natur. lib. XI , cap. xlv. Et ailleursj, il parle ainli : “ Quid est autem', cur non„ exiflimes in eo divini aliquid existere , qui„ D d par est ? Totum hoc quo continemur ?„ & u nu m est & Deus , & focii ejus fumus„ & membra. Epist. gz. Lisez aussi le dis-,, cours de Caton, dans le IV liv. de laPharsale, 6c sur-tout considerez-y ces troisVers.

Est-ne Dd fides nifi terra & pontus & aer ,

Etcaelum & virtus ? Superos quid quœrimusultra ?

Jupiter est quodcumque vides , quocumquemoveris.

Pour revenir à Spinofa, tout le mondeconvient qu’il avoit des mœurs, qu’il fut so-bre, modéré , pacifique, désintéreslé, mêmegénéreux ; son cœur n étoit taché d’aucunde ces vices qui déshonorent. Cela est étran-ge ; mais au fond il ne faut pas plus s’enétonner, que de voir des gens qui viventtrès-mal, quoiqu’ils aient une pleine per-suasion de l’évangile ; ce que ì'attrait duplaisir ne fit point dans Spinofa ; la bonté6c l’équité naturelles le firent. De son obs-cure retraite sortit d’abord l’ouvrage qu ilintitula , traité tkéologico-politique , parcequ’il y envisage la religion en elle-même ,& par rapport à son exercice , eu égardau gouvernement civil. Comme la cer-titude de la révélation est le fondementde la foi ; les premiers efforts de Spi-nofa fiant contre les prophètes. Il tente toutpour affaiblir l’idée que nous avons deux,6c que nous puisons dans les prophéties.Il borne à la science des mœurs tout lemérite des prophètes. Il ne veut pas qu’ilsaient bien connu la nature & les perfectionsde l’être souverain. Si nous l’en croyons,ils n’en savoient pas plus , & peut-être qu’ilsn’en savoient pas tant que npus.

Moïse , par exemple , imaginoit un Dieujaloux , complaisant & vindicatif, ce quis’accorde avec l’idée que nous devons avoirde la divinité. A l’égard des miracles, dontle récit est si fréquent dans les écritures ,il a trouvé qu’ils n’étoient pas véritables. Lesprodiges , selon lui, sont impossibles ; ilsdérangeroient 1 ordre de la nature , Sc ce

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dérangement est contradictoire. Enfin ,pour nous affranchir tout - d'un - coup 6cnous mettre à l’aise , il détruit par un cha-pitre seul toute l’autorité des anciennes écri-tures. Elles ne font pas des auteurs dontelles portent les noms, ainsi le pentateuquene fera plus de Moïse, mais une compi-lation de vieux mémoires mal digérés parEsdras. Les autres livres sacrés n’aurontpas une origine plus respectable.

Spinofa avoit étonné & scandalisé l’Eu-rope par une théologie qui n’avoit de fon-dement que 1 autorité de sa parole. Il nes’égara pas à demi. Son premier ouvragen’étoit que l’ellai de ses forces. Il alla bienplus loin dans un second. Cet autre écritest sa morale , où , donnant carrière à sesméditations philosophiques , il plongea ionlecteur dans le sein de l'athéisme. C’est prin-cipalement à ce monstre de hardiesiè , qu’ildoit le grand nom qu’il s'est fait parmi lesincrédules de nos jours. Il n’est pas vraique ses sectateurs soient en grand nombre.Très-peu de personnes font soupçonnéesd’adherer à fa doctrine , 6c parmi ceuxque l’on en soupçonne, il y en a peu quilaient étudié , 6c , entre ceux - ci, peuqui l’aient comprise , 6c qui soient capa-bles d'en tracer le vrai plan, 6c de déve-lopper le fil de ses principes. Les plus sin-cères avouent que Spinofa est incompré-hensible, que ía philosophie sur-tout estpour eux une énigme perpétuelle , 6c qu’en-hn, s’ils íe rangent de ion parti, c’est qu’ilnie avec intrépidité ce qu’eux - mêmesavoient un penchant secret à ne pas croire.

Pour peu qu'on s’enfonce dans les noiresténèbres où il s’est enveloppé , on y dé-couvre une fuite d’abymes, où ce témé-raire raisonneur s’est précipité presque dèsle premier pas , des propositions évidem-ment fausses , & les autres contestables »des principes arbitraires substitués aux prin-cipes naturels & aux vérités sensibles, unabus des termes la plupart pris à contre-sens, un amas d’équivoques trompeuses,une nuée de contradictions palpables.

De tous ceux qui ont réfuté le spinosis-me, il n’y a personne qui l'ait développéaussi nettement, ni combattu avec autantdavantage que l’a fait M. Bayle. C’est pour-quoi je me fois un devoir de transcrire iciFffffi