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Tome troisième.
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qu'il en propose d'autres. Veut-il appren-1dre des vérités ; Veut-il réfuter des er- Jreurs ; Mais est - il en droit de dire qu ily a des erreurs 3 Les pensées des philofo-phes ordinaires , celles des juifs , celles deschrétiens ne sont-elles pas des modes del’être infini, auílì - bien que celles de sonéthique ? Ne font - elles pas des réalitésaustì nécessaires à la perfection de l’uni-vers que toutes les spéculations 3 N’éma-nent-ellos pas de la cause nécessaire 3 Com-ment donc ose-t-il prétendre qu'il y a làquelque chose à rectifier 3 En second lieu c ,ne prétend-il pas que la nature dont ellesfont les modalités , agit nécessairement,quelle va toujours son grand chemin,quelle ne peut ni se détourner, ni s’arrê-ter , ni quêtant unique dans l’univers,aucune cause extérieure ne l’arrêterajamais ni redressera 3 II n'y a donc riende plus inutile que les leçons de ce phi-losophe 3 C'est bien à lui, qui n'est qu'unemodification de substance, à prescrire àl'Etre infini , ce qu’il faut faire. Cet êtrel’entendra-t-il 3 Et s’il l’entendoit , pour-roit-ii en profiter 3 N’agit-il pas toujoursselon toute l'étendue de ses forces , fanssavoir ni où il va, ni ce qu'il sait 3 Unhomme , comme Spinosa , fe tiendroit enrepos , s'il raifonnoit bien. S'il est possi-ble qu’un tel dogme s’établisse , diroit-il,la nécessité de la nature l'établira sans monouvrage ; s'il n'est pas possible, tous mesécrits n'y seront rien.

Le système de Spinosa choque fi visi-blement la raison , que ses plus grandsadmirateurs reconnoillent que, s’il avoirenseigné les dogmes dont on l’accuse, ilseroit digne d’exécration ; mais ils préten-dent qu’on ne la pas entendu. Leurs apo-logies , loin de le disculper, font voir clai-rement que les adversaires de Spinosa l’onttellement confondu & abymé , qu’il neleur reste d'autre moyen de leur répliquer,que^ celui dont les jansénistes se sont ser-vis contre les jésuites, qui est de dire que.son sentiment n'est pas tel qu’on le sup-pose : voilà à quoi fe réduisent íes apolo-gistes. Afin donc qu'on voie que person-ne ne sauroit disputer à ses adversairesl'honneur du triomphe , il suffit de consi-dérer qu’il 3 . enseigné effectivement ce '

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I qu’on lui impute , & qu’il s’est contreditgrossièrement &c n’a su ce qu’il vouloir.On lui fait un crime d’avoir dit que tousles êtres particuliers font des modifica-tions de Dieu. Il est manifeste que c’estfa doctrine , puisque fa proposition 14 eest celle-ci , prjeter Deutii nulla dari nequeconcipi potejìsubsantia , & qu’il assure dansla 15 e , quidquid esl , in Deo ejl , & nihilsine Deo neque effe neque concipi potejì. Cequ’il prouve par la raison que tout est mo-de ou substance , & que les modes nepeuvent exister ni être conçus fans la sub-stance. Quand donc un apologiste de Spi-nosa parle de cette maniéré , s’il étoit vraique Spinosa eût enseigné que tous les êtresparticuliers font des modes de la substan-ce divine , la victoire de ses adversairesseroit complette , & je ne voudrois pasla leur contester ; je ne leur conteste quele fait, je ne crois pas que la doctrinequ’ils ont réfutée soit dans son livre.Quand, dis-je, un apologiste parle de laforte , que lui manque-t-il 3 qu’un aveuformel de la défaite de son héros ; carévidemment le dogme en question est dansla morale de Spinosa.

Il ne faut pas oublier que cet impie n’apoint méconnu les dépendances inévitablesde son système , car il s’est moqué de l’ap-parition des esprits, & il n’y a point dephilosophie qui air moins de droit de lanier : il doit reconnoître que tout pensedans la nature , ÔC que l’homme n’est pointla plus éclairée &c la plus intelligente modi-fication de l’univers : il doit donc admettredes démons. Quand on suppose qu’unesprit souverainement parfait a tiré les créa-tures du sein du néant, sans y être déter-miné par fa nature, mais par un choixlibre de son bon plaisir, on peut nier qu’ily ait des anges. Si vous demandez pour-quoi un tel créateur n’a point produit d’au-tres esprits que l’ame de l’homme, on vousrépondra, tel a été son bon pluisir, fat, pro ratione voluntas : vous ne pourrez op-poser rien de raisonnable à cette réponse ,à moins que vous ne prouviez le fait ,c’est-à-dire, qu’il y a des anges. Mais quandon suppose que le Créateur n’a point agilibrement , qu’il a épuisé , sans choix ni' réglé, toute l’étendue de fa puislànce, &

que