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les Grecs deS troupes presque innombra-bles par mer 3c par terre. Athènes eut beau-coup à souffrir dans cette guerre. Ses ha-bitant se virent réduits à abandonner la ville,à envoyer leurs femmes & leurs enfans àTrezene, & à embarquer fur leurs vaisseauxtout ce qu’il y avoit d’hommes capablesde porter les armes. L/armée de Xerxèss’empara de la ville fans peine : mais unpetit nombre de braves citoyens qui s’é-toient retirés dans la citadelle, s’y défen-dirent jusqu’à la mort. Xerxès s’en étantenfin rendu maître , la fit brûler avec laville. La victoire des Grecs, à Salamine ,obligea ce prince de quitter la Grece. Lestroupes qu il y laisia surent défaites. LesAthéniens 3c les Lacédémoniens eurent leplus de part à ces victoires. Si elles leuracquirent de Phonneur , cette guerre leurcoûta beaucoup aussi.
Les Athéniens coururent ensuite un granddanger dans la guerre qu’ils furent obligésde soutenir contre d’autres états de laGrece, en particulier contre les Lacédémo-niens , & qu’on nomma la guerre du Pé-loponnese. Périclès étoit à la tête des affaires,quand cette funeste division s'éleva. Lapeste, dans ces tristes circonstances , dé-truisit aussi une infinité d’habitans. La guerreque les Athéniens porterent en Sicile parles conseils d’Alcibiade , fut extrêmementruineuse pour eux. Affaiblis par les pertesqu’ils y firent , leur ville fut assiégée &prise par Lysindre, chef des Lacédémo-niens. Il y établit trente tyrans ; elle re- 'couvra pourtant fa liberté. Conon , un deses citoyens, en rétablit les murailles. LesAthéniens eurent beaucoup à souffrir destroubles que Philippe 3c Alexandre exci-tèrent dans la Grece. Leur ville fut encoreprise par Antipater. Callàndre, autre gé-néral d'Alexandre le Grand, s’en rendit en-suite le maître , & y établit pour gouver-neur Démétrias de Phalere ; fous ion gou-vernement ils jouirent d’une parfaite tran-quillité. Un autre Démétrius , c’est celuiqu/on nomme Poliorcète , s en rendit maî-tre ensuite, 3c y rétablit le gouvernementdémocratique. Peu après , elle se rébellacontre lui, il s’en rendit maître 3c luipardonna. Elle tomba ensuite sous la puis-sance d’Antigonus Gouatés. Philippe de
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Macédoine voulut la soumettre , maïs ilne réussit pas dans son entreprise. Arche-laiis, l’un des généraux de Mythridate, 1aprit : un citoyen d ’Athenes, nommé Aris-tion, à qui Archelaûs avoit confié quel-ques troupes, s’empara de toute l’autorité,3c exerça dans cette ville une cruauté ty-rannique. Elle fut ensuite assiégée par Sylla,3c prise d’assaut après un long siégé très-cruel. •
Dès-lors la Grece fut en quelque fortedépendante des Romains , fans être cepen-dant tout-à-fait privée de fa liberté. Athè-nes subsista encore long-temps avec éclat,non fur le pied de ville ou de républiqueguerriere , mais comme ville savante 8ccomme le siégé des beaux arts. Les grandsy envoyoient leurs enfans pour achever leuréducation. Cicéron y envoya son fils pourétudier íous Cratippe. Horace se félicitoitd’y avoir séjourné, adjecere botioe paulo plusartis Athenœ. On fait que S. Basile 3c Gré-goire de Nazianze y avoientfait leurs étu-des ; Cicéron lui-même voyagea dans laGrece, à Athènes 3c dans l’Asie mineure ,pour s’y perfectionner dans Part oratoire& dans Péloquence, dont il fut depuis unmodele qu'on pourroit dire parfait parmiles hommes.
Enfin , après la chûte de Pempire, Athè-nes devenue la proie d'un peuple ennemides sciences , est tombée dans la barbarie.Elle fut prise par les Turcs en iqss , re-prise par les Vénitiens en 1464 3c en 1687 ;mais ils furent contraints de Pabandonner,8c elle est restée aux Turcs. Tous ces ac-cidens ont si fort diminué son anciennesplendeur, quelle est devenue, pour ainsidire , un simple village. On trouve cepen-dant , soit au dedans , soit au dehors ,plusieurs restes de son ancienne magnifiée nce,qui prouvent le degré de perfection auquelParchitecture & la sculpture avoient étéportées dans cette ville. Elle a encore 6oomhabitans, dont les trois quarts font des chré-tiens orientaux, qui y ont plusieurs églises& chapelles, avec un métropolitain qui yfait íà résidence. Les Turcs y ont cinq mos-quées, dont une étoit anciennement letemple de Minerve, qu’on appeloit Par Tthénion.
Parmi les antiquités que l’on volt à Athè-nes }