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contre la nation, ennemie pour détruireson commerce ; mais cjuand la paix etoitsignée , l’autorité des souverains ne pou-voit plus retenir ces brigands , accoutu-més de combattre pour eux-mêmes & nonpour la patrie. ïls ont souvent rallumédes guerres éteintes , & quelquefois onles a vu s’emparer même des vaisseauxde leur nation. Lorsque des flibustiersennemis se rencontroient sur la mer , ilss’évitoient , & l’on en sent assez la rai-son. La ruse leur étoit familière , & sou-vent ils la poussoient iusqu’à la perfidie.Leur but étoit de surprendre & non pasde combattre , mais lorsqu’ils trouvoientl’ennemi fur ses gardes , ils faisoient assezvoir que , s’ils adoptoient pour vaincrela méthode la plus aisée ; ce n’étoit pasqu’ils fussent intimidés par le péril.
Le rendez-vous des aventuriers Fran-çois étoit l’ìle de la Tortue fur les côtesde S. Domingue ; ce fut vers 1630 qu’ilss’y établirent- , en chassèrent les Espa-gnols , furent chassés à leur tour , y ren-trèrent & s’y maintinrent. 11s eurent beau-coup de part aux révolutions qui agitè-rent cette colonie. Ils se signalèrent parde fréquentes révoltes. Leurs chefs avoientplus d’autorité que les gouverneurs mê-me. La cour oíoit à peine nommer ceux-ci , fans le suffrage de cette soldatesqueplus dangereuse qu’utile. Le plus granddésavantage de cette institution , moinsautorisée que tolerée , c’est que les flibus-tiers engageoient les colons à grossir leurmultitude ; que ceux-ci de brigands de-venoient oisifs , 8t aimoient mieux , aupéril de leur vie , s’enrichir des dépouil-les de nos ennemis , que de se nourrirpaisiblement des productions de la terrecm’il falloit cultiver. Le premier cui sesit un nom dans les Antilles , fut Pierre1? Orand : il s’étoit embarqué pour courirdes aventures. Son vaisseau avoir été- bat-tu par la tempête. L’eau entroic de tou-tes parts. Les vivres étoient épuisés. Vingt-iix hommes exténués de fatigue compo-foient tout l’équipage. On apperçut ungros vaisseau Espagnol , Pierre le Grandsaborde , y jette ses vingt-six compa-gnons , & pour leur ôter tout espoir deretour , creve sa barque & la fait couler
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bas. Après un combat opiniâtre, il de-meura maître de l’Efpagnol, monté parquatre ou cinq cents hommes. L’Ollonnoisqui parut après celui-ci, n’étoit ni moinstéméraire ni moins heureux. Tandis queles Espagnols faisoient des réjouissances pu-bliques fur un faux bruit de la mort dece pirate qu’il avoit fait courir lui-même ,à la tête de vingt & un soldats divisésdans deux canots , il osa attaquer unefrégate défendue par trois cents Espagnols ,en fit périr ía moitié par le feu de fa mouf-queterie, massacra le reste de sa propremain , & s’empara du vaisseau. Un suc-cès si extraordinaire lui acquit la plushaute réputation. Michel le Basque, in-trépide brigand, s’attacha à lui; une fouled?aventuriers vinrent lui offrir leurs ser-vices , il eut bientôt une escadre , en-tra dans la baie de Venezula, s’emparade Macaraïbo , & emporta tout ce queles Espagnols avoient laissé de trésors danscette ville. A peine revenu de cette expé-dition , il en médita une autre ; descenditfur les côtes de la province d’Iíonduras;parut fous les murs de San-Pedro , vitune garnison nombreuse rangée sur lesremparts, livra l’aflàut , & avec troiscents hommes entra triomphant dans uneville qui auroit pu se défendre contreune armée. Quelcjues-jours après , ce con-quérant , jette par la tempête fur unecôte inconnue , fut dévoré par les In-diens. Une mort si cruelle n’effraya pointMonbars. Ce jeune homme avoit sucéavec le lait la haine du nom Espagnol.C’étoit dans le récit du massacre des Pé-ruviens , qu’il avoit appris à lire. 7 'èsfa plus tendre enfance, il avoit juré deconsacrer toute sa vie à la destruction dela nation Espagnole. Un jour qu’il jonoitsur un théâtre le rôle d’un François in-sulté par un Espagnol, il entra si bienen scene , que si l’on n’eut arraché deses bras son camarade déjà meurtri decoups, il asioit l’t-gorger. Lès qu’il eutla force de lever une hache , il se jettafur une barque ; & courut fus aux Espa-gnols ; il fut le fléau cic- leur commerce; pritleurs vaifléaux, ravagea leurs provinces ,brûla leurs villes. Chaque lois qu >1 iv/ds-sacroit un Espagnol , je voudrois , dí-