4 o AVE
encore son jugement ; car , pourroit-ildire : " peut-être que quand j’appîiquerai,, mes mains fur ces deux figures , eiles„ se transformeront Tune dans l’autre ;„ de maniéré que la même figure pour-„ roit me servir à démontrer aux aveu-li gles les propriétés du cercle , & à ceux» qui voient , les propriétés du quarre !>1 Mais non , auroit dit Saunderson , je„ me trompe ; ceux à qui je démontrois„ les propriétés du cercle & du quarté ,,» & en qui la vue & le toucher étoient„ parfaitement d’accord , m’entendoient,» fort bien , quoiqu’ils ne touchaient„ pas les figures fur lesquelles je faifois„ mes démonstrations , & qu’ils se con-» tentassent de les voir. Ils ne voyoient„ donc pas un quarté quand je sentois unn cercle , fans quoi nous ne nous fustìons„ jamais entendus : mais puisqu’ils m’en-„ tendoient tous , tous les hommes„ voient donc les uns comme les autres :,, donc je vois quarté ce qu’ils voyoient„ quarté , & par conséquent ce que jeti sentois quarté ; & par la même rai-„ son je vois cercle ce que je sentois
cercle ». ....
Nous avons substitué ici avec fauteurle cercle au globe , le quarté au cube ,parce qu’il y a beaucoup d’apparence quecelui qui se sert de ses yeux pour la pre-mière fois, ne voit que des surfaces,& ne fait ce que c’est que saillie ; carla saillie d’un corps consiste en ce quequelques-uns de ses points paroissent plusvoisins de nous que les autres : or c’estpar l’expérience jointe au toucher , &non par la vue feule, que nous jugeonsdes distances.
De tout ce qui a été dit jufqu’ici furle globe & fur le cube , ou fur le cercle& le quarté, concluons avec fauteurqu’il y a des cas oû le raisonnement &l’expérjence des autres peuvent éclairerla vue fur la relation du toucher , &affûrer , pour ainsi dire , l’œil qu’il estd’accord avec le tact.
La lettre finit par quelques réflexionsfur ce qui arriveroit à un homme quiauroit vû dès fa naissance , & qui n’au-roit point eu le sens du toucher ; & àM homme en qui les sens de la vue &.
AVE
du toucher fe contrediroient perpétuel-lement. Nous renvoyons nos lecteurs âces réflexions : elles nous en rappellentune autre a-peu-près de la même efpece ,que i3it fauteur dans le corps de lalettre. " Si un homme , dit-il , qui n’au-» roit vu que pendant un jour ou deux ,» le trouvoit confondu chez un peuple» d aveugles , il faudroit qu’il prît le» parti de fe taire , ou celui de palier» pour un fou : il leur annonceroit tous» les jours quelque nouveau mystère,» qui n’en seroit un que pour eux , &» que les esprits forts se sauroient bon» gré de ne pas croire. Les défenseurs» de la religion ne pourroient-ils pas tirer» un grand parti d’une incrédulité fi opi-» niâtre , si juste même à certains égards,» cependant si peu fondée » ? Nous ter-minerons cet article par cette réflexioncapable d’en contrebalancer quelques-autresqui fe trouvent répandues dans f ouvrage ,& qui ne font pas tout-à-fait si orthodoxes.(O)
* Aveugles , ( tììfi. mod. ) hommesprivés de la vue qui iòrment au Japonun corps de savans fort considérés dans.le pays. Ces beaux esprits font bien ve-nus des grands ; ils se distinguent sur-tout pour la fidélité de leur mémoire. Lesannales, les histoires , les antiquités ,forment un témoignage moins fort queleur tradition : ils fe transmettent les unsaux autres les évenemens ; ils s’exercent àles retenir, à les mettre en vers & enchant, & à les raconter avec agrément.Ils ont des académies où son prend desgrades. Foyez. Bartb. Afia. & /’ Hji. dttjapon du pere Charlevoix.
AVEUGLEMENT, f. m. ( M/d. )privation du sentiment de la vue occa-sionnée par le dérangement total de sesorganes , ou par la cessation involontairede leurs fonctions. L 'aveuglement peutavoir plusieurs causes ; la cataracte, lagoutte sereine , &c. Foyez, CATARACTE,Goutte sereine, &c. On a diversexemples d ”aveuglements périodiques :quelques personnes ne s’appercevant dudéfaut de leur vue que dans la nuit, Ld’autres que pendant le jour. L,’aveu-glement qui empêche de voir pendant