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Tome quatrième.
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A V E

grand qu avec son premier oeil tout seul.

M. Chefelden parle d’autres aveugles«ri, à qui U avoir abattu de même lacataracte , & dans lesquels il avoir ob-servé les mêmes phénomènes , quoiqueavec moins de détail : comme ils n’a-voient pas besoin de faire mouvoir leursyeux p rodant leur cécité, ce n’étoit que

peu-à-peu qu’ils apprenaient à les tour-ner vers les objets.

II résulte de ces expériences , que lesens de la vue se perfectionne en nouspetit-à-petit ; que ce sens est d 1 abordtrès-confus , & que nous apprenons àvoir, à-peu-près, comme à parler. Unenfant nouveau ne , qui ouvre pour lapremière fois les yeux à la lumière ,

t ? t< r UVe ^ ans âoute toutes les mêmeschoies, que nous venons d’observer dansI [ aveugle né. C'tst le toucher & l’habiru-

de qui rectifient les jugemens de la vue.Voyez, Toucher.

Revenons présentement à l’auteur deh. lettre fur les aveugles. >, On cherche,» dit-il, à restituer la vue à des aveugles" ì l es i ^pour examiner comment se fait»’ la vinon : mais je crois qu’on pourroit»> P' onter autant, en questionnant un» aveugle de bon sens... Si l’on vouloirn donner quelque certitude à ces expé-« riences, il faudroit du moins que le” rujet fût préparé de longue-main , &" peut-etre qu’on le rendit philosophe...» 11 seroit très à-propos de ne commen-** cer ^ les observations que long - tems« aptes I’opération : pour cet effet il» faudroit traiter le malade dans l’obfcu-” "te , Le s’assurer bien que fa blessure» est guérie, & que les yeux sont sains.

,y 1 ® ne voudrois point qu’on Pexposât« d abord au grand jour.... Enfin ce fe-” toit encore un point fort délicat que" „ e "ter parti d’un sujet ainsi -préparé ,

» oc de r interroger avec asièz de finestè» pour qu’il ne dit précisément que ce» qui.se passe en lui... Les plus habiles” Mns L les meilleurs esprits , ne font pas» trop bons pour une expérience fi phi- !^‘^fophique & fi délicate ».

Finissons cet article avec Pauteur de iT, ^y tre , par la fameuse question de M.Mohneux. Qn fuppoíç un aveugle né ,

AVE A9

qui áit appris par le toucher à distin-guer un globe d’un cube ; on demandesi , quand on lui aura restitué la vue ,il distinguera d’abord le globe du cubefans íe coucher ? M. Molineux croît quenon , & M. Locke est de son avis ; parceque Pavcugle ne peut savoir que l’angleavancé du cube , qui preste sa main d’unemaniéré inégale, doit paraître à ses yeux ,tel qu’il parole dans le cube.

L’auteur de la lettre fur les aveugles ,fondé fur Pexpérience de Chcselden, croîtavec raison que Yaveugle né verra d’abordtout confusément , & que bien loinde distinguer d’abord le globe du cube ,il ne veira pas même distinctement deuxfigures différentes : il croît pourtant qu’àla longue , & fans le secours du toucher ,il parviendra à voir distinctement les deuxfigures : la raison qu’il en apporte , & à la-quelle il nous paroît difficile de répondre ;c’est que Yaveugle n’ayant pas besoin detoucher pour distinguer les couleurs lesunes des autres , les limites des couleurslui suffiront à la longue pour discerner lafigure ou le contour des objets. 11 verradonc un globe & un cube, ou fi Panveut, un cercle & un quarté : Mais lésens du toucher n’ayant aucun rapport,à celui de la vue, il ne devinera pointque l’un de ces deux corps est celui qu’ïlappelle globe, & l’autre celui qu’il ap-pelle cube ; & la vision ne lui rappelleraen auçune maniéré la sensation qu’il areçue par le toucher. Supposons présen-tement qu’on lui dise que I’un de cesdeux corps est celui qu’il sentoit globepar le toucher , & Patitre celui qu’il sen-toit cube ; saura-t-il les distinguer ? L’au-teur répond d’abord.qu’un homme gros-sier & fan s connoistimce prononcera a«hasard ; qu’un métaphysicien , sur-touts’il est géomètre., comme Saunderson ,examinera ces figures. ; «u’en y supposantde certaines lignes tirées , iî verra qu’ilpeut démontrer .de l’une toutes les pro-priétés du cercle que le toucher lui a faitconnoître ; & qu’il peut démontrer del’autre figure tontes les propriétés dtiquarté. II fera don c bien tenté de con-clure : voila le cercle , voila le quarré :cependant , s’il est prudent, il suspendra