LIQ BAI
tails , fous le nom de bahel-tsjutti , vol.IX , pi. L X X V 11 . p. 169 de sonHortus Malabaricus. Jean Commelin ,dans ses notes fur cet ouvrage . i’appelledigitati ûffinis Indien , blattarice folio ,flore rubicundo. M. Linné , dans la dou-zième édition de son Syflema naturœ ,page 427 , lui oonne le nom de columnea ,2 longifolia , foliis lanceolatis , longif-fimìs , fubferratìs , glabris.
Cette plante croît au milieu des champscultivés , sous la forme d’un petit buiísonconique , droit , de deux à trois piedsde hauteur ou environ , fur un diamètreprefqu’une fois moindre.
De fa racine qui est longue , blanchâ-tre , toute couverte de fibres , s’éleveune tige quarrée de sept ou huit lignesde diamètre, listé , verdâtre, genouilléeou comme articulée légèrement , à ar-ticles comprimés alternativement & sil-lonnés , & qui jette depuis le bas jufqu’àson milieu quatre à six branches opposéesen croix.
Les feuilles font opposées deux à deuxen croix, elliptiques, pointues aux deuxbouts, longues de trois à six pouces,trois à quatre fois moins larges ; épaisses,molles, dentelées légèrement fur leursbords, relevées en dessous d’une nervuregarnie de chaque côté de cinq à six côtesalternes peu sensibles , &r attachées furles branches fans aucun pédicule. Avantleur développement , ces feuilles dansl’état de bourgeon sont concaves & ap-pliquées deux à deux en face I’une deì’autre.
De faisselle des dix à douze paires defeuilles supérieures qui diminuent pardegrés de forme & de grandeur , au pointqu’elles ne ressemblent plus qu’à desécailles d’un pouce à quatre lignes delongueur , sortent des fleurs solitaires,opposées, portées fur un pédicule de troislignes de longueur , écartées sous unangle de quarante-cinq degrés , & rap-prochées de maniéré qu’elles forment aubout de claque branche un épi de cinq àsix pouces de longueur.
Chaque fleur consiste en un calice àcinq feu.Iles persistentes , longues de qua-tre lignes en une corolle monopetale
B A I
purpurine, deux fois plus longue , à tuberégulier , très-velu à son sommet quiest partagé?en quatre divisions horizon-tales , orbiculaires , prefqu’égales , & enquatre étamines blanches , inégales , par-tant du haut du même tube , égales enlongueur à ses divisions , & courbées furles deux stigmates coniques du pistil ,dont le style a la même hauteur, & partdu centre d’un ovaire sphérique assezgros , qui fait corps avec un petitdisque qui le supporte au centre ducalice.
L’ovaire , en mûrissant, devient unecapsule sphérique verte , de quatre lignesde diamètre , comme cartilagineuse,.dure , marquée tout au tour d’unsillon vertical , par lequel elle s’cuvreen deux valves ou battants , coresp'on-dans à deux loges qui contiennent cha-cune environ deux cens graines ovoïdes ^fort petites , longues d’un tiers ou unquart de ligne , d abord blanches-luifan—tes , ensuite rouíses ou brunes , con si-gnés & enchâssées à demi dans la subs-tance charnue d’un placenta sphérique ,qui occupe toute la capsule , lui étantattachée par les bords de ses deux val-ves , & ayant à son sommet un petit en-foncement aslèz remarquable.
Qualités. Toute cette planten’a qu’unesaveur aqueuse. Ses premières capsu-les font mûres , lorsque les dernieresfleurs, qui terminent les épis , cessent defleurir.
Usages. Ses feuilles , pilées , Rappli-quent en cataplasme sur les absous , pourles amener à suppuration. De sa racine,on prépare une lessive céphaîique , dontl’usage principal est de nettoyer & décras-ser la tête.
Remarques. L c bahel est , comme l’onvoit , différent du columnea par son fruitqui n’est ni charnu ni en baie , & del’achimenes , par la disposition de sesfleurs & par la régularité de fa corollequi ne forme pas deux levres commedans ce dernier. Il est donc très-éton-nant que M. Linné , qui n’a pris con-noissance de ces trois plantes que dansles descriptions des voyageurs , ait pré-féré de supprimer le genre de l’achi-