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Tome quatrième.
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ìe plancher de ces étuves étoit creux &suspendu pour recevoir la chaleur de1 ’hypocausie , qui étoit un grand fourneaumaçonné dessous , que 1 on avoit foin deremplir de bois & d’autres matières com-bustibles , & dont l’ardeur se communi-quoit aux étuves à la faveur du vuidequ’on laissoit fous leurs planchers : 9®. quece fourneau servoit non seulement àéchauffer les deux étuves , mais austi uneautre chambre appellée vafarium , situéeproche de ces mêmes étuves & des bainschauds , & dans laquelle étoient troisrands vases d’airain , appellés milliariacause de leur capacité : l’un pour l’eauchaude , l’autre pour la tiede , & le troi-sième pour la froide. De ces vases par-toient des tuyaux qui correspondant auxbains , y portoient par le moyen d’unrobinet l’eau, suivant les besoins de ceuxqui se baignent.

A l’égard de l’arrangement ou dispo-sition de ces divers appartements desbains , voici ce qu’on en lait : on yvoyoit d’abord un grand bassin ou vivierappellé en grecxo W/uëulpà , en latin natio& piscinìa , qui occupoit le côté du nord,& où l’on pouvoir non feulement sebaigner , mais même nager très-commo-dément. Les bains des particuliers avoientquelquefois de ces piscines, comme il pa-role par ceux de Pline & de Cicéron-L’édisice des bains étoit ordinairementexposé au midi , & avoir une face três-étendue , dont le milieu étoit occupé parl ’hypocaujìe , qui avoir à droite & àgauche une fuite de quatre pieces sem-blables des deux côtés , & disposées demaniéré qu’on pouvoir paíler facilementdes unes dans les autres. Ces pieces nom-mées en général balnearia , étoient cellesque nous avons décrites ci-deíïus. La salledu bain chaud etoit une fois plus grandeque les autres, à cause du grand concoursdu peuple qui y abordoit , & du longséjour qu’on y faifoit d’ordinaire.

Les anciens prenoient ordinairement lebain avant souper, il n’y avoir que lesvoluptueux qui se baignassent â la suitede ce re, as. Au sortir du bain ils sefaisoient frotter d’huiles ou d’onguentsparfumés par des valets nommés adyptcs ou

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unciuarii. Les bains si on en croit Pline,ne furent en usage à Rome que du tempsde Pompée , dès lors les édiles eurent foind’en faire construire plusieurs. Dion, dansla vie d’Auguste, rapporte que Mecenefit bâtir le premier bain public : maisAgrippa , dans l’année de son édilité , enfit construire cent soixante & dix. A sonexemple Néron, Vespasien, Tite , Do-mitien , Severe , Gordien , Aurelien ,Dioclétien, & presque tous les empe-reurs , qui chercherent à se rendre agréa-bles au peuple , firent bâtir des étuves &des bains avec le marbre le plus précieux,& dans les réglés de la plus belle archi-tecture , où ils prenoient plaisir à se bai-gner avec le peuple : on prétend qu’il yavoir jusqu’à 800 de ces édifices répandusdans tous les quartiers de Rome.

La principale réglé des bains étoit d’a-bord de ne les ouvrir jamais avant deuxou trois heures après midi, ensuite niavant le soleil levé, ni après le soleilcouché. Alexandre Severe permit pour-tant qu’on les tînt ouverts la nuit dansles grandes chaleurs de l’été , & ajoutamême la libéralité â la complaisance , enfournisîant l’huile qui brûloir dans leslampes. L’heure de I’ouverture des bainsétoit annoncée au son d’une espece decloche : le prix qu’il falloir payer pourentrer aux bains étoit très-modique , nemontant qu’à la quatrième partie d’unas , nommé quadrans ; ce qni valoit àpeu prés un liard de notre monnoie. Lebain gratuit étoit au nombre des lar-geslès que les empereurs faisoient au peu-ple à l’occasion de quelque réjouissancepublique t mais aussi dans les calamitéson avoitfoin de lui retrancher cette com-modité , ainsi que le plaisir des specta-cles. ( G )

* Tout se paííôic dans les bains avecmodestie : les bains des femmes étoiententièrement séparés de ceux des hommes ;& ç’auroit été un crime , si î’un des sexesavoir paste dans le bain de l’autre. Làpu leur y étoit gardée jusqu’à ce scrupule,que même les enfants pubères ne se bai—gnoient jamais avec leurs peres , ni lesgendres avec leurs bcaux-peres. Les gensqui seryoieut dans chaque bain , étoient