220 BAI
prince , prêcher une doctrine que rejet-tent & Péglife & Pétât. On pourroitdonc, dans tous les cas où l’on croît lebâillon nécessaire , admettre le mêmeusage ; il rempliroit peut-être mieux lesvues de la justice , peut-être même l’hu-manité y trouveroit-elle cet avantage ,que le bruit d’un instrument guerrier,étourdissant le malheureux qu’on va exé-cuter , son imagination se détourneraitun peu de cette perspective du supplicequi est souvent plus terrible que le sup-plice même. ( A A )
BÂILLONNÉ , adj. terme de Blason ,il se dit des animaux qui ont un bâtonentre les dents , comme les lions , lesours , les chiens , fcc.
Burneus au pays de. Vaux , ddargentau lion de fable bâillonné de gueules à labordure componnée d.'argent & de fable.( V)
BAILLOGUES, f. f. c’est ainíì que lesVlumaJJìers nomment des plumes de cou-leur mêlées j blanches & noires , parexemple.
BAILLOTE, ( en terme de Marine )c’est un seau.
BAINS , f. m. ( terme d?Architecture. )grands & somptueux bâtiments , élevéspar les anciens pour L’ornement & lacommodité. Il laut distinguer les bainsen naturels ou en artificiels. Les bainsnaturels sont ou froids comme l’eau desrivières, ou chauds comme ceux des eauxminérales , propres à la guérison de plu-sieurs maux. Voyei Eau x minérales,& plus bas Bain en Médecine.
Les bains artificiels , qui étoient plu-tôt pour la propreté du corps que pourla santé , étoient chez les anciens desédifices ou publics ou particuliers. Lesbains publics ont été en usage en Grece& à Rome : mais les Orientaux s’en ser-virent auparavant La Grece conncisiòitles bains chauds dès le temps d’Home-re , comme il paroi t par divers endroitsde l’Odystée ; & ils étoient ordinaire-ment joints aux gymna'ès ou palestres,parce qu’en sortant des exercices on pre-nois le bain. Vitruve a donné une des-cription fort détaillée de ces bains , palaquelle il paroît qu’ils étoient compo-
B A I
sés de sept pieces différentes , la plupartdétachées les unes des autres , & entre-mêlées de quelques pieces destinées auxexercices. Ces sept pieces étoient x°. lebain froid , frigida lavatio , en Grecyeuìfv i°. Yelœothefum , c’est-à-dire lachambre où l’on se frottoir d’huile ; 3 e .le lieu de rafraîchissement, frigìdarium ;4 0 . 1 e propnigeum , c T est-à-dire l’entréeou le vestibule de Yhypocaufum ou dupoelle ; 5°. l’étuve voûtée pour fairesuer , ou le bain de vapeur , appelle íe—pidarium \ 6°. le bain d’eau chaude rcalida lavatio : auxquelles il baudroiejoindre Vapodyterion ou garde-robe , fitoutefois ce n’est pas la même choie quele tepidarium.
Quant aux bains détachés des palestres»il reiulte de la description qu’en fait Vi—truve : l‘L que ces bains étoient ordinai-rement doubles , les uns pour les hom-mes , les autres pour les femmes ; dumoins chez les Romains , qui en ce pointa voient plus consulté les bienséances queles Lacédémoniens , chez qui les deuxsexes se baignoient pêle-mêle : i°. queles deux bains chauds se joignoient defort prés , afin qu’on pût échauffer par unmême fourneau , les vases de l’un & del’autre bain : 3 0 . que le milieu de ces.bains étoit occupé par un grand bassin. »qui recevoit l’eau par divers tuyamç, &dans lequel on descendoit par le moyen-de quelques degrés ; ce bassin étoit envi-ronné d’une balustrade, derriere laquellerégnois une eépece de corridor , fchola »astèz large, pour contenir ceux qui atten-doient que les premiers venus fortifientdu bain : ç°. que les deux étuves , ap*peílées laconicum & tepidarium , étoientjointes ensemble : 6ss que ces lieux étoientarrondis au compas , afin qu’ils reçussentégalement à leur centre la force de 'a va-peur chaude, qui tournait & fe répandoitdans toute leur cavité : 7 e . qu’ils avoientautant de largeur que de 1 auteur jufqu’au'ommencement de la voûte , au milieue laquelle on laistbit une ouverture poursonner du jour , & on y suspendait a ecJes chaînes un bo clier d’airam , qusorihaustòit ou baiíloit à volonté , pour aug-menter ou diminuer la chaleur; 8 V . que