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des baleines. Les basques , & fus - toutceux qui habitent le pays de Labour, fontles premiers qui Payent entreprise, malgrél’âpreté des mers du Nord & les mon-tagnes de glace, au travers desquelles ilfalloit passer. Les Basques font encoreles premiers qui aient enhardi aux diffé-rents détails de cette pêche , les peuplesmaritimes de l’Europe, & principale-ment les Hollandois qui en font un desplus importants objets de leur commerce,
& y emploient trois à quatre cents na-vires , & environ deux à trois mille ma-telots: ce qui leur produit des sommestiès-considérables ; car ils fournissent seulsou presque s#uîs d'hui le & de fanons debaleines. L’huile sert à brûler à la lampe, !à faire le savon , à la préparation deslaines des Drapiers, ou Courroyeurs pouradoucir les cuirs , aux Peintres pour dé-layer certaines couleurs , aux gens demer pour en graisser le brai qui sert àenduire & spalmer les vaisseaux , auxArchitectes & aux Sculpteurs pour uneespece de détrempe avec céruse, ou chauxqui durcit , fait croûte sur la pierre , &ía garantit des injures du temps. A l’é-gard des fanons , leur usage s’étend àune infinité de choses utiles : on en faitdes busqués, des piquâtes, des parasols,des corps & autres ouvrages.
Les Basques qui ont encouragé les au-tres peuples à la pêche des baleines , l’ontcomme abandonnée: elle leur étoit deve-nue presque dommageable , parce qu’a-yant préféré le détroit de Davis aux cô-tes deGroenland, ils ont trouvé le détroit,les trois dernieres années qu’ils y ont été ,très-dépourvu de baleines.
Les Basques auparavant envoyoient ala pêche dans les temps favorables, en-viron trente navires de deux cents cin-quante tonneaux , armés de cinquantehommes tous d’élite, avec quelques mous-ses ou demi-hommes. On mettoit clanschacun de ces bâtiments, des vivres pouríix mois , confillants en biscuit , vin ,cidre, eau , légumes & sardines salées.On y embarquoit encore cinq à fix cha-loupes, qui ne dévoient prendre la merque dans le lieu de la pèche , avectrois funins de cent vingt brasses cha-
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cun , au bout desquels étoit saisie & liéepar une bonne épissure, la harpoire faitede fin brin de chanvre , & plus minceque le funin. A la harpoire tient lsharpon de fer dont le bout est triangu-laire & de la figure d’une fléché , & qnia trois pieds de long , avec un manchede bois de íix pieds, lequel se séparedu harpon quand on a percé la baleine,afin qu’il ne puisse ressortir d’aucunemaniéré. Celui qui le lance se met âPavant de la chaloupe, & court de grandsrisques, parce que la baleine , après avoirété blessée , donne de furieux coups dequeue & de nageoires , qui tuent sou-vent le harponneur , & renversent lachaloupe.
On embarquoit enfin dans chaque bâ-timent destiné à la pêche , trente lancesou dards de fer de quatre pieds, avecdes manches de bois d’environ le dou-ble de longueur ; quatre cent barriquestant vu ides que pleines de vivres ; deuxcents autres en bottes ; une chaudière decuivre contenant douze barriques & pe-sant huit quintaux ; dix mille briquesde toutes eípeces pour construire le four-neau , & vingt-cinq barriques d’une terregrasse & préparée pour le même usage.
Quand le bâtiment est arrivé dans lelieu où se fait le passage des baleines , oncommence par y bâtir le fourneau dessinéà fondre la graissé & à !a convertir en hui-le ; ce qui demande de l'attention. Le bâ-timent se tient toujours à la voile, & 011suspend à ses côtés les chaloupes ar-mées de leurs avirons. Un matelot at-tentif est en vedette au-haut du mat dehune ; & dès qu’il apperçoit une ba-leine , il crie en langue Basque balia ,balia\ l’équipage se disperse austi-tócdans les chaloupes, & court la rame àla main après la baleine zpperçue. Quandon I’a harponnée ( l’adreflè coníîste à lefaire dans P endroit le plus sensible) elleprend ía fuite & plonge dans la mer.On file alors les funins mis bout à bout,& la chaloupe fuit. D’ordinaire la balei-ne revient fur Peau pour respirer & re-jetter une partie de son sang. La cha-loupe s’en approche au plus vite, & ontâche de la tuer à coups de lance ou
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