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Tome quatrième.
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de dard, avec la précaution d’évite# laqueue & les nageoires , qui feroient desblessures mortelles. Les autres chalou-pes suivent celle qui est attachée à labaleine pour la remorquer. Le bâtimenttoujours à îa voile, la fuit austì, tantafin de ne point perdre ses chaloupesde vue, qu’afin d’étre à portée de met-tre à bord la baleine harponnée.

K-:' Quand elle est morte & qu’elle vapar malheur au fond avant que d’êtreamarrée au côté du bâtiment, on coupeles funins pour empêcher qu’elle n’en-tra’ne les chaloupes avec elle. Cettemanœuvre est absolument nécessaire,quoiqu’on perde sans retour la baleineavec tout ce qui y est attaché. Pourprévenir de pareils accidents , on lasuspend par des funins dès qu’on s’ap-perçoit qu’elle est morte , & on la con-duit à un des côtés du bâtiment auquelon l’attache avec de grostès chaînes defer pour la tenir fur seau. Aussitôt lescharpentiers fe mettent dessus avec desbottes qui ont des crampons de fer auxsemelles, crainte de gliílèr; & de plusils tiennent au bâtiment par une cordequi les lie par le milieu du corps. Ilstirent leurs couteaux qui font à manchede bois èc faits exprès ; & à mesure qu’ilsenlevent le lard de la baleine suspendue,on le porte ‘dans le bâtiment, & on leréduit en petits morceaux qu’on metdans la chaudière, afin qu ils soient pluspromptement fondus. Drus hommes lesremuent fans ceste avec de longues pellesde fer qui hâtent leur dissolution. Lepremier feu est de bois ; on fe sert en-suite du lard même qui a rendu la plusgrande partie de son huile , & qui faitun feu très-ardent. Après qu’on a tourné& retourné la baleine pour en ôter toutle lard, on en retire les barbes ou fa-nons cachés dans la gueule , & qui nefont point en dehors comme plusieursnaturalistes fe l’iroaginent.

L’équipage de chaque bâtiment a lamoitié du produit de l’huile; & le ca-pitaine, le pilote & les charpentiers ontencore par-dessus les autres une gratifi-cation fur le produit des barbes ou fa-nons. Les Hollandois ne se sont pas en-

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core hasardés à fondre dans leurs navire*le lard des baleines qu’ils prennçnt , &cela à cause des accidents du feu, qu’ilsappréhendent avec juste raison. Ils letransportent avec eux en barriques poul-ie fondre dans leur pays , en quoi lesbasques se montrent beaucoup plus har-dis : mais cette hardi este est récompenséepar le profit qu’ils font, & qui est com-munément triple de celui des Holîan-dois , trois barriques ne produisant auplus fondues , qu’u ne barrique d’huile.Voye\ le recueil de différents traitz's dePhysique , par M. Dellandes.

C’est à un bourgeois de Cibourre ,nommé François Soupite , que l’on doitla maniéré de fondre & de cuire lesgraisses dans les vaisseaux, même à flot& en plaine mer. Il donna le destèin d’unfourneau de brique qui se bâtit sur lesecond pont : on met sur ce fourneau lachaudière , & l’on tient auprès des ton-neaux d eau pour garantir du feu.

Voici maintenant la maniéré dont lesHollandois fondent le lard de baleine ,qu’ils apportent par petits morceauxdans des barriques. Une baleine donneaujourd’hui quarante barriques : cellesqu’on prenoit autrefois en donnoientjufqu’à soixante à quatre-vingt.

On place des tonneaux pleins de lardqui a fermenté, fur le bord d’un bac -on vuide ces tonneaux dans ce bac ;on y remue le lard afin de le délayer,& de le disposer à se fondre. On metle feu à un fourneau ; on jette le larddu bac dans une chaudière placée dansun massif de briques & de maçonneriefur le fourneau. Les bacs au nombre detrois, font moins élevés les uns que lesautres & communiquent entr’eux par desgouttières ,• ils font pleins d’eau fraîche.Lorsque le lard est délayé , on le jettedu bac dans la chaudière. On l’y laistèfondre ; à mesure qu’il se fond , l’huilefe forme & s’éleve à ki surface. On laramastè avec des cuillers. On la jettedans le premier bac : à mesure qu’elles’y ramastè , elle descend dans le secondbac , & du second dans le troisième. Ausortir du troisième on Teutonne dans des,barriques, pour être vendue.