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les deux dernieres font excellentes ; ellesfont de vers de dix syllabes ; c’est lamesure affectée à cette sorte d’ouvrage :il y a cependant des ballades en vers dehuit syllabes. On ne fait plus guere deballades , & je n’en fuis pas trop surpris jla ballade demande une grande naïvetédans le tour , l’esprit, le style , & lapensée, avec une extrême facilité de ri-mer. Il n’y a presque que la Fontaine qui,réunissant toutes ces qualités, ait su fairedes ballades & des rondeaux depuis Clé-ment Marot.
Le sentiment de la difficulté vaincueentre plus qu’on ne pense dans le plaisirque nous font les arts ; & lorsque cettedifficulté n’est |>as trop gênante, qu’il ya de l’adresse a la vaincre , & qu’il enrésulte un agrément de plus , elle estprécieuse à conserver. C’est peut-être cequi nous rend si chere l’habitude desvers rimés ; c’est aussi ce qui nous doitfaire regretter certains petits poèmes quidans leur forme prescrite avoient de l’éíé-gance & de la grâce , & dans lef.uels lafacilité unie à la contrainte étoit un objetde surprise , & par conséquent un plaisirde plus. Tels étoient le sonnet, le ron-deau , le virelay , le triolet, le chant &la ballade.
Le sonnet est peut-être le cercle leplus parfait qu’on ait pu donner à unegrande pensée, & la division la plus ré-
f uliere quel’oreille ait pu lui prescrire.
-e couplet ne peut guere avoir de plusjolie forme que celle du triolet. Le tourdu rondeau & du virelay donne de lasaillie au badinage & à l’épigiamme. Laballade , comme le chant, donne par sesrefreins de l’élégance & de la grâce auxstances qui la composent. Chacun de cespetits poèmes avoit de plus son caractèreparticulier & ses réglés prescrites , c’est-à-dire des guides sûrs pour le talent &gour le goût.
Ce qu’on appelle aujourd’hui poésiesfugitives n’a plus ni forme ni dessein ;elles font libres, mais trop libres. Lafacilite , que fuit la négligence , en faitproduire avec une abondance qui ajouteencore au dégoût de leur insipidité. Leshommes de génie dont ces poésies légeres
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font les délassements, y excelleront tou-jours , mais le génie est rare ; & le talentmédiocre qui auroit peut-être réussi àbien tourner une ballade ou un rondeau, .ne fera dans une piece de vers libres qu’en-filer |des rimes communes, & des idéesplus communes encore fans aucune peine,il est vrai, mais aussi fans aucun mérite,ni du côté ?du goût, ni du côté de fart.
( M. Marmontel. )
BALLADE , f. f. ( Musique. ) on entendpar ballade en Angleterre , des chansonsou especes d’odes à plusieurs couplets oustrophes que l’on chante ordinairement,mais qui fervent aussi quelquefois d’airsde danse, comme les vaudevilles. II y ade ces ballades três-anciennes , qui fontfameuses & qui méritent de l’être par lasimplicité, la naïveté & le pittoresquedes pensées ; telle est la ballade des deuxenfants dans le bois ( The two chìldren inthe wood. ) Probablement ce mot vientde ballet. (F. D. C.)
BALLE, f. f. fe dit en général de toutcorps à qui l’on a donné artistement la fi-gure sphérique : ainsi on dit, une balle depaume , une balle de coton , &c.
* Balle , s. f. ( Hisi. anc. & gymnasi.)instrument dont les anciens fe lervoientdans la danse appellée íphéristique. VoyezSphéristique.
Les différents jeux de balle produisoientparmi les anciens différents effets relatifsà la conservation de la santé. Les grandsmouvements que ces jeux occasionnent ,les rendent utiles-lorsque l’exercice estnécessaire, & que les personnes font enétat de le supporter. Ils donnent de lavigueur, & font alonger les fibres mus,culeufes & nerveuses ; aussi voit - onqu’entre les jeunes gens, ceux qui y fontexercés, font communément plus grands,plus forts, & plus alertes que les autres.Voyei Exercice , Gymnastique ,Jeu.
Balle , dans L’Art milit. comprendtoutes fortes de petites boules 011 bouletspour les armes à feu , depuis le canonjufqu’au pistolet. Voye^ BOULET, Armea feu , Canon , Qc.
Celles qui servent pour les canons fontde fer ; celles des mousquets, carabines,