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îes inventeurs véritables des ballets , &les unirent à la tragédie & à la co-médie.
Batile d’Alexandrie inventa ceux quireprésentoient les actions gaies, & Piladeintroduisit ceux qui représentoient lesactions graves', touchantes , & pathé-tiques.
Leurs danses étoient un tableau fidelede tous les mouvements du corps, &une invention ingénieuse qui servoit àles régler, comme la tragédie en repré-sentant les paillons, servoit à rectifier lesmouvements de l’ame.
Les Grecs avoient d’abord quatre es-peces de danseurs qu’on nommoit hyla-rodes ,fimodes , magodes & lyfiodes ; ilss’en servoient pour composer les dansesde leurs intermèdes. Voye\ ces.-rhô. s àleurs différents articles.
Ces danseurs n’étoient proprement quedes bouffons, & ce fut pour purger lascene de cette indécence , que les Grecsinventèrent les ballets réglés , & leschœurs graves que la tragédie reçut à faplace.
Les anciens avoient une grande quan-tité de ballets , dont les sujets font rap-portés dans Athenée ; mais on ne trouvepoint qu’ils s’en soient servis autrementque comme de simples intermèdes. Voy.INTERMEDE. Aristote , Platon , ùc. enparlent avec éloge ; & le premier estentré , dans fa Poétique , dans un très-grand détail au sujet de cette brillantepartie des spectacles des Grecs.
Quelques auteurs ont prétendu quec’étoit à la cruauté d’Hyeron tyran deSyracuse , que les ballets dévoient leurorigine. Ils disent que ce prince soup-çonneux ayant défendu aux Siciliens dese parler , de peur qu’ils ne conspirassentcontre lui ; la haine & la nécessité, deuxsources fertiles d’invention , leur suggé-rèrent les gestes, les mouvements ducorps & les figures , pour se faire entendreles uns aux autres : mais nous trouvonsdes ballets , & en grand nombre, anté-rieurs à cette époque; &l’opinion la pluscertaine de l’origine des danses figurées,est celle que nous ayons rapportée ci-dessus.
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Le ballet passa des Grecs chez lesRomains, & il y servit aux mêmes usages ;les Itaíiens[& tous les peuples de l’Europeen embellirent successivement leurs théâ-tres , & on l’employa enfin pour célébrerdans les cours les plus galantes & les plusmagnifiques, les mariages des rois lesnaissances des princes, & tous les évé-nements heureux qui intéressoient lagloire & le repos des nations. II formaseul alors un très-grand spectacle, & d’unedépense immense, que dans les deux der-niers siécles on a porté au plus hautpoint de perfection & de grandeur.
Lucien qui a fait un traité de la danse,entre dans un détail fort grand des sujetsqui sont propres à ce genre de spectacle:il semble que cet auteur ait prévu l issagequ’on én feroit un jour dans les coursles plus polies de l’Europe.
On va donner une notion exacte de cesgrands ballets , aujourd’hui tout-à-faithors de mode ; on a vu quelle a été leurorigine & leur succès ; on verra dans lafuite leurs changements , leur décadence,& le genre nouveau qu’elle a produit :des yeux philosophes trouvent par-toutces commencements , ces progrès , cesdiminutions, ces modifications différen-tes, en un mot, qui font cans la nature;mais elles se manifestent d’une maniéréencore plus sensible dans l’histoire desArts.
Comme dans son principe , le balletest la représentation d’une chose natu-relle ou merveilleuse , il n’est rien dansla nature, & Timagination brillante despoètes n’a pu rien inventer , qui ne fûtde son ressort.
On peut diviser ces grands ballets enhistoriques , fabuleux & poétiques.
Les sujets historiques sont les actionsconnues dans Ihistoire , comme le siégéde Troie, les victoires d’Alexandre, ùc.
Les sujets fabuleux sont pris de la fa-ble , comme le jugement de Paris, lesnoces de Thétis & Pelée , la naissancede Vénus, &c.
Les poétiques , qui sont îes plus ingé-nieux , sont de plusieurs especes, & tien-nent pour la plupart de l’histoire & de la