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Tome quatrième.
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BAL

tachent. Les laboureurs l’appellent menuepaille. On la mêle avec l’avoine des che-vaux : on la donne en bûvée aux va-ches ; elle peut nourrir toutes sortes debestiaux ; elle fait mûrir les fruits &les conserve , & l’on en couvre laglace & la neige que l’on réserve pourl’été.

BALLET , s. m. danse figurée exécutéepar plusieurs personnes qui représententpar leurs pas & leurs gestes une actionnaturelle ou merveilleuse, au son des ins-truments ou de la voix.

Tout ballet suppose la danse, & Ileconcours de deux ou de plusieurs per-sonnes pour l’exécuter. Une personneseule, qui en dansant représenteroit uneaction , ne formeroit pas proprement unballet ; ce ne seroit alors qu’une forte depantomime. Voye\ Pantomime. Et 'plusieurs personnes qui représenteroientquelque action sans danse, formeroientune comédie & jamais un ballet.

La danse , le concours de plusieurspersonnes, & la représentation d’une ac-tion par les gestes , les pas , & les mou-vements du corps, font donc ce qui cons-titue le ballet. II est une espece de poésiemuette qui parle , selon l’expreffion dePlutarque , parce que sans rien dire , elles’exprime par les gestes, les mouvements& les pas. Claufis faucibus , dit SidoineApollinaire , & loquente gestu , nu t u ,c r are , genu , manu , roratu , toto inJchemate , vel Jèrnel latebit. Sans danse ilne peut point exister de ballet : maisfans ballet il peut y avoir des danses.Idoye\ Danse.

Le ballet est un amusement très-ancien.Son origine se perd dans l’antiquité laplus reculée. On dansa dans les commen-cements pour exprimer la joie ; & cesmouvements réglés du corps firent ima-giner bientôt après un divertissementplus compliqué Les Egyptiens firent lespremiers de leurs danses des hiérogliphesdiction, comme ils en avoient de figurésen peinture, pour exprimer tous lesmystères de leur culte. Sur une musiquede caractère, ils composèrent des dansessublimes, qui exprimoient & qui pei-gnoient le mouvement réglé des astres,

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l’ordre immuable, & l’harmonie constantede l’univers.

Les Grecs dans leurs tragédies intro-duisirent des danses, & suivirent les no-tions des Egyptiens. Les chœurs qui ser-voient d’intermedes, dansoient d’aborden rond de droite à gauche, & expri-moient ainsi les mouvements du ciel quise font du levant au couchant. Ils ap-pelloient cette danse strophes ou tours.

Ils se tournoient ensuite de gauche àdroite pour représenter le cours des pla-nètes , & ils nommoient ces mouvementsantistrophes ou retours ; après ces deuxdanses, ils s’arrêtoient pour chanter : ilsnommoient ces chants e'podes. Par-là ilsreprésentoient l’immobilité de la terrequ’ils croyoient fixe. V Ch<EUR.

Thésée changea ce premier objet de ladanse des Grecs : leurs chœurs ne furentplus que l’image des évolutions & desdétours du fameux labyrinthe de Crete.Cette danse inventée & exécutée par levainqueur du Minotaure & la jeunesse deCelos , étoit composée de strophes &d’ antistrophes , comme la premiere, &on la nomma la danse de la grue , parcequ’on s’y suivoit à la file , en faisant lesdiverses évolutions dont elle étoit com-posée, comme font les grues lorsqu’ellesvolent en troupe. Vvye^ Grue.

Les ballets furent constamment atta-chés aux tragédies & aux comédies desGrecs ; Athenée les appelle danses phi-losophiques ; parce que tout y étoit ré-glé , & qu’elles étoient des allégories in-génieuses , & des représentations dic-tions , ou des choses naturelles qui ren-fermaient un sens moral.

Le mot ballet vient de ce qu’originai-rement on dansoit en jouant à la paume.Les anciens, attentifs à tout ce qui pou-voir former le corps , le rendre agile ourobuste, & donner des grâces à ses mou-vements , avoient uni ces deux exerci-ces • en forte que le mot ballet est venude celui de balle : on en a fait bal , ballet yballade , & baladin , le ballar & b allôdes Italiens , & le bailar des Espagnols. >comme les Latins en avoient fait ceuxde ballare & de ballator , &c.

Deux célébrés danseurs furent en Grecs