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me eux. Platée , opéra bouffon de M.Rameau, qui est celui de tous ses ou-vrages le plus. original & le plus fort degénie, décidera fans doute la question aupréjudice des -Fêtes Vénitiennes & desFêtes de Thalie , peu goûtées dans leursdernieres reprises.
Peut-étre la Mothe a-t-il fait unefaute en créant le ballet. Quinault avoitsenti que le merveilleux étoit le fonddominant de l’opéra. Voye\ Opéra.Pourquoi ne feroit-il pas aulîì le fonddu ballet ? La Mothe ne l’a point exclu :mais il ne s’en est point servi. Il estd’ailleurs fort singulier qu’il n’ait pasdonné un plus nombre d’ouvrages d’ungenre si aimable. On n’a de lui queYEurope galante qui soit restée au théâ-tre ; il a cru modestement fans doute,que ce qu’on "appelle grand opéra , étoitseul digne de quelque considération. Sonesprit original l’eût mieux servi cepen-dant dans un genre tout à lui. Il n’est ex-cellent à ce théâtre que dans ceux qu’ila créés. Voyei PASTORALE & CoMÉ-die-Ballet,
II y a peut-être encore un défaut dansla forme du ballet créé par La Mothe.Les danses n’y font que des danses sim-ples ; nulle action relative au sujet neles anime ; on danse dans YEurope ga-lante pour danser. Ce font à la véritédes peuples différents qu’on y voit pa-roître : mais leurs habits plutôt que leurspas annoncent leurs divers caractères;aucune action particulière ne lie la danseavec le reste de Pacte.
De nos jours on a hasardé le merveil-leux dans 1 o. ballet , & on y a mis ladanse en action : elle y est une partienécessaire du sujet principal. Ce genre,qui a plu dans fa nouveauté, présenteun plus grand nombre de ressource pourl’amusement du spectateur, des moyensplus fréquents à la poésie , à la peinture,à la musique, d’étaler leurs richesses ; &au théâtre lyrique , des occasions defaire briller la grande machine, qui enest une des premieres beautés ; mais ilfaut attendre la reprise des Fêtes deVHymen ù de l’Amour , pour déciderfi ce genre est le véritable.
BAL
De tous les ouvrages du théâtre ly-rique , le ballet est celui qui paroît leplus agréable aux François. La variétéqui y régné, le mélange aimable du chant& de la danse, des actions'courtes quïne fauroient fatiguer l’attention, desfêtes galantes qui fe succèdent avec ra-pidité , une foule d'objets piquants quiparodient dans ces spectacles, formentun ensemble charmant, qui plaît égale-ment à la France & aux étrangers.
Cependant parmi le grand nombred’auteurs célébrés qui fe font exercésdans ce genre , il y en a fort peu quiPaient fait avec succès : on a encoremoins de bons ballets que de bons opéra,si on en excepte les ouvrages de M.Rameau, du sort defquels on n’ofe dé-cider , & qui conserveront, ou perdrontleur supériorité, selon que le goût de lanation pour la musique se fortifiera, ous’affoiblira par la fuite. Le théâtre lyri-qui peut compter à-peu-près fur huitou dix tragédies, dont la réussite esttoujours sûre , n’a pas plus de trois ouquatre ballets d’une ressource certaine ;V Europe galante , les t lé ments , lesAmours des Dieux , & peut-être les Fê-tee Greques & Romaines. D’où vientdonc la rareté des talents dans un pareilgenre ? Est-cele génie ou l'encouragementquimanqu éìPlutarq. Sid. Appoll. Athen.Arijl. Poétique. Platon, rlìjl. de la danfbpar Bonnet. Lucien. L. P. Menestrier I.Traité des Ballets , &c. (B)
» Nous joindrons encore ici les ob-» servations de M. Sulzer fur le même,, sujet.
Le ballet, dit-il , est une action inté-ressante imitée par la danse, ou c’estune danse figurée qui représente allégo-riquement une action. Le poète épiqueraconte l’enlévement d’Hélene. Dans ledrame cet enlèvement est imité avec tousfes incidents , & tous les discours quiPont accompagné. Le ballet n’emploieque des attitudes, des gestes & des mou-vements , pour caractériser cette action,& pour exprimer les diverses pt fiionsqu’elle suppose. On donne à la vérité assezcommunément le nom de ballet à toutedanse figurée qui s’exécute fur le théâtre r