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Tome quatrième.
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BAL

France, on conserva le fond d’un grandballet : mais on en changea la forme.Quinault imagina un genre mixte, dan slequel les récits firent la plus grandepartie de faction. La danse n’y fut plusqu’en fous-ordre. Ce fut en 1671 , qu’onreprésenta à Paris les Fêtes de Bacchusde VAmour , cette nouveauté plut ; &en 1681 , le Roi & toute fa cour exé-cutèrent à Saint-Germain le Triomphede VAmour , fait par Quinault , & misen musique par Lulli : de ce moment ilne fut plus question du grand ballet ,dont on vient de parler. La danse figu-rée , ou la danse simple, reprirent enFrance la place qu’elles avoient occupéefor les théâtres des Grecs & des Ro-

mains ; on ne les y fit plus servir quepour les intermèdes • comme dans Pfiché ,le Mariage force, les Fâcheux , les Pig-me'es, le Bourgeois devenu Gentilhomme ,&c. Le grand ballet fut pour toujoursrelégué dans les colîeges. Vay e\ Bal-lets de CoLLÉGE. A l’opéra même lechant prit le destiis. II y avoit plus dechanteurs que de danseurs passables ; cene fut qu’en 1681 , lorsqu’on représentaa Paris le Triomphe de V Amour , qu’onintroduisit pour la premiere fois des dan-seurs fur ce théâtre.

Quinault qui avoit créé en Francel’opéra, qui en avoit apperçu les princi-pales beautés, & qui par un trait degénie singulier avoit d’abord senti le vraigenre de ce spectacle ( voye\ OPÉRA ) ,n’avoit pas eu des vues aussi justes furle ballet. II fut imité depuis par tousceux qui travaillèrent pour le théâtrelyrique. Le propre des talents médiocresest de suivre servilement à la piste lamarche des grands talents.

Après fa mort on fit des opéra cou-pés comme les siens, mais qui n’étoientanimés, ni du charme de son style, nides grâces du sentiment qui étoit sa par-tie sublime. On pouvoit l’atteindre plu*saisément dans le ballet où il avoit étéfort au-deílòus de lui-même ; ainsi on lecopia dans fa partie 1 a plus défectueusejusqu’en 1697 , que laMothe, en créantun genre tout neuf, acquit l’avantage dese faire copier à son tour.

BAL 28;

~VEurope Galante est le premier balletdans la forme adoptée aujourd’hui fur lethéâtre lyrique. Ce genre appartient tout-à-fait à la France, & l’Italie n’a rienqui lui reíîèmble. On ne verra fans doutejamais notre opéra passer chez les autresnations : mais il est vraisemblable qu’u njour, fans changer de musique ( ce quiest impossible ) on changera toute laconstitution de l’opéra Italien, & qu’ilprendra la forme nouvelle & piquantedu ballet François.

11 consiste en trois ou quatre entréesprécédées d’un prologue.

Le prologue & chacune des entrées for-ment des actions séparées avec un ou deuxdivertifïèmens mêlés de chants & de danses.

La tragédie lyrique doit avoir des di-vertissements de danse & de chant que lefond de Faction amene. Le ballet doit êtreun divertissement de chant & de danse ,qui amene une action , & qui lui sert defondement, & cette action doit être ga-lante , intéressante , badine ou noble sui-vant la nature des sujets.

Tous les ballets qui font restés authéâtre font en cette forme , & vrai-semblablement il n’y en aura point quis’y soutiennent, s’ils en ont une diffé-rente. Le Roi Ternis XV. a dansé lui-même avec íà cour ; dans les ballets dece nouveau genre, qui furent représentésaux Thuileries pendant son éducation.

Danchet, en suivant le plan donnépar la Mothe , imtegina des entrées co-miques; c’est à lui qu’on doit ce genre,si c’en est un. Les Fêtes Vénitiennes ontouvert une carrière nouvelle aux Poè-tes & aux Musiciens , qui auront le cou-rage de croire , que le théâtre du mer-veilleux est propre à rendre le comique.

Les Italiens paroistènt penser que lamusique n’est faite que pour peindretout ce qui est de plus noble ou de plusbas dans la nature. Us n'admettent pointde milieu.

Ils répandent avec profusion le subli-me dans leurs tragédies , & la plus bastèplaisanterie dans leurs opéra bouffons,& ceux-ci n’ont réussi que dans les mainsde leurs musiciens les plus célébrés.Peut-être dans dix ans pensera-t-on com-

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