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Tome quatrième.
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de cet acceíîoire un tout séparé où iln’entre rien qui n’y ait un rapport im-médiat, la représentation en seroit plusvive & d’un plus grand effet. Qui n’ai-meroit à voir un héros, au moment querentrant dans fa capitale , après avoirsauvé l'état par ses victoires, il est reçupar ses concitoyens , avec toutes les ex-pressions de la joie, de la reconnoistànce,de l’admiration & du respect qui lui sontdues? Rien de plus propre qu’un balletpour représenter une telle entrée; maisil est sûr qu’il y faut quelque chose dêplus que des pas compactés & des sautsmerveilleux.

On ne fauroitnier que dans nos mœurs,où l’on a aboli toutes les solemnités pu-bliques entant qu’elles sont des actes descitoyens , de semblables représentationsne deviennent à peu près impossibles.Les spectacles modernes ne tiennent plusaux mœurs nationales & publiques. Cetteréflexion ne nous ôte pas néanmoins touteespérance de voir naître des hommes dontle génie extraordinaire pourra dans cer-taines occasions, imaginer des spectaclesou des fêtes qui aient plus d’intérêt &d’énergie , qu’ils n’en ont actuellement.

Cependant les spectacles tels qu’ils fontaujourd’hui, quoique bornés au simpleamusement des particuliers , pourroientencore beaucoup gagner par de bons bal~léss , qui fussent bien liés à la piece prin-cipale. Le danseur a précisément en sonpouvoir la plus forte expression des pas-sions. Il contribueroit avantageusementâ l’effet du spectacle, si à la clôture dela piece, ou entre les actes, il entrete-noit par les moyens que son art^ lui four-nit , les impressions qui doivent être ence moment-là les plus précieuses, & s’ilprésentoir fous de nouveaux points devue l’objet qui occupe alors l’efprit &le cœur. Le ballet peut donc avoir uncertain degré d’importance , entant quele spectacle dramatique lui-même en aura.11 est vrai qu’il faudroit lui donner uneforme qu’il n’a pas actuellement ; & iln’est pas facile de trouver cette nouvelletortue à donner au ballet.

Il faudroit commencer les essais par cetju’il y a de plus facile. Il semble que le

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genre moral est plus aisé que le genrepassionné. Les ballets qui n’ont qu’uncaractère général, qui expriment ou lagaieté, ou la gravité , ou l’aménité desmœurs , font de tous les plus faciles. Sîdonc à la fuite d’un drame intéressant, ladanse répond au dénouement, que leballet soit comme lui, ou gai, ou sérieux,ou triste, & en même temps conformeau caractère particulier de la nation quia fourni le sujet du drame , il ne peuten résulter qu’un très-bon esset sur lesspectateurs.

Ce qui est beaucoup plus difficile , c’estde représenter une action particulièredans un ballet. On risque souvent detomber dans l’insipide. Ce n’est pointfaction même , c’est en quelque façonson allégorie, qu’on peut mettre en ballet.Après que le compositeur a choisi sonsujet, il doit, comme le peintre, cher-cher les moments les plus frappants defaction. Autant qu’il y a de ces momentsdans faction, autant le ballet aura depériodes. Il faut ensuite trouver pourchaque moment un tableau pittoresquequi serve à le représenter. Tout ce quiremplit les intervalles d’un moment àl’autre, est d’un ton moins animé ; lecompositeur y fera entrer des mouve-ments modérés, & des danses qui s’ac-cordent avec le caractère & les mœursdes personnages. II faudroit qu’il évitâtici, avec autant de soin que le peintre ,tous ces mouvements, toutes ces atti-tudes symétriques, que la mode a intro-duits. Pourquoi faut-il que tous ces per-sonnages fassent les mêmes mouvements,rennent la même attitude, & reste or-ient à un seul figurant qui seroit mul-tiplié une dixaine de fois au moyen d’unverre à facette ?

Dans le dernier siecle on a joué, àquelques cours, des pieces dramatiquesqu’on nommoit des ballets ; mais c’étoitdes danses entremêlées de chants & dedialogues ; les récitatifs contenoient routce qui étoit nécessaire pour l’intelligencedu sujet ; & la danse étoit interrompuepar des airs qu’on cliantoit. On a untraité fur ces ballets , par le P. Menef»trier.