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qu’on fait boire pour atténuer , diviser &chasser par les urines & autres voies excré-toires , le sang grumelé qui s’est épaissi ouamassé dans quelque partie du corps , soitpar un coup ou par une chute ; quelques-uns y ajoutent la rapûre du bois de sappan& la moitié d’un limon-sw angi.
Le robong ou premier bourgeon quipoulie à chaque nouvelle lune , commeun cône de la grosseur du bras, ridé, velu& épineux, & qui, dans l’espace d’unmois, s’éleve à la hauteur de douze pieds,se mange par préférence à celui de toutesles autres especes. Pour cet effet on coupeà la longueur d’un pied la pointe , qui esttendre & molle , on la fait macérer dansl’eau , puis bouillir légèrement, ensuiteon la coupe en travers par grosses rouellesqu’on confit au vinaigre, que l’on faitsécher au soleil , &que l’on reconfit uneseconde fois dans du vinaigre salé , pourmêler dans l’atsjar, qui est une especed’asiàisonnement de salades aussi délicatque celui qu’on apporte de Siam , ou quenos cornichons , & qui est très-falutairepour prévenir le scorbut dans les voyagesfur mer. Les rouelles de ce bourgeon sccuisent encore dans le jus des viandesgrasses, & sc mangent comme nos choux.
Les gaines entieres de ses bourgeons ser-vent de couvercles à différents vases.Lorsqu’on les a râpées légèrement pour enenlever les épines, elles servent à enve-lopper des carottes de tabac.
Remarque. Rumphe remarque que ,quoique les tiges du terin soient sansliqueur, mais charnues intérieurement àAmboine & à Java, ce qui fait qu’on lesmange marinées, celles qui croisspnt dansles hautes montagnes de Banda où l’air estplus froid, à Bifnagar, à Batecala, auMalabar & autres lieux de 1 Inde ancienne,font moins grandes & ne se mangent pas,parce qu’elles font toujours pleines d’uneeau claire , douce & potable, qui, en sedesséchant, forme cette substance blan-che , cendrée , dure, scche , semblable àde ï’amidon ou à du sucre blanc , maisabsolument insipide , que les Arabes ap-pellent tabaxir , & les Indiens saccarfliembu , comme qui diroit sucre defcstmbou. Néanmoins Avicenne, qui nous
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a fait connoître le tabaxir des Arabes Jnous assiire, livre II, chap. 109 , qu’ontire le fpodion , des racines brûlées deYarundo indica , qui, selon les auteurs,n’est autre chose que le bambou. Maissi le fpodion d’Avicenne est une cendre ,& si le tabaxir des Arabes est une ma-tière sucrée , tirée au moyen du feu, laremarque de Rumphe nous fournit uneseconde preuve pour avancer que le ta-baxir est un nom qui appartient plutôtà la canne de sucre qu’au bambou.
Troisième espece. Potong.
Le potong, ainsi appellé par les Ma-lays , & bulu-potong par les Javanois,est, selon Rumphe, une seconde especede terin, dont il a donné une bonnedescription & une bonne figure au vo-lume IV, page 11, planche II , de sonHerbarium Amboìnìcum , sous le nomâ’arund’arbor aspera. Les habitants deTernate l’appellent tabatiko-ake , c’est-à-dire , bambou aquatique ; ceux d’Am-boine terin-kaburu ou t clin - babulu,c’est-à-dire, bambou rude ou farineux ;ceux de Java bulu-wani ou utte-wanì ,de l’usage qu’ils en font ; car ils appel-lent du nom de wani ces petits pots debouts de tuyaux de roseau , qu’ils suspen-dent aux palmiers pour recevoir la li-queur vineuse qui en coule.
Ses tiges ont jufqu’à soixante ou soi-xante-dix pieds de hauteur, fur neufpouces environ de diamètre. Leurs arti-culations n'ont guere qu’u n pied de lon-gueur ; les inférieures ont le bois épaisde deux travers de doigt, & si dures qu’ilfaut employer les haches les plus fortespour les couper ; les articulations supé-rieures sent les plus longues, elles ontle bois moins épais & la cavité intérieurebeaucoup plus grande. Leur extérieur estcouvert d’une farine blanc - grisâtre,comme laineuse au tact & facile à en-lever en la raclant. Elles ne produisentpoint de branches autour de leurs nœuds,mais seulement cinq à huit petites raci-nes articulées, semblables à des épines& pendantes.
Ses feuilles font plus petites que celles
du