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long de ccs bourgeons les noeuds ouarticulations qui les composent, dontles inférieures ont un pied & les supé-rieures un pied & demi de longueur,entièrement enveloppées d’une gainecomme d’une chaussée qui est ridée &rude comme une peau de requin ou dechien de mer en-dehors, pendant que fasurface intérieure est lisse & luisantecomme une membrane. Ces gaines tom-bent peu-à-peu ou se roulent en unemasse solide , à mesure que le bourgeonpousse des feuilles & des branches à sonextrémité.
Qualités. Le terin le plus estimé croîtà Java. Les plants qu’on voit à Amboi-ne , Ceram & aux îles moluques, quoi-qu en grande quantité , y ont été trans-plantées & multipliées au point qu’ilparoit aujourd’hui être naturel à ces îles,car tous les champs en font couverts,sur-tout les montagnes de Leytimore &d’Oeri Messing. Tous les jours on enplante dans les jardins & auprès deshabitations , à cause du grand usagequ on en fait pour puiser de l’eau, &c est de-là que sont venues les défensesde le couper fans le consentement deson propriétaire.
UJàges. Les articulations du terinfont d’un usage journalier chez les Ma-lays & les Macaflares pour porter del’eau & la conserver comme l’on fait enEurope dans des seaux & des cruches.Pour cela ils choiíistent les plus longuesarticulations, auxquelles ils laissent lescloisons des extrémités , ouvrent , versle milieu de fa longueur , fur le côté,un trou par lequel elles s’emplissentd’eau. Lorsque ces articulations fonttrop courtes , ils en séparent un boutcomposé de trois entre-nœuds, dont ilsouvrent le supérieur & celui du milieu.Les femmes des Macastàres , & leursservantes vont tous les soirs à la rivierepuiser de l’eau dans ces especes detuyaux qu’elles rapportent ainsi pleinesfur leurs épaules, pour l’usage du mé-nage pendant le jour suivant ; & l’eaus y conserve très-bien, fans contracteraucun mauvais goût, pourvu qu’on lesbouche exactement.
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Les tiges qu’on laisse vieillir fur leursouche prennent une couleur jaune oublanche , & servent à faire des coffresde diverses especes , des vases & despots que l’on suspend à la cime des co-cotiers & des gomuto, pour y recevoirle vin qui coule de l’incision faite à cespalmiers. Les Malays chargent toujoursune grande quantité de ces tuyaux dansleurs petits navires appellés corre-corren ,pour les remplir d’eau toutes les foisqu’ils navigent fur les fleuves.
Dans la vieille Inde , aux îles deJava, Baleya & Célebe, & par-ton t oùmanque le bananier , qu’ils appellentgahba , les maisons font boisées & par-quetées du bois de terin. Les habitansen font des bancs, des sieges, des cloi-sons. Avant d’en employer les tuyaux,ils les frottent de fable pour en enleverune espece d’écorce qui les rend verds »jufqu’à ce qu’ils deviennent blancs oujaunes ; alors ils les fendent en quatreà six lattes qu’ils cousent ensemble. Sestiges entiers s’emploient pour faire desmontants d’échelle, des vergues de petitsnavires, & des tuyaux propres à con-duire l’eau à de grandes distances dansles incendies.
Les tiges les plus grosses servent àfaire des poutres , des solives , despieux , des haies, qui íont d’autant plusdurables qu’elles font moins exposéesaux pluies. Mais les bâtimens & lesmurs ainsi construits ont un inconvé-nient , c’est que lorsque le feu prend àces tiges, l’air contenu dans leurs cavi-tés , venant à être raréfié & à se dé-bander , y cause une explosion violentecomme celle d’un coup de canon ou deboîte, qui jette & transporte le feu auloin en l’éteignant dans l’endroit où sefont ces explosions j c’est de ces explosionsque vient à cette plante son nom debambou.
Le terin a aussi son usage en médecine.Ce sont ses bourgeons ou ses jeunes bran-ches qu’on emploie particulièrement : onenleve la gaine qui les enveloppe fous laforme d’une écorce ridée , on les râpefinement jusqu’au bois, & on met cetterapûre en décoction dans de l’eau pure,