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croît cn abondance sur la côte maritime,dont le peuple mange les asperges commeun mets journalier, & dont le bois estle plus mince de tous les roseaux de laChine.
Dix-huitierne espece. TuiGKHlAA.
Le tuigkhiaa est encore, selon le mêmeauteur, une espece de taìlam qui croîtà la Chine, c’est un des plus petits bam-bous , dont les tiges creuses ne font guereplus grosses que le doigt, dont les ar-ticles font très-longs, & dont les bour-geons ou asperges fervent à faire dupapier.
FHx-neuvienie espece. MOA-TICK.
, Quoique le moa-tick: , que le P. Mar-tin , dans son Atlas de la Chine , dit avoirdes tiges de dix palmes , c’est-à-dire , dedeux pieds & demi de diamètre , pa-roisse , par fa grosseur , approcher beau-coup du sammat, cependant Rumphe leregarde comme une espece du tallam àcause de son asperge qui se mange, &qui sert encore à faire du papier , commedans les deux especes précédentes : ilcroît fur les montagnes de Canton. LesChinois qui donnent le nom de tick àtous les bambous en général , appellentcelui-ci moa-tick , c’est-à-dire, bamboudes anguilles , par ce que les grosses an-guilles qu’ils appellent moa , & qui viventdans les étangs de ces hautes montagnes,en sortent pour aller paître les jeunesasperges de ce bambou.
Les Chinois mangent non-feulementcette asperge, elle leur sert encore àfaire du papier. Pour cela on la fait cuireen bouillie de maniéré à pouvoir en dé-velopper les diverses couches , qui fontde longues & minces membranes jau-nâtres , très-tendres, & comparables auxlames du liber ou écorce intérieure dutilleul ou du bouleau : on peut écrire furleurs deux faces , mais il faut les doublerou les coller ou coudre par les bords.Au reste Part de faire le papier esttrès - ancien chez les Chinois , notreencre faite à l’eau & nos plumes solidesne pourroient leur être d’aucune utilité ;ils écrivent avec des pinceaux , & leur
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encre est grasse & faite avec la fuie oule noir de fumée.
1 On lit dans Y Atlas de la Chine la ma-' niere dont on fait le papier avec cetteespece de bambou , dans la feptieme pro-vince de la Chine appellée Huquang ;mais Rumphe a eu lieu de s’instruire d’uneautre maniéré qui s’exécute ainsi : on encoupe les asperges en petits morceauxqu'on fait cuire dans l’cau , qu’on pileensuite, qu’on passe souvent au crible à-peu-près comme on passe la bouillie denotre papier en Europe; on colle quel-quefois deux ou trois feuilles ensemblede ce papier , pour en former un papierplus épais, susceptible d’un beau poli,qui le rend plus propre à la peinture.
Vingtième ejpece. L E L E B A.
Les Malays appellent du nom de lelebaou leleba poeti , c’est-à-dire, leleba blanc,une vingtième espece de bambou , dontRumphe a fait graver une bonne figuresous le nom d’arund’arbor tennis alba ,dans son Herbarium Amboinicum , vol.IVpage i , planche I. Les habitants deTernate l’appellent loleba & louleba,
- ceux d’Amboine à Hitoe utte - aul &aule, ceux de Leytimoré utte-aur , lesMacastàres boelo-ecarijsa , c’est - à - dire ,boeloe-cajser ou bambou rude Ù âpre.
D’une souche principale, rampantehorizontalement fous terre , très-dure ,solide , d’un pouce au plus de diamètre,articulée ou noueuse comme celle dugingembre, longue de trois à quatre pou-ces , s’éleve un maître bourgeon & huità dix à ses côtés, plus petits, très-ferrés,contigus, qui forment ensuite autant detiges hautes de quinze à seize pieds , d’unpouce & demi de diamètre, feuillues &ramifiées depuis la hauteur de sept piedsjusqu’à leur sommet, de branches droi-tes , longues de neuf à douze pouces,épaisses de trois lignes , écartées fous unangle qui a à peine dix degrés d’ouver-ture: elles font noirâtres en-bas, vertesau milieu, verd-blanchâtres en-haut, &blanchissent lorsqu’elles font feches ; leursarticulations inférieures ont deux piedsde longueur : les supérieures trois piedsà trois pieds & demi; elles font creu-