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Tome quatrième.
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longue de deux pieds au plus, d’un piedà un pied un quart de diamètre, brun-noire extérieurement, blanche au dedans,entourée à son collet seulement, de deuxplans de racines ligneuses en filets cylin-driques longs d’un demi-pied, s’éleve unetige simple conique, de quatorze à quinzepieds de hauteur , fur un pied de dia-mètre à son origine , charnue , verte ,luisante , formée entièrement & unique-ment des gaines des feuilles qui s’enve-l'oppent les unes les autres en cornet,mais toujours de maniéré qu’elles fontfendues d’un côté fur toute leur longueur.Cette tige apparente n’eít donc qu’uneespece de bourgeon semblable en tout àcelui que l’on nomme oignon dans laplupart des plantes liliacées. Chaque pelli-cule , chacune de huit à dix gaines desfeuilles qui la composent a environ unpouce d’épaiíseur : elle est charnue , par-tagée intérieurement par nombre défibréslongitudinales, & d’autres transversales,à peu près parallèles en nombre de cel-lules , & recouverte d’une peau fine quiest verte fur leur face extérieure, & blan-châtre fur le côté intérieur.

Le sommet de cette tige est couronnépar huit à dix feuilles elliptiques, obtuses2-ux deux bouts , longues de dix à douzepieds, trois fois & demie à quatre foismoins larges, verd-pâlesdessus, jaunâtresen desious, minces , feches, sonnantescomme un papier, listes , entieres, ter-nes , comme veloutées , arquées, ou-vertes , & écartées fous un angle de qua-rante - cinq degrés, relevées en dessousd’une côte cylindrique très-épaisse, creuseen dessus, marquée des deux côtés deTrois cents nervures parallèles, saillantesen dessus, concaves en dessous, &: por-tées fur un pédicule demi - cylindrique,quatre fois plus court qu’elles, convexecn dessous , creusé en destùs en un canalmarqué de quinze stries transversales. Cesfeuilles sortent toutes successivement ducentre du bourgeon, & sont roulées encornet d’un seul côté avant leur déve-loppement en pointant droit vers le cielcomme une corne longue de six à septpieds. Elles font alors listes, d’un verdclair &: luisantes; mais peu après Ipup

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développement elles se couvrent en des-sous d’une poudre blanchâtre , ou d’tinefleur d’un verd-glauque , dûe fans douteà i’exsiccation des sucs qui en sortent parla transpiration. C’est par leurs nervurestransversales que ces feuilles se fendent.

Du sommet de la iaustë tige ou dnbourgeon sort la vraie tige , la tige à fleurqui prend íbn origine de la racine même ,en enfilant lamas des gaines de feuillesqui íorment le bourgeon. La tige à fleurforme une panicule en épi terminal pen-dant de quatre pieds de longueur, c’est—à-dire , juíqu’au tiers de la longueur desfeuilles , de trois pouces de diamètre ,composé de deux à trois étages ou pa-quets , chacun de quatre à cinq fleurssessiles. Chaque paquet est enveloppé &accompagné d’une écaille triangulaire,concave, brune, qui tombe de bonneheure & presque dès son épanouissement.Comme ces deux ou trois paquets fontfertiles & qu’il n’en reste point au bout dela panicule qui forme le cœur , c’eft pourcela que les habitants de Ternate rap-pellent cojo cojji malamv qui, en lan-gage Malays, signifie bananier sans cœur ,

Chaque fleur est hermaphrodite , &consiste en uœ ovaire prismatique trian-gulaire un peu courbe ; trois fois pluslong que large, blanc-verdâtre, couronnépar un calice aussi long que lui, composéde deux feuilles élevées, droites, bianc-verdâtres , lisses, roides , dont l’inté-rieure est demi - cylindrique , obtuse ,concave, une fois plus long que large ,pendant que l’extérieure, qui est presqueune fois plus longue, ressemble à une lan-guette divisée a son extrémité en cinqcrenelures : il contient une liqueur miel-leuse , épaisse comme du blanc d’œuf.Six étamines sortent du sommet de l’o-vaire : trois font stériles fans anthères ,une fois plus courtes que la corolle, pen-dant que les trois fertiles font égales à falongueur; leurs filets font cylindriques,comprimés, obtus à leur extrémité, dixfois plus longs que larges, & font corpsavec l’anthere qu’ils enfilent ; l’anthereressemble à deux lignes ou deux logescylindriques, jaunes, marquées d’un sillonlongitudinal, par lequel elle s’ouvre fuit