S A N
fouie fa longueur , & répand une pous-sière composée de globules épais, blancs,lissés & luisants. Au centre des étaminess’éleve le style de l’ovaire qui est blanc ,aussi long qu'elles, cylindrique à troisangles, marqué de trois sillons opposésaux trois angles de l’ovaire , & terminépar un stigmate ovoïde , oblong, à troisangles, tout couvert de petits filets coni-ques, oblongs, lisses & luisants.
L’ovaire en mûristànt, devient un fruitde la forme & grandeur d’una corne devache, ou d’un concombre , c’est-à-dire,courbé en demi-cercle , long de quinzepouces, du diamètre de trois à quatrepouces , blanc-jaunâtre ,’ marqué de troisangles obtus , & quelquefois de cinq danstoute fa longueur, à chair blanche, fer-irie , marquée intérieurement de troisdivisions peu sensibles , qui indiquentautant de loges contenant chacune troiscents graines sphéroïdes , petites , lisses,luisantes , brunes , distribuées fur deuxrangs , attachées horizontalement fansaucun filet au placenta , qui traverse lefruit comme un axe dans toute fa lon-gueur. Quoique ce fruit ne s’ouvre paspar son intérieur , par fa partie charnue,cependant lorsqu’îl est bien mur , sonécorce s’ouvre , pour l’ordinaire, par lesangles en trois valves ou lanières, sem-blables à un cuir verdâtre, de deux lignesd’épaisseur. Le placenta qui porte les se-mences s’unit aux trois cloisons charnues,qui vont fe rendre à chaque angle du fruit,& s'unir aux bords de chaque valve. Lepoint germinant & saillant de chaquegraine est placé à un de ses côtés.
Variétés. Quelquefois on voit deuxovaires réunis par une monstruosité quiles rend gémeaux. Quelquefois aussi le. fruit, au lieu d'étre partagé en troisloges est divisé en quatre, par un excèsmonstrueux ; ce n’est que dans ce cas qn’ony voit cette efpece de croix, que lespremiers voyageurs Portugais assurent unpeu trop généralement s'observer cons-tamment dans ce fruit. Dans l’Indeaqueuse on distingue le tando en mâle& en femelle ; le mâle a le fruit phi slong, plus dur, plus verd ; la femelleìz plus jaune, plus tendre.
BAN yîj
Culture. Le tando croît en abondanceclans les îles de Key, d’où on le portetous les ans en vente à Banda , où onl'appelle, comme il a été dit, pijsang-key & pijsan-Jwackan. Dès qu’une tigeou bourgeon a produit ses fleurs & fruits,elle meurt, mais elle reproduiss à sescôtés , mètne dès la premiere année,quatre à cinq tiges ou bourgeons sem-blables , de maniéré que lorsque la pre-miere est morte , les seconds bourgeonsde la premiere année produisent de mêmel’année suivante, où ils ont deux ans,& les autres ainsi de fuite. Lorfqu’on veutles multiplier, on s’y prend ainsi : ondétache de la souche les jeunes bourgeonsqui s’élevent d’abord comme un cône dedeux à trois pieds de haut, & on lestransplante dans des fosses que l’on fonceavec un peu de cendre ou avec des plantesqu’on y brûle. Quelques-uns mettentdans ces fostès un peu de chaux , préten-dant que le bananier produit plutôt sesfleurs & ses fruits. On les plante le soirquand la mer est pleine. Les habitantsde Baleya enterrent ses bourgeons obli-quement , couchés fur le côté, disant qu’ilcroît fur ce côté un second bourgeon quis’éleve en arbre.
Le terrein le plus convenable au bana~nier est une terre grasse , en plaine,limonneufe, un peu saline, telle que celledes rives du fleuve de Gambie ou desîles du Bissao , telle enfin que celle oû! la canne de sucre réussit le mieux. Il feplaît aussi dans tous les terreins chauds,même sablonneux &r pierreux , pourvuqu’ils soient humides, tels que font lesjardins du Sénégal depuis le fleuve Nigerjufqu’à l’le de tìorée, & ceux d’Amboine.,Lorfqu’on veut le planter autour desmaisons, il faut lui destiner par préfé-rence les lieux où l’on jette toutes lesimmondices, parce que la graille, lesfels& î’humiditéqui sortent de ces matiè-res, font un équivalent à une terre limon-neisse & saline.
Le tando , ainfi que toutes les autresefpeces de bananier à gros fruit, fleu-rissent & fructifient, an plus tard, aubout de deux ans , c’eít-à-dire, dans le, courant de la seconde année, les uns
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