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Tome quatrième.
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Dix-huitkme espece. T U C A.

Les habitants de Ternate appellenttue a ou tuca-dujfa la dix-luiitieme es-pece de bananier , dont Rumphe a fi-guré le fruit au vol. F", de son Herba-rium Amboiniciun, p. 137, pi LXI,fig. 2., sous le nom de musa uranoscoposqni répond au nom Maîays pijsang toncatlangít ou tundjo-laagit, qui exprime lasingularité qu’a son régime de monteren-haut dans fa partie inférieure qui porteles fruits élevés au contraire des antres

qui les portent pendants. Les habitantsde Ceram expriment la même chose parleur nom de tema tenalla lanit.

Cette espece croît naturellement dansla plage boréale de l’ile de Ceram ; elleest très-rare à Amboine , & on n’en voieguere dans les autres îles Moluques quedans les jardins des curieux qui T élèventà cause de sa singularité.

Sa tige, ses feuilles, son régime & lecœur même qui est à son extrémité, sontentièrement verds , comme dans le bidji,n°. 15. Son régime a cinq ou six pieds de jlong , il consiste en plus de cent paquets 'de ìleui s dont les six ou sept premiersfeulement font fertiles ; les cinquante der-niers forment un cœur long d’un pied :chaque paquet contient dix à douze fruitsdistribués fur deux rangs.

Chaque fruit est ovoïde, obtus , droit,long de quatre pouces, une fois moinslarge , marqué de quatre à cinq angles 7brun ou rouge avec des stries noirâtres ,a chair jaune, visqueuse, acide d abord ,ensuite ast’ez douce dans ia maturité ,cl une odeur sauvage, à trois loges con-tenant chacune deux rangs de grainesbrunes applaties.

Qualités. Le tuca fleurit tous les sixmois ; Ton suc est rouge de sang.

Usages. Son fruit ne se mange pointcrud, pares qu'il irrite la bouche ; maiscuit légèrement fous les cendres il prendune consistance visqueuse, lente, & unelaveur sale , mais douce , qui le rendmangeable fans danger. Les habitants deCeram dans le district: de Tanoena, lemangent avec fureur , pendant que dans(j.autres endroits on en craint f usage par-

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ce qu’il teint surine en rouge, il la pro-voque sans peine & fans douleur.

Dix-neavìeme espece. CoFFO.

Le coffo de Mindanao , appelle kula «.abbal à Amboine , pijsang-utan par lesMalays, & musa Jyivestrìs par Rumphe ,qui le décrit fans figure dans son Herba-rìum Amboiniciun , vol. U. page r ?9,est une espece de bananier qui, quoi-qu inculte & entièrement sauvage , a ce-pendant des maîtres qui s’en réservent la

propriété.

Sa tige a la hauteur du sagou , c’est-à-dire , de vingt à víngt-cínq pieds , &la grosseur de celle du cocotier, c’est-à-dire, de près de deux pieds, noirâtre àfson extérieur, composée de gaines commedans les autres efpeces , mais d'une subs-tance plus dure, plus solide : ses feuillessont aussi pins grandes, plus fermes, d’u-11e couleur plus noire.

Ses fruits sont ovoïdes , obtus, longsde trois pouces, une fois & demie moinslarges, ronds, verds , durs, à chair seche,peu propre à être mangée , mais feule-ment à être sucée, douce , d’une odeursuave , pleine de graines en oiselets.Qualités. Le coffo se trouve à Minda-[ nao appellé proprement Mangìnagla quiest la partie orientale des îles Philippi-nes ; on le trouve auísi à Sangi, ou pourparler plus correctement, à Sangir , où ilcroît dans les forêts fans culture, ainfi quedans la grande île de Gelolo, sur-tout dansla partie appellée Bata-Tsjina , & à Ma-nado où croît le saga dans des forêts fortarides. Les seigneurs de ces cantons s’enréservent la propriété , quoiqu’íls n’enfassent aucune culture.

UJages. Des gaines ou pellicules desfeuilles qui forment leurs tiges, les ha-bitants de Mindanao & de Sangir ont fartde tirer des fils dont ils font deux sor-tes de toiles à vêtements qu’ils appellentcoffo , dont la couleur est jaunâtre, à-peu-près comme celle d’une toile dechanvre qui n’a pas encore été blanchieà l’air ou au soleil. La plus commune deces toiles est formée de fils grossiers teintsen noir, en rouge ou en jaune, dont oníait les bastes & les caríkans. L’autrc est

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