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verd-jaime, tachée de rouge sanguin ounoirâtre. Ses feuilles ont íìx pieds delongueur , & deux fois & demie à troisfois moins de largeur , bordées de pour-pre , marquées de deux cents stries trans-versales , terminées par un petit fil quise flétrit & tombe bientôt, & portéesfur un pédicule long d’un pied, ou cinqfois plus court qu’elles, ot tacheté derouge.
La panicule des fleurs n’a guere quequatre à cinq pieds de longueur fur troispouces de diamètre. Elle est semée depoils très-longs , listes , unis , luisants,& fort d’une gaine triangulaire , longuede deux pieds , deux fois moins large,striée de soixante nervures longitudina-les , verte au milieu, d’un rouge foncéà ses bords & qui tombe de bonne heure.Cstte panicule consiste en 50 paquets,chacun de quatorze à seize fleurs rangéesfur deux rangs, chaque paquet étant re-couvert par une écaille triangulaire rouge-noire, longue de trois à quatre pouces,deux fois plus longue qu’elle & qu’ellen’ést large, ridée ou striée longitudina-îement. De ces paquets il n’y en a quecinq qui portent des fleurs fertiles ou desfruits , les autres pendent fous la formed’un cœur ou d’un œuf pointu d’environquatre à cinq pouces de longueur.
Toutes ces fleurs font hermaphrodites,comme dans le tando & le bananier,mais les inférieures qui font fertiles dif-fèrent des stériles , en ce que le calice estdeux fois plus court que l’ovaire dans lesfertiles, & au contraire, deux fois pluslong dans les stériles ; que toutes ont cmqétamines égales , & non pas six commedans le tando ; mais celles des fleurs fer-tiles n’ont pas d’antheres , & ont besoin-par conséquent d’ètre fécondées par lesfleurs stériles. Leur stigmate n’est pas ob-long , mais sphérique un peu comprimé,comme triangulaire, siMonné entre cha-que angle , & velouté de poils coniquesblancs très-denses. L’ovaire qui est «sa-bord cylindrique un peu triangulaire,trois fois plus long que large , devient enmûnílànt une baie ovoïde, droite ou très-peu courbe, arrondie ou marquée de troisgnôles obtus, deux fois plus longue que
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large , à écorce assez épaisse , 'jaune-ver-*dâtre , lisse , s’ouvrant par les angles entrois valves, qui enveloppent une chairjaunâtre , dense , luisante , molle , à troisloges, douce au goût, comme pâteuse ,un peu seche, peu sucrée, aílèz sembla-ble à la chair de la pomme , mêlée aveccelle de la figue. Chaque régime porteenviron quatre-vingts cle ces fruits furune longueur de deux à trois pieds. Ilsse mangent cruds & jamais cuits, à moinsqu’ils ne soient pas encore assez murs :leurs graines ne mûrissent que très-rare-meut & en quantité.
Qualités. Le bala commence à fleurircommunément six mois après qu’iì a étéplanté. Son fruit est de facile digestion,mais il est plus salutaire aux estomacschauds des habitants des tropiques, qu’auxestomacs froids des Européens. II tournéfacilement en putréfaction , éteint l’ap-pétit par fa viscosité & excite des vents.Suivant Avicenne, Razes , & les autresmédecins Arabes , il donne peu de sucsnutritifs, dégénéré facilement en une pi-tuite bilieuse, corromps ou fatigue l’es-tomac , ôte l’appétit, & ne convientqtsaux gens qui ont quelques attaquesde chaleur â la poitrine , aux poumons,au foie & aux reins , parce qu il est fortdiurétique. II excite aussi à l’amour.
Usages. Sa racine pilée se boit avec lelait, pour appaiser les vertiges. Son eause boit aussi avec le sucre dans les ardeursdes rems & d’urine : elle rétablit ceuxqui ont été fatigués par les remedes mer—curicls, & ceux qui ont avalé des poilspar imprudence. L’axe du régime desfruits pilé avec le miel, se mange pourles maux des yeux. Ses fruits coupés enmorceaux , & frits dans le beurre ont lamême vertu.
Dix-septieme espece. Mannembala.
I e mannembala du Ma'abar ressemble *au baîa ; mais il a les feuilles plus gran-des &: plus épaisses; son fruit a quatrepouces de longueur , & à peine deux foismoins de largeur, - il a quatre angles bienfaisants ; f écorce épa-ss., jaune ; la chairgrastb , jaune , comme huileuse , d’unesaveur très-douce & très-agréable.