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Tome quatrième.
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che, fibreuse & ligneuse, les tiges vertes,£] narré es , un peu velues , fongueuses in-térieurement ; mais il en différé en cequ’il est communément plus élevé , hautde sept à huit pieds, peu rameux , àécorce beaucoup plus fine ; les pieds fe-melles font plus [hauts, s’élevent jusqu’àdix pieds.

Ses feuilles, au lieu d’ètre opposées,font toutes alternes, les inférieures digi—tées de cinq à neuf divisions , longues decinq pouces au plus, & les supérieuresde trois divisions seulement , dentelées,d’un verd-noir & plus rudes dans la fe-melle.

De l’aiffelle de chacune des feuilles su-périeures , sortent les fleurs mâles rastèm-blées en paquets sessiles sphériques, dehuit à dix , pendant que les fleurs femel-les sortent solitairement aussi sessiles , del’aistélle d’une petite feuille en écaillesimple & dentée, le long des petites bran-ches qui sortent de faisselle des feuillessupérieures, & qui font fort peu pluslongues que leur pédicule.

Les fleurs mâles consistent seulementen un calice verd à cinq feuilles & cinqétamines pendantes , & les femelles enune écaille fendue seulement d’un côtéou triangulaire , enveloppant l’ovairequi est couronné par deux stigmates cy-lindriques , blanchâtres , veloutés furleur face intérieure Cet ovaire enmûrissant , reste enveloppé de son ca-lice comme d’une coëffe conique striéecomme ridée qui jaunit , & devientune graine ovoïde , liste , plus pe-tite , plus pointue que celle de notrechanvre, longue d’une ligne & demie,grise-brune ou cendrée , luisante , com-posée d’une coque ou croûte cartilagi-neuse assez dure , sonnante , qui peutslouvrir en deux portions en écailles éga-les , & fous laquelle est une pelliculeverte très-fine, qui enveloppe 1 embryon.Celui-ci est recourbé en demi-cercle ,Lc consiste en deux cotylédons demi-ovoïdes , appliqués l’un contre l’autre ,& terminés par une radicule conique quipointe en haut vers le ciel.

Culture. Le bangi croît dans toutei’inde depuis la Perle , & peut-être l’E-

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gypte , jusqu’à Java. A Amboine, & dansquelques autres ifles plus orientales, onne la cultive guere que par curiosité dansquelques jardins, & la graine a besoind’être renouvellée tous les deux ans, par-ce qu’elle perd fa faculté germinative;on est forcé d’en tirer de la nouvelle Java»Des graines que l’on feme, on voit leverplus de pieds mâles que de pieds fe-melles.

Qualités. L’odeur de toute la planteest forte, assez semblable à celle du ta-bac , & plus forte dans la femelle que dansle mâle. Lorsqu’on la touche, elle Iaistèaux mains une espece de viscosité aussifor te que celle que l’on ressent lorsqu’oncueille des feuilles de tabac, & qui portetrès-vivement à l’odorat. Ses feuilles mâ-chées ont une saveur âpre , astringente ,& mêlée d’un peu d’âcreté ; ses grainesau contraire, font assez douces & hui-leuses.

Usages. Les fils que l’on pourroit tirerde l’écorce du bangi font si courts , sifins & si fossiles, qu’on n’en fait aucunusage dans l’Inde , & qu’on ne peut lesfiler pour en faire des toiles comme avecnotre chanvre.

Comme fa principale vertu consiste àporter à la tête, à déranger le cerveau ,à lui procurer une espece d’ivrestè quifait oublier la tristestè, en procurant unecertaine gaieté , les Maures & les Indiens,habitants des contrées les plus chaudes del’Asie & de l’Afrique , qui n’ont que très-peu de ressources dans le vin , parce queleurs palmiers n’en fournissent que pen-dant une partie de Tannée , ont de touttemps profité de cette propriété du bangi KIls ont même imaginé d’augmenter favertu ou de la varier , & la plier , pourainsi dire, à leurs besoins, suivant lescirconstances , en y mêlant d autres dro-gues , comme nous le dirons ci-après -enfin ils font parvenus au point de seprocurer , comme à leur gré , soit unegaieté passagère d’un instant , soit uneivrestè de longue durée , soit un couragequi leur fait braver les plus grands dan-gers, soit des rêves agréables, soit unsommeil qui leur fait oublier des excès,de tristesse qui auroient pu les mener au