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desserts de leurs festins , la graine rôtie duchanvre, c’est à-dire , le chenevis, pourexciter à la joie & à boire largement;mais ce savant médecin ajoute que ceuxqui en mangent une trop grande quantité,éprouvent au cerveau de la chaleur, unecommotion , & des nuages , à-peu-préscomme quand on mange la graine deï’agnus castus, c’est-à-dire du vitex.
Les Maiays te procurent cette ivressetempérée qu’ils appellent hayal , en fai-sant macérer , c’est-à-dire , en versantsur une pincée des feuilles du bangi del’eau bouillante qu ils boivent à la ma-niéré du thé. Ils prétendent même queí’usage de cette boisson devroit passer enmode chez tous les rois de la terre, toutesles fois que , fatigués du détail de leurgouvernement, ils auroient besoin de seprocurer promptement de la distraction6c de la gaieté.
La poudre de ses. feuilles séchées ausoleil , est un astringent puislant quiarrête la diarrhée , fortifie l’estomac ,tempere la bile, & qui est le spécifiquede la maladie appellée pitao au Malabaroù elle est endémique : le pitao est uneespece d’énervement causé par des excèsde fatigues , d’ufage d’eau-de-vie, demets acides & salins, de bétel & de rizcru d, de saignées & du sommeil ; d’oùnaît un amas d’humeurs qui dominent lesang , &c une jaunistè qui te montrefur les yeux , la langue , les ongles ,la face & les pieds qui font enflés. Ladécoction de ses feuilles vertes avec legirofle & la muscade , se donne dansf asthme & les douleurs de pleurésie. Sesfeuilles te mangent pour énerver la forcede l’arsemc & l’orpiment lorsqu'on en aavalé ; elles causent l’ivreste. Ces mêmesfeuilles fumées, au lieu de celles du tabac,enivrent.
Ses fleurs te mêlent avec les autresastringents en forme de trochifques pourfortifier les génitoires & pour les hernies.Le mâle passe pour avoir plus de vertuque la femelle.
Sa racine te mâche dans les gonorrheesvirulentes. Son infusion ou l’émulsion defës graines te prend pour arrêter les go-porrhées & les fleurs blanches,
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Fíacourt nous apprend , page rq .6 defa Relation de Madagascar , que le chan-vre appellé bangi aux Indes & rougogneou ahetsboul & ahetsmanga à Madagascar,se cultive dans ces deux pays, non pouren tirer la filasse, mais pour en fumerles feuilles comme du tabac, & que ceuxqui n’y font pas accoutumés , font les unsdans des transports qui durent deux outrois jours, d’autres dans un sommeilaccompagné de songes agréables, aprèslequel ils fe réveillent joyeux & fanstristesse ; q u’il est mis en usage particu-lièrement par les mélancoliques & par lesvieilles négresses qui exercent le métierde prédire l’avenir de dire la bonnefortune.
Remarques. Plus on fait attention àces diverses propriétés du bangi , plus onfe persuade que les nepenthes des anciens,dont la boistòn avoit la propriété d égayerles esprits & de faire oublier la tristesse ,ne peut être que cette plante, fur-toutsi l’on consulte le passage de Pline , quidit, livre XXV , chapitre z , de sortHistoire naturelle : herbas certe JF.gyptiasà régis uxore traditas sue Helenœ pluri-mas narrat ' Homerus) , ac no bile illudnepenthes , oblivionem tristitiœ veniamqueafferens , & ab tìelenâ utique omnibusmortalibus propinandum.
H n’est pas douteux que cette plantene soit une autre espece de chanvre diffé-rente de celle de l’Europe. ( M. Adan -
SON.)
BANGLE, f. m. ( Hist. nat. Botaniq. )nom Maiays d’une espece de gingembreque Rumphe a décrit dans son HerbariumAmboinicun , volume V , page 154, &dont il donné une bonne figure fans détailsàla ^planche *LXV , n J . II. Les habitantsd’Amboine Rappellent mackey & unìn~packey ; & il paroît que c’est le cyperusIndiens , déc.it par Dioscoride j au livreI , chapitre 4 de son Histoire des plantes.
Cette plante restèmble tellement augingembre vrai, qu’on la prendroit pourlui, si elle n’étoit plus grande dans toutesses parties, & si l’odeur, la saveur & lacouleur de fa racine ne témoignoientqu’elle est différente. Elle a communé-ment quatre à cinq pieds de hauteur, H;
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