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cue fussent d’ailleurs leurs erreurs fur lefond des mystères.
la discipline de l’Eglise sur la maniéréd’administrcr ce sacrement, n’a pas tou-jours été la même : autrefois on le don-noit par une triple immersion ; & cetusage a duré jusqu’au xij. íiecle. 11 estvrai que dans le vj. quelques catholi-ques d'Espagne s’en tenoient à une feuleimmersion , de peur , difoient-ils , queles Ariens n’imaginaíïènt que par la tri—
Î )le immersion ils divisaient la Trinité à'exemple de ces hérétiques : mais cetteraison frivole ne changea généralementrien à I ancien usage. Celui de baptiserpar infusion , ou en versant l’eau íur latête , commença , selon quelques - uns ,dans les pays septentrionaux , & s’intro-duisit en Angleterre vers le jx siecle.Le concile deCalchutou de Celchyth,tenu en 816 , ordonna que le prêtre nefe contentcroit pas de verser de l’eau surla tête de sentant, mais qu’il la plon-gerait dans les fonts baptismaux.
Les Ecrivains ecclésiastiques parlent deplusieurs cérémonies qu’on pratiquoit aubaptême , qui font aujourd’hui abolies ,ou dont il ne reste que de légeres tra-ces ; comme de donner aux nouveauxbaptisés du lait & du miel dans l’égliíed’orient ; & dans celle d'occident , dumiel & du vin , de les revêtir d’une robeblanche, &c. de ne baptiser qu’à jeun , dedonner immédiatement après le baptêmela confirmation & l’euchariítie , &c.
Les Théologiens distinguent trois sor-tes de baptêmes ; le baptême d’eau , dontnous venons de parler ; le baptême defeu , c’est-à-dire la charité parfaite jointeà un ardent désir d’être baptisé , c’est cequ’on appelle aussi le baptême du Saint-Ef'pnt, qui supplée au baptême de sang,c’est-à-dire le martyre. On ne baptisoitautrefois les catéchumènes qu’à pâque &à la pentecôte, excepté dans le cas denécessité.
Le ministre ordinaire du baptême estJ’evêque ou le prêtre : mais en cas de né-cessité, toutes personnes, même les fem-mes peuvent baptiser.
Quelques-uns ont prétendu que dans{a primitive Eglise on ne baptisoit que
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les adultes : mais c’est fans fondement.Car quoiqu’on n’ait point dans l’Ecriturede textes précis qui marquent que des, en-fants ont été baptisés , & que quelquesanciens peres, comme Tertullien , fuíîèntpersuadés que de baptiser les enfantsavant qu’ils enflent atteint l’âge de rai-son , c’étoit les exposer à violer les enga-gements de leur baptême ; & qu’ainsi ilétoit de la prudence & de la charité den’admettre à ce sacrement que les adul-tes : il est néanmoins certain, j u . queles apôtres ont baptisé des familles en-tieres , dans lesquelles il est très-proba-ble qu’il fe trouvoit des enfants. 2°. quela pratique actuelle de l’église à cet égardest fondée sur la tradition des apôtres ,comme l’assure S. Augustin, après S. Iré-née & S. Cyprien. Ce dernier sur-toutconsulté par l’évêque Fidus, s’il ne seroitpas à propos de fixer le temps du bap-tême des enfants au huitième jour aprèsleur naissance, comme celui de la cir-concision l’étoit chez les Juifs, en con-féra avec soixante - cinq autres évêquesassemblés en concile à Carthage en 253 ,& répondit à Fidus : Quod tu putabasejse faciendum , nemo consentit : sed uni-vers potius judicavimus nulli hominernnato misericordiam Dei & gratiam esse de-negandam. Quelqu’autorisée que fût cettepratique dans les premiers siécles de l’E-glise , il faut convenir qu’elle n’étoit pas
Í généralement observée à l’égard de touses enfans des fideies : les catéchumènesmême différaient plusieurs années à re-cevoir le baptême. L’histoire ecclésiasti-que nous apprend que S. Ambroise nefut baptisé qu’après avoir été élu évêquede Milan. On fait que l’empereur Cons-tantin ne reçut ce sacrement qu’à l’arti-cle de la mort, & qu’il eut en cela biendes imitateurs d’un nom illustre dansl’Eglise. Plusieurs différaient ainsi \ourbaptême plus long tems qu’ils pou voient, maispar des motifs très-diftérents: les uns parun esprit d’humilité, dans la crainte den’étre pas aflèz bien disposés pour rece-voir dignement ce premier sacrement ; lesautres pour mener plus librement unevie déréglée, fe flattant d’cn obtenir lepardon à la mort par l’efficace du bap-tême