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terne. Les peres s’éleverent avec tant deforce contre les fausses raisons & le dan-ger des délais dont on u soi t pour recevoirfi tard le baptême , qu’íls réussirent peu-à-peu à établir l’usage qui subsiíle au-jourd’hui.
Quoique Jesus-Christ soit venu dans lemonde pour ouvrir à tous les hommes lavoie du salut, cependant il étoit d’usage& de réglé dans la primitive Eglise, derefuser le baptême à certaines personnesengagées dans des conditions ou profes-sions notoirement criminelles, comme in-compatibles avec la sainteté du Christia-nisme; à moins qu’elles ne renonçaientà cette profession ou à cet état. De cenombreétoient les Sculpteurs, Fondeurs,ou autres ouvriers qui faisoient des idoles;les femmes publiques , les comédiens,les cochers , gladiateurs , musiciens , ouautres qui gagnoient leur vie à amuser lepublic dans le cirque ou l’amphithéatre ;les astrologues , devins , magiciens, en-chanteurs , ceux qui étoient adonnés auxcrimes contre-nature , ceux mêmes quicroient tellement passionnés pour les re-présentations des jeux & du théâtre qu’ilsrefusaient de s’en abstenir dès qu ils au-roient embrassé la religion ; les concu-binaires , ceux qui tenoient des lieux dedébauche ; quelques-uns même ont cruqu’on n’y admettoit pas les gens de guer-re : mais Histoire ecclésiastique ne laisseaucun doute que les Chrétiens n’ont pasconfondu une profession utile & honora-ble par elle-même avec des arts ou desconditions réprouvées par la raison même.Bïngham , orbg. eccléf. liv. XI. chap. v.§. 6. 7. 8. 9. 10.
On convient aujourd’hui qu’on ne doitpas baptiser les enfants des infidèles, mê-me soumis à la domination des princeschrétiens , malgré leurs parents, à moinsque ces enfants ne soient en danger évi-dent de mort ; parce que cette violenceest contraire an droit naturel qu’ont lesperes &c rneres fur leurs enfants ; & qued’ailleurs elle exposerait le sacrement aune profanation certaine, par l’apostafieà laquelle ces peres & meres engageraientleurs enfants.
Quelques-uns ont cru qu’on devoirTome IV,
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conférer le baptême aux morts, & mêmequ’on pouvoir le recevoir à leur place,fondés fur ce passage de S. Paul aux Co-rinthiens I. e'pit. ch. xv. vers. 30. alio-qiùn qui d facient qui baptijdntur promortuis , si mortui non rejurgunt : utquid & baptijantur pro illis ? passagefans doute mal entendu , & qui à la lettrene signifie autre chose, sinon qu’on peutpratiquer en mémoire des morts désœu-vrés de pénitence qui leur obtiennent larémission des péchés qu’ils n’ont pas suffi-samment expiés en cette vie ; car le motde baptême , dans un sens général & usitédans l'Ecriture, signifie quelquefois lapénitence, les afflictions & les souffran-ces. Ainsi dans S. Luc , Jesus-Christ par-lant de fa passion , l'appelle un baptême :ch. xiij. vers. 50. baptifmo habeo bapti-sa ri ; & dans S. Marc , ch. x. vers. 38.potestis .... baptifmo quo ego baptíforbaptijari. ( G j
BAPTEME DES ENFANTS , ( Tke'ol. )La question pour & contre le baptêmedes Enfants , a été dans ce siecle ex-trêmement approfondie en Angleterre.D’un côté M. Wall, dans son Histoiredu baptême des Enfants , & M. Whiston ,dans son baptême primitif renouveilé ,ont plaidé savamment la cause du bap-tême des Enfants , de l’autre , MM. Gale& Emelyn s® sont déclarés fortement con-tre cette opinion. L’ouvrage de M. Wallpasse pour être le meilleur qui ait étéfait en faveur du baptême des Enfants.II fut si bien reçu du public , qu’il va-lut à l’Auteur des remercîments de laChambre-basse de l’astèmblée du clergé;mais, M. Whiston avoue lui - même queles premieres lumières qu’il a eues futcette matière de théologie , lui font ve-nues des remarques de M. Gale, celui-ci étoit à peine dans fa vingt-feptiemeannée, lorfqu’il publia en forme de let-tres le livre dont nous parlons, & commeil n’est pas connu des étrangers , nous enallons donner une courte analyse.
L'auteur observe d’abord que la disputeentre les Pœdobaptistes & les Anti-Pœ-dobaptistes Anglois ( qu’il nous soit per-mis d’employer ces deux mots expressifs )j peut se réduire à deux chefs. i p . La nu-
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