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peuvent établir le baptême des petits en-fants ; quand M. Wall, multipliant en-core davantage les citations tirées de leursécrits : car íí les peres ne prouvent quele fait, ou ce qui se pratiquoit dansl’église, & non le droit; & íì l’égliíe n’é-toit pas entièrement exempte d’innova-tions, comment leur témoignage prouve-t—il que le baptême des petits enfantsn’étoit pas une innovation , mais une ins-titution de Jesus-Christ ?
Il est fâcheux de rappelles la mémoiredes exemples de la fragilité humaine ,dont la primitive église elle - même n’apoint été exempte : c’étoient des hommessujets aux mêmes pallions que nous ; iln’eíl donc pas surprenant qu’ils se trom-passent quelquefois , ni que leur zele pourla gloire de Dieu ne fût pas toujourséclaire: & quoiqu’il pût les empêcher deperdre ce que notre Seigneur leur avoitlaide de considérable à garder , il pouvoitcependant les exposer à ajouter bien deschoses , qu’il n’avoit jamais autorisées.Les Apôtres, au contraire, ont suivi sesdirections fans s’en écarter le moins dumonde, parcequ’ilsétoient affidés extra-ordinairement de l’esprit de Dieu.
Mais les chrétiens du íiecle quia suiviimmédiatement, ont fait plusieurs addi-tions, de l’aveu de Tertullien, dans son li-vre De corona , Eus- Hifl. eccl. I. III. c.xxxij , rapporte, fur le témoignage d’Hé-gésippe , que l'Eglile se conserva tout letemps des Apôtres, comme une Viergechaste ; mais, dit-il , depuis que les Apô-tres eurent été enlevés... les faux doc-teurs eurent la hardiesse de publier plu-sieurs erreurs permanentes.
Enfin , M. Gale dans fa derniere lettre,remarque que du temps de S. Cyprien ,le baptême des petits enfants étoit enusage en Afrique , & qu’il y a peut-êtrepris naissance ; que les Africains étoientgénéralement de petits esprits ; que se-lon les apparences l’église grecque n a-voit point encore reçu cette erreur quele baptême des enfants commença d’abord,ainsi que toutes les autres innovations,par quelques légers changements dans ledogme, ce qui passa peu - à-peu dans lapratique , & parvint à la longue à ce de-
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gré d’autorité dont il jouit depuis si long-temps ; qu’enfin il doit en quelque façonson origine au zele , mais à un zele peuéclairé, semblable à celui qui engagea lesplus anciens pœdobaptistes à donner lacommunion aux enfants. (D. J.)
Jérôme Florentini publia en r6;8une dissertation intitulée , des hommesdouteux ou du baptême des avortons ;il prouve que « rien n’est plus incertain>, que le temps où le germe est vérita-„ blement animé. ( Voye{ ci-devant AnI-» mation. ) ; qu’il est cependant pro-m bable que l’ame raisonnable y existe» dès le commencement, c’est-à-dire ,
„ immédiatement après la conception ; il,, enseigne qu’en conséquence on doit,
>, sous peine de péché mortel, baptiser» le germe d’un homme , ne fût-il pas» plus gros qu’un grain d’orge, & quelque„ court que soit F espace de temps écou-» lé depuis la conception, quoique ce ger-» me n ait aucun mouvement qui indique» un signe de vie q pourvu qu’il ne foie» ni corrompu ni manifestement mort ».
Il est fans doute difficile de déterminerdans un corps dont l’organifation est si peudéveloppée , si le défaut de mouvemendsensible appartient à la foibîestè ou à lamort ; Fauteur avertit que dans ce cas , ilfaut donner le baptême fous condition, soitparce qu’il est douteux si ce germe est vi-vant, soit parce que , fe trouvant encoreenveloppé dans les membranes, il n’estpoint décidé si ces membranes qui empêr-chent Feau de toucher immédiatement,sont un obstacle à la validité du baptême.
L’univcrsité de Paris donna dans sonapprobation le surnom d 'indubitata à cettedoctrine ; elle imposoit néanmoins l’obli-gation de baptiser tous les fœtus sous pei-ne de péché mortel ; & la congrégation del’index la jugeant en cela repréhensible ,exigea de Fauteur une protestation quidéclarât qu’il n’avoit voulu que discuterce qui lui avoit paru probable,& nullementétablir un dogme dont le rituel de l’églisene fait point mention.
On ordonna encore à Fauteur de faireconnoítre qu’il entendoit parler des avor-tons bien formés & par conséquent sen-sibles, ôi. qui présentent au moins lesC CC L