B A P
«u pié du grand mât pleine d’eau de lamer; le Pilote pour l’ordinaire se metauprès , le visage barbouillé , le corpsrevêtu tout entortillé degarcettes, dontquelques-unes lui pendent des bras. Ilest accompagné de cinq ou fix matelotshabillés de même : il tient entre sesmains un livre de cartes marines toutouvert ; aux environs il y a des matelotsavec des seaux pleins d’eau ; il y en afur les vergues _ & fur les hunes. Onamene celui qui doit être baptisé engrande cérémonie ; on le fait asseoir surune planche tenue aux deux bouts pardeux matelots , & posée sur la baillepleine d’eau ; on lui fait jurer sur le li-vre que tient le Pilote, de pratiquer surles autres la même cérémonie , lorsquel’occasion s’en trouvera ; & dans Pinstantles deux matelots renversent la planche,& font tomber Phomme dans la baille ;en même temps ceux qui font à la hune& fur les vergues lui jettent plusieursseaux d’eau sur le corps. Les Officiers& les passagers se rachètent d’une si ri-dicule cérémonie, en donnant quelqu’ar-gent aux équipages : mais on ne fait pointde grâce à ceux qui ne donnent rien.On demande cependant permission aucapitaine pour faire le baptême.
Un vaisseau qui n’a point encore passéla ligne ou le tropique , y est soumis :mais le capitaine le tachette par quel-ques rafraîchissernens qu’il donne auxgens de l’équipage, autrement ils cou-peroient l’éperon ou quelqù’autre partiedu vaistèau : mais aujourd hui beaucoupde capitaines abolissent cette ridiculecérémonie. ( Z )
* BAPTES ( les ) Hist. litt. nom d’unecomédie composée par Eupolis , où cepoète railloit d’une façon sanglante lesprincipaux personnages du gouvernement.Lorsque Eupolis composa ses baptes ouplongeurs , la liberté de l’ancienne comé-die étoit restrainte à la censure des ri-dicules , & sur-tout des poètes , que legouvernement n’étoit point fâché qu’ondécriât ; parce que de tout temps leshommes en place ont haï les satyriques& les plaisans. Eupolis fit un effort pourtendre à la scene comique les droits dont
B A P 389
on l’avoít dépouillée : mais il fut la vic-time de fa hardiesse. Il éprouva le châ-timent auquel on dit que M. de Mon-tausier, l’bomme de la cour qui avoitle moins à craindre de la satyre, con-damnoit tous les satyriques. Il fut jettedans la mer pies & mains liés.
Baptes, f- m. pi. ( MythoL ) prêtresde Cottytto , déeslb de l’impudicité fortrévérée à Athènes ; où l’on célébrois lafête pendant la nuit par des danses las-cives , accompagnées de toutes fortes dedébauches. Les baptes furent ainsi nom-mées du mot grec i3Áxhiv , qui signifielaver ou tremper , parce qu’ils se plon-geoient dans l’eau tiede, selon Suidas.Juvénal en parle comme d’une trouped’hoinmes si infâmes, que leurs dérégîe-mens déplaiíoient à Cottytto ; quoiqu’elíene fût rien moins que la déesse de lapudeur. ( G )
BAPTISER, v. a. ( Théol. Hìfl. desrelig. ) c’est faction d’adminiítrer íe bap-tême , suivant la signification propre dece mot ; mais il se dit aussi par extensionde certaines cérémonies ecclésiastiques ,qui ne font que des bénédictions. C’estainsi que l’on dit baptijer une cloche ,quoiqu’en ester on ne faste que la bénir&: lui donner un nom ; & dans cette cé-rémonie , il y a un parrain & une mar-raine dont la cloche reçoit les noms.
On dit encore au figuré & familièrementbaptijer le vin , pour dire , y mettre del’eau ; baptiser quelqu'un , pour dire, luidonner un sobriquet.
* BAPTISMAL , ALE , adj. du bap-tême , qui concerne le baptême L’eaubaptismale, l’eau avec laquelle on baptise,Les fonts-baptifniaux , les fonts où l’onbaptise ; la robe baptismale , la robe blan-che que portoit pendant huit jours unepersonne nouvellement baptisée , Yinno-cence baptij'male , celle d’un enfant quivient de recevoir le baptême.
BAPTISTE , voyei Anabaptistes ,Catabaptistes Hemero-Baptistes.
Hermites de S. íean-Baptifie , voyez
Hermites. ( G )
B ûPTISTERE , f. m. (Théol.) c’est lelieu où l’édifice dans lequel on conservel’eau pour baptiser. Voj e{ Baptême.