390 B A P
Les premiers Chrétiens , suivant S. 1Justin martyr & Tertullien , n’avoientd’autres baptistères que les fontaines, lesrivières , les lacs , ou la mer , qui setrouvoient plus à portée de leur habita-tion ; & comme souvent la persécutionne leur permettoit pas de baptiser enplein jour , ils y aboient de nuit, oudonnoient le baptême dans leurs maisons.
Dès que la religion Chrétienne fut de-venue celle des Empereurs , outre leséglises , on bâtit des édifices particuliersuniquement destinés à Padministration dubaptême , & que par cette raison onnomma baptistères.
Quelques auteurs ont prétendu que cesbaptistères étoient anciennement placésdans le vestibple intérieur des églises ,comme le font aujourd’hui nos fontsbaptismaux. C’est une erreur. Les bap-tistères étoient des édifices entierementséparés des basiliques , & placés à quel-que distance des murs extérieurs de celles-ci. Les témoignages de S. Paulin , de S.Cyrille de Jérusalem , de S. Augustin ,&c. ne permettent pas d’en douter.
Ces baptistères , ainsi séparés ont sub-sisté jusqu’à la fin du vje siecle, quoiquedès-lors on en voye déjà quelques-unsplacés dans le vestibule intérieur de l’c-glife, tel que celui où Clovis reçut lebaptême des mains de saint Remy. Cetjuíàge est ensuite devenu général , si l’onen excepte un petit nombre d’églises quiont retenu l’ancien , comme celle deFlorence, & tontes les villes épiscopalesde Toscane , la métropole deRavenne ,& l’église de saint Jean de Latran àRome.
Ces édifices pour la plupart étoientd’une grandeur considérable , eu égardà la discipline des premiers siécles , lebaptême ne se donnant alors que parimmersion , & (hors le cas de nécessité )seulement aux deux fêtes les plus folem-nelles de Tannée , Pâque & la Pentecôte.Le concours prodigieux de ceux qui sepréfentoient au baptême, la bienséancequi demandoit que les hommes fussentbaptisés séparément des femmes, deman-doicnt un emplacement d’aufant plusVaste , (ju’il íalloit encore y ménager des
B A P
autels où les néophytes reçussent la con-firmation & l’eucharistic immédiatementaprès leur baptême. Aussi le baptistère.de T église de sainte Sophie à Constanti-nople étoit-il si spacieux , qu’il servitd’asyle à 1 Empereur Basilisque , & desalle d’aslemblée à un concile fort nom-breux.
Les baptistères avoient plusieurs nomsdifférons, tels que ceux de piscine, lieu d il-lumination , &c. tous relatifs aux diffé-rentes grâces qu’on y recevoit par lesacrement.
On trouve peu de choses dans les an-ciens auteurs fur la forme & les orne-mens des a ptijieres , ou du moins ce qu’ony en lit est fort incertain. Voici ce qu’endit M. Fleury fur la foi d’Anastase , deGrégoire de Tours, & de Durand , dansses notes fur le pontificat attribué aupape Damase. " Le baptistère étoit d’or-», dinaire bâti en rond , ayant unenfon»», cernent où ! on descendoit par quel-», ques marches pour entrer dans l’cau :>, car c’étoit proprement un bain. Depuis», on se contenta d’une grande cuve der> marbre ou de porphyre comme une» baignoire , & enfin on se réduisit à un„ bassin , comme sont aujourd’hui les„ fonts. Le baptistère étoit orné de pein-„ turcs convenables à ce sacrement , &», meublé de plusieurs vases d’or & d’ar-», gent pour garder les saintes huiles &», pour verser seau. Ceux-ci étoient son-», vent en forme d’agneanx ou de cerfs,
pour représenter Tagneau dont le sang,, nous lave , & pour marquer le désir,, des âmes qui cherchent Dieu , comme,, un cerf altéré cherche une fontaine ,», suivant Texpression du pfeaume^i. Otî„ y voyoit 1 image de saint Jean-Baptiste», & une colombe d’or ou d’argent suspen-», due, pour mieux représenter toute», Phistoire du baptême de Jesus-Christ,», & la vertu du S- Esprit qui descend», fur l’ean baptismale. Quelques - uns», même difoient le Jourdain , pour dire», les fonts ». Moeurs des Chrétiens , tit.xxxvj. Ce qu’aiouteDurand que les richesornemens dont 1 Empereur Constantinavoit décoré le baptistère de P église deRome, étoient .comme un mémorial de