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ïl faut, suivant le système de M. Ber-îioulli, i°. que le mercure soit extrême-ment pur ; 2 .'L que le baromètre soitconstruit de maniéré q.ue le mercure eny tombant ne traverse point Pair; 3°. queJe vuide du haut du tuyau soit aussi.parfait qu’il peut être ; car il faut quele choc des deux matières subtiles dontparle M. Bernoulli, ne soit point afïoiblipar Pair, qui étant fort grossier en com-paraison de ces deux matières , feroitî’effet d’un sac de laine qui reçoit uncoup de canon. La différence d’effet des•expériences de Groningue & de Parisiur des baromètres qui paroissoient avoirles mêmes conditions , aussi bien que lemercure qui y étoit enfermé fit jugerque le mercure de M. Bernoulli & celuides baromètres lumineux de Paris , dé-voient avoir quelque chose de particu-lier , & restèmbîer par quelque accidentà du mercure que Pou auroit rendu lu-mineux , en y mêlant, comme on fait quel-quefois, du phosphore liquide. M. Ber-noulli , fondé sur le succès de ses expé-riences , conjecture qu’il y a eu quelquefaute dans celles de P Académie. La mé-thode , par exemple, de remplir le tuyau•avec une bourse de cuir, qu’on dit êtreéquivalente à la sienne, a pourtant cela.de différent, que c’est ici le mercure quidoit pouffer Pair devant lui, lequel enfaisant quelque petite résistance , peutlaisser attachées aux côtés du verre quel-ques restes ou bulles d’air , qui suffirontpour engendrer la pellicule ; au lieu quedans la méthode de M. Bernoulli, pourremplir le tuyau, Pair extérieur pouffele vif-argent en haut , & le vif-argentne fait que suivre le mouvement de Pairintérieur , qui par sa raréfaction sort sanspeine du tuyau ; peut-être aussi le tuyaude PAcadémie n’étoit-il pas bien net.Les amples tuyaux font suivant l’expé-xience, les meilleurs, parce qu’outre quele mercure dans un tuyau plus large,se meut plus librement que dans un tuyauétroit , ou le frottement du mercure■contre le verre , diminue la vitesse dela descente ; la pellicule, s’il s’en forme,doit être aussi plus épaisse dans un tuyauétroit que dans un autre; parce que ne
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pouvant s’étendre en large, elle s’épaiffiten hauteur. Or le tuyau de PAcadémien’étoit pas assez large, selon M. Ber-noulli , n’ayant qu’une ligne & demie dediamètre.
II est difficile de remplir le tuyau demercure avec la bouche , sans y mêlerun peu d’haleine ou de salive ; plusieursn’y ont pu réussir. M. Bernoulli dit qu’ille faiíoit aisément, pouvant d’ailleurstirer avec la bouche, d’un petit réci-pient , \ de Pair qu’il contient, fans setrop efforcer. II vaut mieux faire cesexpériences de nuit que de jour ; canquand on entre tout d’un coup dansI’obícurité, les yeux encore frappés daP éclat dune grande lumière, ne peuventappercevoir la fossile lueur du baromètrequi paraît aílèz pendant la nuit obscure..
Quant aux baromètres qu’on dit n’avoicpas été faits avec les mêmes précautions ,& cependant donner de la lumière , peut-être qu’en y jetant le vif-argent on atenu le tuyau fort obliquement à l'ho-rizon , pour laisser couler doucement lesgouttes de mercure comme dans uncanal ; ce qui empêche Pair de l’infectertant ; quoiqu’en ce cas il arrive souventqu’il ne rend pas autant de lumière quedes baromètres faits par la faction, oudans la machine du vuide ; peut-être lemercure n’étoit-il pas bien purifié detoute matière dont l’attouchement dePair put former une pellicule.
Cette lumière paraît dans toute fortede vif-argent préparé à la maniéré de M.Bernoulli ; cela ne vient donc point dequelque chose de particulier dans le sien ,qui enfermé dans le tuyau fans les condi-tions proposées , ne rend que peu oupoint de lumière.
Une des principales raisons qui faitque la pellicule du mercure empêche lalumière, c’est peut-être qu’on secouetrop uniformément le mercure, se con-tentant de le balancer ; auquel cas cettepellicule, s’il y en a, ne sort point de lasuperficie du mercure , & y demeuretoujours attachée. Comme il est difficiled’éviter cette pellicule des baromètresremplis même, à la maniéré de M. Ber-i noulli, il semble que si t>n pouvoir la