BAS
Tátís bas d’étosse s’est presque entièrementperdu ; en sorte que présentement on ne■parle quasi plus que de bas au tricot, oude bas au métier.
Ces sortes de bas , soit au métier , soitau tricot, sont des especes de tissus for-més d’un nombre infini de petits nœudsou especes de bouclettes entrelacées lesunes dans les autres , que l'on nommedes mailles ; & ce font ces ouvrages quifont la principale partie du négoce de labonneterie.
Les bas au tricot, que l'on nommeaussi bas à C aiguille ou bas brochés , sefont avec de longues & menues aiguilles,on petites broches de fil de fer ou delaiton poli, qui, en se croisant les unesfur les autres , entrelacent les fils, &forment les mailles dont les bas fontcomposes, ce qui s’appelle tricoter oubrocher les bas , ou les travailler à l’ai-guille.
La maille est une très-belle invention ;mais, dit M. l’abbé Pluche, quoique letravail en soit simple , il est tel cepen-dant que ni la gravure ni aucune des-cription ne sont propres à le faire con-cevoir. Heureusement, ajoute-t-il, cetravail n’est point rare ; & fi l’insertiond une nouvelle maille dans une autredéja faite n’est pas d’abord facile à bienentendre , on trouve par-tout des mainsrétes à en montrer l’assemblage, & desouches qui mettent de la netteté danstout ce qu’elles disent.
Il seroit difficile de pouvoir précisé-ment dire à qui l’on doit l’invention dutricot. Ceux qui se fondent sur ce queles premiers ouvrages au tricot qu’on aitvus en France , venoient d’Ecosse, pré-tendent que ce font les Ecossois qui enfont les inventeurs ; il s appuient mêmeleur sentiment sur ce que la communautédes maîtres bonnetiers au tricot des faux-bourgs de Paris prenoit pour patrort saintFiacre , qu’on prétend avoir été fils d’unroi d’Ecoífè. Les statuts de cette com-munauté font du 16 août 1517.
L’article XIX des statuts de la bonne-terie , du mois de juillet 16o8 , défendde faire des bas au tricot en moins detrois fils.
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Les maîtres bonnetiers au tricot étoientdistingués des maîtres bonnetiers - aul-mulciers-mitonniers & des faiseurs de basau métier ; mais Louis XIV ayant ordonnépar son édit du mois de décembre 1678 ,la réunion de tous les corps & commu-nautés des arts & métiers des fauxbourgsavec les corps & communautés de la villede même qualité, après plusieurs procèsentre ces deux communautés, la réunionfut absolument décidée par un arrêt duconseil du Roi du 23 février 1716 , quin’eut cependant de pleine & entiere exé-cution qu’en 1718. Voyeq . BONNETIER.
En 1723 , ces deux communautés fu-rent encore augmentées considérablementpar la réunion de celle des maîtres fa-bricants de bas & autres ouvrages aumétier.
Les bas au métier font des bas ordi-nairement très-fins, qui se manufacturentpar le moyen d’une machine de fer poli,très-ingénieuse, dont il n’est pas possiblede bien décrire la construction, à causede la diversité & du nombre de ses par-ties , & dont on ne comprend mêmele jeu qu’avec une certaine difficultéquand on l’a devant les yeux.
Ce métier est une des machines les pluscompliquées &: les plus conséquentes quenous ayions : on peut la regarder commeun seul & unique raisonnement dont lafabrication de l’ouvrage est la conclusion ;aussi régné-t-il entre ces parties une sigrande dépendance, qu’en retrancher unefeule, ou altérer la forme de celles qu’onjuge les moins importantes, c’est nuireà tout le méchanisme. Ce qui doit encorebeaucoup ajouter à l’admiration , c’estque cette machine est sortie de la mainde son inventeur presque dans l’état oùnous la voyons. La main-d’œuvre est forepeu de chose ; la machine fait presquetout d’elle-même : son méchanisme en estd’autant plus parfait & plus délicat.
On tombe dans I’étonnement à la vuerdes reíTorts presque innombrables dontcette machine est composée, & du grandnombre de ses divers & extraordinairesmouvements. Combien de petits ressortstirent la foie à eux, puis la laiíïènt allerpour la reprendre & la faire palier d’um;