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mailie dans l’autre d'uns maniéré inex-plicable ; & tout cela fans que l’ouvrierqui remue la machine y comprenne rien ,en sache rien, & même y songe seule-ment ! En un clin d’œil cette machineforme des centaines de mailles à la fois,c’est-à-dire qu’elle fait en un momenttous les divers mouvements que les mainsne font qu’en plusieurs heures.
Les Anglois fe vantent d’en être lesinventeurs ; mais c’est en vain qu’ils enveulent ravir la gloire à la France. Toutle monde fait présentement qu’un Fran-çois ayant inventé cette surprenante &utile machine, & trouvant quelques diffi-cultés à obtenir un privilège exclusif qu’ildemandoit pour s’établir à Paris, pastàen Angleterre où fa machine fut admi-rée , & où il fut lui-même magnifique-ment récompensé.
Us devinrent si jaloux de cette nou-velle invention , qu’il fut long-temps dé-fendu fous peine de la vie de transporterhors de leur île aucune machine à fairebas , ni d’en donner aucun modele auxétrangers : mais comme ce fut un Fran-çois qui inventa cette belle machine ,ce fut austl un François qui la rendit à fapatrie, & qui par un effort prodigieuxde mémoire & d’imagination , fit à Paris,au retour d’un voyage de Londres, lepremier métier fur lequel ont été faitstous les autres qui font en France, enHollande, & presque par-tout ailleurs.Ce qui prouve que les Anglois n’en fontpas les inventeurs, c’est qu’ils ne saventà qui Pattribuer en Angleterre, qui estle pays du monde où les honneurs qu’onrend aux inventeurs leur permettent lemoins de rester ignorés.
On dit que Henri II fut le premier deson royaume qui commença à porter desbas de soie.
La premiere manufacture de bas aumétier qui fe soit vue en France , futétablie en 1 6 5 6 , dans le château de Ma-drid au bois de Boulogne, près de Paris,fous la direction du sieur Jean Hindret.
Ce premier établissement ayant eu unsuccès considérable , le sieur Hindretforma en 1 666 une compagnie qui, fousla protection du roi, porta la manufac-
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ture des bas au métier à un si haut degréde perfection , qu’en 1672 on érigea unecommunauté de maîtres ouvriers en basau métier en faveur des ouvriers qui jtravailloient. On leur donna des statutsnon feulement pour les régler entr’eux ,mais encore pour empêcher qu’ils ne por-tassent préjudice à la fabrique de bas autricot, qu’on regarde toujours commetrès - nécessaire pour l’entretien d’unepartie considérable dè menu peuple.
Nous parlerons de ces statuts à la finde cet article.
Tout bas fe commence par un ourlet.Voici comment on le fait. On passe lasoie dans la tête de la premiere aiguille »,& on l’y arrête en la tordant ; on om-bra stè ensuite en dessous les deux sui-vantes ; on ramene la soie en dessus furla premiere ; puis on la passe en destous ,& on embrasse la quatrième & la cin-quième fur lesquelles on la ramene, &fur la troisième fous laquelle on la passe ;& on embrasse la sixième & la septièmefur lesquelles on la ramene , & fur lacinquième fous laquelle on la paíse ; &on embrasse la huitième & la neuvieme,& ainsi de fuite.
Lorfqu’il se rencontre des nœuds dansla soie ou qu’elle se caste , on peut con-tinuer l’ouvrage fans faire ce que lesouvriers appellent une enture. Pour ceteffet on étend bien fur les aiguilles lapartie du fil de foie qui tient à l’ou-vrage , & l’on couche l’autre partie , nonpas bout à bout avec la premiere , maison la pastè entre la cinquième, la sep-tième , & avant le bout du sil qui tientà l’ouvrage, en sorte que le fil fe trouvedouble fur ces cinquième & septième ai-guilles : & l’on continue de travaillercomme si le fil étoit entier.
(Jn bas n’est pas par-tout de la mêmevenue ; on est obligé de le rétrécir detemps en temps. Lorfqu’on veut rétrécird’une maille , on prend un petit outilqu’on appelle poinçon ; on s’en sert pourporter là maille de la troisième aiguillefur la quatrième , celle de la seconde sorla troisième , celle de la premiere fur laseconde , & la premiere se trouve vuide.
Cette opération est néceslàire pour que